Le pape François, évêque de Rome

Qui a dit que les religions n’intéressaient plus personne ! Depuis le renoncement de Benoît XVI le 11 février dernier, toutes les attentions sont concentrées et les caméras braquées sur le Saint Siège. Et que dire depuis l’élection, le 13 mars, du nouveau successeur de Saint Pierre, le pape François ! Selon plusieurs médias, plus de 200 000 personnes ont assisté à la messe inaugurale du nouveau pape le 19 mars. Le pape, le Vatican, la curie, focus sur une religion qui rassemble dans le monde 1.2 milliard de fidèles et les défis qui attendent François. Premier pape du nom, premier pape jésuite, premier pape sud-américain.

« Les papes se suivent et ne se ressemblent pas » déclame Monseigneur Le Gall archevêque de Toulouse et de poursuivre « après Benoît XVI le Docteur de l’Eglise, nous voici François le pasteur, l’homme de terrain ». Une déclaration faite à l’occasion de la messe célébrée en la Cathédrale Saint Etienne le 19 mars dernier, en hommage à la prise de fonction du pape François, élu par les Cardinaux le 13 mars 2013. Une célébration sous le signe du recueillement, que les Toulousains n’ont pas boudée. Un rapide micro trottoir dans les rues de la ville rose permet de constater un sentiment qui était déjà palpable : les gens, catholiques ou non, semblent ravis de ce nouveau pape ! Evelyne nous confie « même s’il a un certain âge, il semble dynamique et va vers les gens. Il est souriant aussi et ça c’est bien ! ». Pour Roger, « avec François, on renoue avec les papes qui s’intéressent aux gens, c’est mieux, les églises seront plus remplies… il était temps aussi qu’un pape soit originaire d’ailleurs que d’Europe !» Rita, elle, se réjouit de l’arrivée de François : « Il a l’air bien, il me plaît ! Mais il va falloir qu’il s’attaque à ces histoires de pédophilie et de mariage des prêtres.» Enfin, Amel nous explique : « je ne suis pas concernée par ce qui se passe pour l’église mais c’est vrai que l’élection d’un pape c’est quelque chose ! On dit qu’il a beaucoup fait pour les pauvres en Argentine. Du peu que j’ai vu, sa tâche risque d’être ardue. Le Vatican et toute cette institution, ça n’a pas l’air simple… »

 

Pasteur de 1.2 milliard de personnes

Le 13 mars 2013, élu par ses confrères Cardinaux, Jorge-Mario Bergoglio, Archevêque de Buenos-Aires en Argentine, devient le 266e pape de l’Eglise catholique romaine sous le nom de François, en hommage à Saint François d’Assises. Propulsé ainsi berger de près de 1.2 milliard de personnes et prenant la tête d’un des Etats des plus spécifiques du monde. Lors de la conférence organisée à l’Institut Catholique de Toulouse le 15 mars dernier, sur les thèmes « Vatican, Saint-Siège et conclave » trois spécialistes ont donné quelques clés pour aider à la compréhension de ce nouveau pontificat : Alain Maurech-Siman sur « L’Etat Cité du Vatican », l’abbé Bernard du Puy-Montbrun sur la « Mission du Pape et vacance du Siège » et Monseigneur Xavier d’Arodes sur « Le Saint-Siège ». Le pape est un chef d’Etat au même titre que les autres. Et cet Etat a un fonctionnement particulier car il n’est pas politique mais spirituel. Comme l’explique l’abbé Bernard du Puy-Montbrun « au nom des Evangiles, le pape a un pouvoir divin, il est le successeur de Pierre et sa mission est de continuer l’œuvre du Christ.» On pourrait se demander pourquoi le pape a besoin d’un Etat, d’un territoire déterminé, puisque sa mission est d’ordre spirituel. D’après Alain Maurech-Siman, « le pape n’a pas de prétention territoriale mais a besoin d’un siège pour l’unité catholique. Par cet Etat, il démontre aussi qu’il n’est subordonné à aucun autre Etat et qu’il a sa pleine souveraineté. C’est un support séculier visible pour poursuivre sa tâche de conduire l’Eglise », et cet Etat du Vatican présente bien des particularités (voir notre encadré).

 

« Un pape qui n’a pas fini de nous surprendre »

« Pour articuler une mission, on a besoin d’une structure. Les papes se sont toujours appuyés sur une administration : la curie romaine » explique Monseigneur Xavier d’Arodes. «Les institutions de l’Etat du Vatican sont extrêmement anciennes et à manipuler avec prudence » poursuit-il. Cette fameuse curie romaine doit « gérer les problèmes de plus d’un milliard de personnes, sur cinq continents, en continuité, avec une fidélité d’un message, tout ceci avec des moyens dérisoires » expose Monseigneur Xavier d’Arodes qui précise également que depuis 1583, 23 papes ont réformé la curie. Pour un fonctionnement « idéal », beaucoup de paramètres entrent en compte comme les décalages horaires, la langue… Un mode de fonctionnement donc très ancien, et également soumis au secret. Un secret qui fascine les foules et alimente les suppositions les plus improbables ! C’est pour cette raison que la curie est au service du pape et non de l’Eglise, le secret protège ainsi l’institution et surtout les personnes. « Mais le secret serait-il trop fort pour la société actuelle ? » s’interroge Monseigneur Xavier d’Arodes. Le pape François n’était pas le candidat de la curie romaine, c’est de notoriété publique, mais les spécialistes lui prêtent unanimement la diplomatie qui lui sera nécessaire dans cet aspect de sa mission.

Pour Monseigneur Le Gall, « François sera lui-même pour gouverner l’église avec le meilleur de sa personnalité et de son tempérament et il semble qu’il n’ait pas fini de nous surprendre. »

 

Marie-Agnès Espa

Plus d’information : toulouse.catholique.fr

 

 

Le Vatican c’est l’Etat…

Le plus petit du monde, une superficie correspondant à 44 terrains de foot.

Le moins peuplé du monde avec 856 habitants dont 450 avec la nationalité vaticane.

Il dispose de la plus petite armée du monde, les gardes Suisses, à 3 soldats près, par rapport à Monaco et d’un corps de gendarmerie de 150 hommes.

Et du plus petit réseau ferré avec 862.78 mètres de rails.



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