Le point de vue d’un agriculteur «Au sol, c’est sec !»

Des saisons, JC, (qui a souhaité garder l’anonymat) en a vues passer quelques-unes. Pour cet agriculteur gersois septuagénaire, né dans la marmite, c’est indéniable : Le changement climatique est bel et bien une réalité. Il l’a constaté depuis une bonne dizaine d’années : «L’hiver n’est pas humide comme il l’a été» se rappelle-t-il, «Avant, il pleuvait souvent, il y avait de la boue, c’est moins le cas aujourd’hui.» L’hiver dernier et ce printemps 2012 n’ont pas échappé à ce qui ressemble désormais à la règle : la sécheresse a encore sévi : «C’est la végétation qui a profité de la pluie qui est tombée.

Les plantes ayant des besoins énormes en eau, ont tout absorbé. Mais au sol, c’est sec ! Il faudrait qu’il pleuve pendant le printemps, mais ça, on ne le voit plus» déplore JC. Même constat l’été : «Il fait trop chaud, à tel point que la végétation est brûlée. Cela nous oblige à traiter davantage les plantes comme le tournesol qui est fragile au soleil. Mais avec ces taux de chaleur, les maladies arrivent, il faut donc les traiter. Tout ça a un coût. Je ne sais d’ailleurs pas comment font les «bios»…» Sur son exploitation, JC cultive du blé tendre, des orges, de l’avoine. Subissant les aléas de la nature, il a fallu toutefois abandonner certaines récoltes : «On ne fait plus de maïs, qui est très demandeur d’eau, à cause des périodes sèches de l’été et ces orages violents qui emportent tout sur leur passage.» Et s’organiser : «Nous passons en priorité les cultures d’automne-hiver comme le colza, le blé,  les orges, qui sont semés à l’automne et qui bénéficient du temps normal, sans apport hydraulique supplémentaire.» Pour pallier au manque d’eau, JC a sa petite idée : «Il faudrait prévoir de retenir l’eau des Pyrénées. Pour moi, il n’y a pas assez de lacs». En attendant, les conséquences économiques de ces aléas climatiques sont nombreuses et coûteuses donc, pour les agriculteurs.

«Ce sont des matières premières que nous essayons de produire nous-mêmes pour nourrir nos bêtes. Sinon, on est obligé d’aller les chercher chez un intermédiaire ; ce qui est toujours plus onéreux avec une marge bénéficiaire encore moindre.» Et des exploitations qui diminuent «en nombre mais pas en grandeur» nuance JC. Pour lui, «ces gros» comme il les appelle, «ne cherchent que les grosses primes de Bruxelles et ne font leurs cultures – du maïs, du soja irrigable – qu’à la vision du programme de la PAC. Plus on a d’hectares et plus on gagne» dénonce JC, «Ca me blesse. Il faut avoir la foi pour être agriculteur aujourd’hui.»

CM



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