Le piment d’Espelette…; Airbus à la mode chinoise…

Comme le savent les anciens lecteurs de mon blog, qui vient de fêter ses deux ans et demi d’existence, j’aime bien aller chercher des informations dont les médias, si honnêtes et objectifs, ne parlent pas. Vous vous souvenez peut-être du trafic d’organes de prisonniers Serbes par les Albanais du Kosovo que j’avais dénoncé après avoir appris la nouvelle lors d’un voyage en Italie (nouvelle quasi étouffée en France) ou l’état désastreux des matériels de l’armée Française appris dans un journal britannique. La dernière nouvelle quasi passée sous silence (peut-être pour satisfaire les plus sinophiles des hommes politiques et des grands patrons français) est la copie en règle de l’avion le plus vendu de la gamme Airbus : l’A320.

 
Pourtant, tout avait été fait pour satisfaire les demandes pressantes des Chinois, notamment l’implantation sur place d’une chaîne d’assemblage de cet aéronef vendu à plus de 6 000 exemplaires dont environ 3 500 en service, à Tianjin très exactement. Officiellement, cette usine était destinée à livrer les modèles commandés par les compagnies chinoises. Début septembre, au salon de Hong-Kong, les Chinois ont présenté la maquette de leur premier avion de plus de 100 place baptisé C919, fabriqué par la société chinoise COMAC (Commercial Aircraft Corporation of China) et, en voyant la maquette, vous pourrez constater qu’il s’agit d’un “pompage” en règle de l’A320, comme les soviétiques avaient copié le Concorde et le Boeing 727 avec les Tupolev 144 et 154. Mieux : Des salariés d’Airbus ont reconnu sur le site du “Figaro” qu’un Airbus A320 livré à une compagnie chinoise avait purement et simplement disparu ; l’après-vente de l’avionneur n’ayant eu aucune des visites post-livraison à faire sur cet appareil. Après vérifications, il s’est avéré que l’avion avait été intégralement désossé pour pouvoir le copier en bonne et due forme !

 

Les Chinois ont-ils copié l’A320 ?

Ainsi, les Chinois ont pu en toute impunité violer l’ensemble des secrets de fabrication d’un des fleurons de la technologie européenne en recevant, en remerciement, une chaîne de montage d’A320 sur leur sol. Si cela ne relève pas du suicide industriel, de quoi cela relève-t-il ? Car, ne nous trompons pas, si le C 919 a des difficultés à se vendre à l’export pour cause de manque de confiance des compagnies aériennes occidentales en la technologie “chinoise”, il est maintenant avéré que le marché chinois des moyens courrier, qui est le plus gros du monde, est désormais réservé à l’Airbus A320 “made in China” jusqu’en 2016 puis au C919 avec des miettes pour Airbus (le premier C 919 étant livré à cette date). On nous avait dit que la «mondialisation heureuse», pour citer le grand Mamamouchi de la pensée unique Alain Minc, consistait à acheter des chemises et des jouets aux Chinois pour leur vendre des Airbus. Vue la tournure que prennent les choses, nous allons toujours leur acheter des chemises, des jouets et tout le reste (nos usines ayant fermé) sans leur vendre d’Airbus puisqu’ils les auront délibérément copiés! Le grand sinophile Jean-Pierre Raffarin, qui est à la pensée politique ce que Mozart est à la boucherie charcuterie, doit se satisfaire du bon plaisir de ses amis chinois à tuer toutes les industries européennes, même celles de haute technologie! Pour avoir copié l’A320, nous avons remercié les Chinois de face d’une chaleureuse poignée de main en leur offrant un site de production clefs en main. Eux nous ont remerciés par derrière avec une poignée de graviers trempés dans du piment d’Espelette.

Philippe David

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Vu de droite : www.vudedroite.com
et son livre “Journal intime
d’une année de rupture” en librairie


UN COMMENTAIRE SUR Le piment d’Espelette…; Airbus à la mode chinoise…

  1. Pierre dit :

    Il y a bien longtemps déjà que je connais cette histoire d’Airbus disparu. Il aurait été localisé dans un hangar à côté de Jinan, capitale provinciale du Shandong. Il a donc pas totalement disparu. Mais il n’a pas (ou très peu) volé. Vos remarques m’inspirent les réflexions suivantes :
    1. On peut rouspéter, s’indigner et même s’étrangler en voyant des pays, autrefois moins développés que la France, émerger et finir par atteindre un niveau technologique comparable (ou même supérieur) aux pays les plus développés.
    Mais au nom de quel principe devraient-ils rester à jamais sous développés ?
    2. On peut aussi critiquer les termes du contrat passé par Airbus, prévoyant une usine d’assemblage en Chine. Mais ce genre de clause -prévoir qu’une partie du coût (pièces, assemblage, etc) soit créé dans le pays client- est assez classique dans ce genre de contrat. Et Boeing prévoyait la même chose pour vendre ses avions. Pourquoi s’en indigner ?
    3. On peut s’indigner qu’ils achètent un Airbus pour l’étudier et copier sa technologie, mais il ne faut pas être naïf : depuis que le monde existe, partout, étudier les produits concurrents est une pratique courante, classique, pour ne pas dire systématique : ça s’appelle la veille technologique. Ceux qui ne le font pas se condamnent à être technologiquement dépassés (car leurs concurrents le font).
    Maintenant qu’ils ont construit le C919, Airbus peut faire pareil : en acheter un pour le désosser et voir ce qu’ils ont amélioré, et ce qu’ils n’ont pas (encore) bien copié.
    En outre, un assez grand nombre de pièces d’Airbus étaient déjà fabriquées en Chine.
    4. Enfin, il faudrait aussi se souvenir que :
    - les chinois avaient inventé la poudre et la boussole (et bien d’autres choses) longtemps avant les occidentaux. J’ai jamais entendu dire qu’il leur avait été versé des royalties là dessus. Faut-il qu’ils en restent au stade de la poudre et de la boussole ?
    Nous vivons dans un monde ouvert où les chercheurs échangent leurs découvertes (rappelez-vous la controverse sur la découverte du virus du Sida).
    - Les pays occidentaux ont largement pillé les richesses de la Chine au XIXème et XXème siècle. Personne ne voit plus d’intérêt à s’en indigner aujourd’hui, mais ne l’oublions pas pour autant.
    5. En conclusion, il faut se résoudre à voir le plus grand pays du monde devenir bientôt le plus riche, le plus développé, et le plus avancé technologiquement : car tout ceci est la conséquence naturelle de son premier capital : le capital humain.
    C’est sans doute un peu triste de voir la France (mais pas elle seule) se faire rattraper et dépasser, mais le processus n’est pas totalement anormal. Comme ce que la noblesse a du éprouver en 1789 quand ses privilèges furent abolis.
    Sauf si on abandonne l’OMC, on rétablit les barrières douanières et on remplace un monde ouvert par un monde cloisonné…
    Vaste programme.

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