Le PDU de Cohen «retoqué» par la commission d’enquête publique: Un coup de frein ?

On sentait ce dossier sensible. Dans notre n°531 le maire Pierre Cohen le reconnaissait : «Cette proposition a choqué, et je ne comprenais pas pourquoi…». Depuis, les événements se sont accélérés et la commission d’enquête publique sur le PDU (plan de déplacements urbains) a rendu un avis défavorable sur le projet défendu par Pierre Cohen et la communauté urbaine «Toulouse Métropole.» Une aubaine pour une opposition qui sonne la charge : «Cette décision, coup dur pour le Maire de Toulouse, repose sur des faiblesses que j’avais dénoncées sans que Tisséo ne daigne les prendre en compte» attaque Jean-Luc Moudenc, député et président du groupe «Toulouse pour tous». François Chollet, président du groupe «Toulouse Métropole d’Europe», dans notre interview parue dans ce numéro (pages 10 et 11) y voit «le symbole d’une fragilité terrible.» Mais bien plus complexe à gérer pour le maire de Toulouse sont les attaques venues de son propre camp. En effet, et ce depuis plusieurs mois, le sénateur PRG Jean-Pierre Plancade émettait de larges réserves : «Si deux élus de deux bords politiques opposés (allusion à Jean-Luc Moudenc) disent la même chose, c’est donc à Mr Cohen de se poser les bonnes questions.

Il doit cesser de rester enfermé dans une idéologie !» Les élus écologistes, emmenés par Régis Godec et Antoine Maurice, ont décidé eux-aussi de faire entendre une autre voix au sein de la majorité municipale et communautaire. Ils s’étaient opposés à la première mouture du PDU en 2011, et vont s’abstenir lors du prochain vote. Car oui, il y aura de nouveau un vote au prochain comité syndical de Tisséo, car la majorité compte «passer en force» et ne pas tenir compte de ce contretemps.  Antoine Maurice, président du groupe écologiste à «Toulouse Métropole», qui reconnaît certaines améliorations en comparaison au premier projet (ce qui explique le choix de l’abstention), offre tout de même un discours clair : «Ce PDU marque une baisse des ambitions avec un recul important des investissements liés aux transports. Il n’est pas à la hauteur des enjeux. Depuis 2009, nous avons perdu trois ans sur ce dossier.»

Antoine Maurice : «Nous avons perdu trois ans»

Régis Godec enfonce le clou et pointe du doigt la gestion de la construction de ce projet : «Cette confusion aurait pu être évitée par les collectivités.» En désaccord donc avec la vision des transports développée par ce PDU, chacun peut être en droit de se demander quel rôle vont désormais alors jouer les écologistes auprès des socialistes : «Nous sommes une force constructive de la majorité. Ce n’est pas parce que nous sommes dans cette majorité que nous devons nous taire» répond Régis Godec. Sur le fond c’est Philippe Goirand, autre élu «Vert», qui s’est chargé de formuler des propositions qui n’apparaissent pas dans ledit rapport : «Nous sommes par exemple pour la mise en place de réseaux express vélo, des voies cyclables  sans interruption à l’instar de ce qui se fait déjà à Copenhague et bientôt à Londres. D’ailleurs la fiche action vélo n’a pas évolué depuis trois ans.» Derrière cet avis défavorable se cache aussi une critique à peine «voilée» dans certains passages du rapport, de projets initiés par la majorité de Pierre Cohen : Le téléphérique prévu à Rangueil, le tramway vers le nouveau parc des expositions ou les futures lignes de bus en site propre. Alors le 17 octobre prochain, à l’occasion du vote de ce PDU à Tisséo, c’est aussi une partie de l’histoire de notre agglomération qui se joue… Pierre Cohen reste offensif, l’opposition vigilante, mais l’avenir risque de réserver bien des surprises. Bonnes et mauvaises sans doute.

Thomas Simonian



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