Le prix des carburants

Francis Manaud

Grâce à la concertation qui est devenu le maître-mot de l’action politique de nos gouvernants actuels, le prix des carburants a baissé de six centimes pour au moins une durée de trois mois. C’est bien sûr mieux que rien, même si cela ne ressemble à pas grand-chose. En tout état de cause, la démonstration est faite qu’en matière énergétique, on ne maîtrise rien ou pas grand-chose, et même qu’au contraire, on est tributaire de tant de paramètres, qu’une politique à long terme est impossible sous la forme actuelle. En premier lieu, les pays producteurs tiennent le marché comme nous le tenions du temps où nous exploitions le charbon et la sidérurgie. Le cours de l’Euro que nous ne maîtrisons pas non plus face au dollar, monnaie de référence, induit une variation du prix du baril quasi journalière, tandis que pétroliers et raffineurs engrangent des bénéfices colossaux. Ils se partagent le marché à qui mieux-mieux. Et que dire des grandes surfaces qui jouent les messieurs la vertu ? Elles vendent à prix coûtant non pas comme elles le proclament pour faire acte de civisme, mais pour attirer le chaland, pour tuer sans vergogne les petits pompistes et concourir ainsi à la désertification de nos petits villages. Fort heureusement, il nous reste l’énergie électrique nucléaire, mais pour combien de temps encore si tant est qu’elle puisse un jour faire fonctionner nos voitures qui nous sont devenues indispensables car étroitement liées à notre mode de vie ?

 

L’incitation à la dépense

 

Indispensable aussi aux Etats qui en ont fait un moyen de prélèvement fiscal uniforme quelques soient par ailleurs les revenus des utilisateurs lesquels peinent de plus en plus à s’offrir ce luxueux privilège. Il va bien falloir un jour trouver un moyen pour les plus défavorisés d’entre nous afin qu’ils puissent continuer à profiter de s’approvisionner sans obérer un pouvoir d’achat en berne. Il faudra en passer sans aucun doute possible par un facteur discriminatoire à mettre en place. Cela impliquera la production de plus en plus importante de petites voitures peu gourmandes en énergie, ce qui préservera la facilité de déplacement aux plus humbles et à moindre coût. Resteront alors les véhicules «gourmands» en énergie qui correspondent à un choix de vie et à des possibilités financières beaucoup plus élevées. Une discrimination à la pompe devrait permettre à l’Etat par l’intermédiaire de taxes plus élevées de compenser le manque à gagner sur les premiers. La liberté de choix sera respectée et l’équilibre financier de l’Etat préservé. Qu’on le veuille ou non, c’est et ce sera toujours le luxe qui amènera le plus de profit. Il n’est pour s’en convaincre qu’à regarder les principales actions à la hausse du CAC 40. La richesse n’aime pas qu’on la montre du doigt. Par contre, elle n’a aucun scrupule, et c’est tant mieux, à se mettre en scène. L’impôt sur la fortune est un mauvais signal. En revanche, l’incitation à la dépense reste en toutes circonstances la meilleure façon de stimuler l’économie.

 

Francis Manaud



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