Le syndicat de police FPIP dénonce les problèmes de sécurité à Toulouse

La Fédération interprofessionnelle indépendante de police (FPIP) a tenu, vendredi 26 octobre, une réunion régionale à Colomiers. Une vingtaine d’adhérents, venus de toute la région ont échangé sur les problèmes rencontrés sur le terrain. A Toulouse, la situation devient plus que critique, selon ce syndicat. Explications.

Une semaine après la visite du ministre de l’intérieur, Manuel Valls, à Toulouse, le syndicat de police indépendant, FPIP, s’est réuni afin d’aborder les difficultés des agents de police sur le terrain. Manuel Valls a annoncé que les quartiers du Mirail et des Izards seraient classés «prochainement» zones de sécurité prioritaires. Pour le secrétaire général fédéral de la FPIP, Claude Choplin «c’est bien mais ce n’est qu’un premier pas. Nous on voudrait, que Toulouse dans son ensemble soit considérée comme une zone de difficultés. La délinquance est partout, et se déplace notamment dans le centre-ville, là où il y a des animations et de l’argent».

Que va changer exactement la classification ZSP pour les deux quartiers concernés ? «Il y aura davantage de moyens accès sur le renseignement, afin de démanteler des trafics de stupéfiants. Dans les quartiers, c’est une vraie industrie du crime qui s’organise ! Tout est lié : avec l’argent des cambriolages, ils peuvent acheter de la drogue, la revendre… etc. D’autant que le trafic engendre des frais. Savez-vous combien est payé un guetteur qui veille à ce qu’aucun policier ne rode pendant les transactions ? Une belle petit somme» s’insurge Didier Gailhard, secrétaire régional Midi-Pyrénées du syndicat. Sur le papier, la création des ZSP est donc une bonne nouvelle, sauf que «on va déshabiller Pierre pour habiller Jacques» surenchérit le secrétaire régional. En d’autres termes, il n’y aura pas de personnels supplémentaires affectés à ces zones, mais plutôt une redistribution des effectifs en leur faveur. Or, d’autres quartiers posent problèmes à Toulouse, «comme Bagatelle et Empalot. Quand il se passe quelque chose, on devrait intervenir à trois, comme on l’apprend à l’école. Mais on est loin du compte ! » Les problèmes d’effectifs se sont accrus après l’affaire Merah car «beaucoup d’agents sont affectés à la garde statique d’établissements, ce qui fait autant de policiers en moins sur le terrain» explique David Portes, secrétaire de la zone Sud-Ouest du syndicat.

Sur les effectifs, Manuel Valls a annoncé que «500 postes supplémentaires seraient ouverts dans la police et la gendarmerie chaque année du quinquennat». Là encore, le FPIP n’est pas convaincu, «ça ne couvre pas les départs à la retraite, et on a connu une telle déflation de nos effectifs ces dernières années, que ce ne sera pas suffisant» explique Claude Choplin avant de nuancer un peu son discours. «L’arrêt de la RGPP (Réforme générale de la politique publique) est quand même une bonne chose. Et puis, on est plutôt d’accord sur les mesures annoncées par Manuel Valls. Par contre, Christiane Taubira va dans le contre-sens de ce qu’il entreprend ! A quoi ça sert d’interpeller les gens s’il n’y pas de sanctions derrière ?», s’interroge-t-il. Un débat récurrent, loin d’être résolu.

Coralie Bombail



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