Le jeu des cinq familles locavores

Pendant trente jours, cinq familles toulousaines se sont essayées sur France 5* à un défi bien particulier : consommer exclusivement des produits issus d’un périmètre de 200 kilomètres. Et manger local, c’est bien moins facile que ça en a l’air ! Quand Toulouse devient la capitale des locavores… Rencontre ceux qui ont testé pour vous.

 

Pourquoi vous êtes-vous lancé dans l’aventure ?

Famille Monbrun-Chaumette (Fanny) : Je sortais de Masterchef que j’avais fait en solo… Nous avons eu envie de tenter l’expérience de l’émission télé en couple, et de répondre à cette annonce qui proposait «de redécouvrir les produits de nos régions».

Famille Amand (Sophie) : On nous a contactés directement ! Certainement parce que je suis énergéticienne et que mon profil de maman célibataire les intéressait.

Famille Sauvage (Catherine) : J’ai répondu à une annonce trouvé dans un quotidien gratuit, car j’adore cuisiner… Mais je ne m’attendais pas à ça ! Jusqu’à la veille, nous ne savions pas que nous étions sélectionnés, nous avons été pris de court. France 5 nous a appelés la veille en lançant : «On arrive demain pour le tournage » !

Comment avez-vous réagi à l’annonce du défi locavore ?

Famille Monbrun-Chaumette (Fanny)  : Le pacte nous a été annoncé le premier jour de l’émission. C’est un phénomène que nous ne connaissions pas mais l’idée nous a plu.

Famille Amand (Sophie) : Moi j’étais déjà tentée par une autre manière de m’alimenter, donc j’ai tout de suite adhéré.

Famille Sauvage (Catherine) : C’était un grand moment : nos enfants qui sont encore petits (9 ans ndlr) nous ont regardés avec de grands yeux interrogateurs ! Pour ma part, je m’en doutais un peu et nous l’avons évidemment accueilli avec joie, car nous étions déjà assez engagés de par nos achats et notre façon de remplir nos placards.

Fanny Chaumette et Julien Mombrun

Qu’est-ce qui a changé en vous depuis l’émission ?

Famille Monbrun-Chaumette (Fanny) : On est resté locavores  à 70% pour la viande, les fruits et légumes et le fromage. Par contre, nous faisons des exceptions pour le café, le sel, le sucre ou encore l’huile d’olive et les pâtes. En tout cas, nous avons réalisé que l’on trouvait près de chez nous la plupart des produits mais de meilleure qualité ! Quand on vit à Toulouse, c’est tout de même dommage d’acheter du foie gras qui vient de Bulgarie…

Famille Amand (Sophie) : Aujourd’hui les étiquettes n’ont plus de secret pour nous. On va acheter la viande à l’abattoir, on fait le marché etc. Ce sont de simples reflexes à intégrer.

Famille Sauvage (Catherine) : Comme nous étions déjà sensibilisés au problème de la provenance des aliments, nous avons simplement réduit notre périmètre d’achat. Mais pour nous l’émission a aussi été à l’origine de grands changements, car d’ici septembre nous abandonnons Toulouse pour les Hautes-Pyrénées : nous ouvrons une maison d’hôtes, où les gens mangeront bien et local ! Nous proposerons aussi des ateliers cuisine à tendance locavore… Il est temps de sensibiliser la France, nous avons trente ans de retard sur les Etats-Unis à ce niveau.

Etre locavore, ça coûte cher ?

Famille Monbrun-Chaumette (Fanny) : C’est sûr qu’il faut mieux se lancer progressivement, nos placards ont été littéralement vidés par France 5, le démarrage a donc été rude, mais il suffit de trouver les bonnes adresses petit à petit.

Famille Amand (Sophie) : Oui, il faut bien un an et demi pour y trouver un avantage financier, au début mon budget a triplé et ma banquière m’en veut encore !

Famille Sauvage (Catherine) : Il y a un investissement de départ, ensuite on s’y retrouve car on fait beaucoup plus de choses soi-même. En cherchant bien on trouve : la région toulousaine recèle un moulin à huile et à farine et même un producteur de riz !

Ce qui a été le plus difficile ?

Famille Monbrun-Chaumette (Fanny) : Nous n’avions pas accès au café ! Et se constituer un carnet d’adresse prend beaucoup de temps.

Famille Amand (Sophie) : mes enfants ont fait une overdose de courgettes ! Les glaces et le soda leur ont manqué. De plus, faisant de la tachycardie j’ai donc besoin de sel pour maintenir ma tension, ce qui a rendu le quotidien compliqué !

Famille Sauvage (Catherine) : J’ai dû adapter mon planning d’hôtesse de l’air car je voulais superviser les changements engendrés pour ma petite famille… Le poisson m’a fait défaut et mes enfants ont réclamé leur chocolat.

Ce que vous en avez tiré de meilleur ?

Famille Monbrun-Chaumette (Fanny) : aller à la rencontre des producteurs au lieu de croiser des caissières !

Famille Amand (Sophie) : En tant que maman, je suis contente que mes enfants aient joué le jeu. Un seul a un peu triché avec le soda…

Famille Sauvage (Catherine) : C’est une excellente expérience, pour nos enfants particulièrement qui ont eu l’occasion d’apprendre plein de choses et de faire des rencontres très enrichissantes.

Quelle sont les réactions depuis le début de la diffusion ?

Famille Monbrun-Chaumette (Fanny) : La plupart nous renvoie que c’est agréable des émissions de ce genre, qui enseignent de nouveaux concepts de vie.

Famille Amand (Sophie) : Cela a donné des idées à beaucoup de Toulousains, ravis que l’on mette l’accent sur les produits de leur région.

Famille Sauvage : Nous avons reçu beaucoup de lettres nous demandant des conseils pratiques…

Des regrets ?

Famille Monbrun-Chaumette (Fanny) : Ne pas avoir commencé plus tôt !

Famille Amand (Sophie) : Attention à ne pas devenir locavore trop brutalement, c’est mauvais pour l’organisme. Mon corps a été chamboulé par ce régime un peu soudain : il s’est mis à stocker et j’ai pris du poids. J’ai également fait un ulcère pendant l’émission !

Famille Sauvage (Catherine) : J’ai été déçue de ce qui ressort de l’émission. J’aurais aimé des informations plus pratiques, avec des conseils et des clefs pour montrer que devenir locavore n’est pas si compliqué. Nous n’étions pas là pour faire les clowns à la télé !

Un mot pour convaincre les lecteurs ?

Famille Monbrun-Chaumette (Fanny) : C’est ridicule de faire venir du bout du monde des produits que nous avons ici !

Famille Amand (Sophie) : L’idée n’est pas de se priver mais de fonctionner par échelles : que puis-je trouver dans ma région ? Dans mon Pays ? De quoi ai-je besoin qui ne se trouve qu’à l’étranger ?

Famille Sauvage (Catherine) : Nous sommes en train de tuer nos petits producteurs, il faut réagir pendant qu’il est encore temps !

*Le jeudi sur France 5 à 20h35

Aurélie Renne

 

(Phrase à mettre en exergue) «Nous avons découvert de nouvelles saveurs : le goût des produits locaux n’a rien à voir avec ce que l’on trouve en supermarché» Famille Mombrun-Chaumette.

 

(encadré) Qui est-ce ?

Famille Monbrun-Chaumette : Julien et Fanny, un couple de jeunes citadins.

Famille Amand : Sophie et ses trois garçons : Kevin, Nicolas et Valentin.

Famille Sauvage : Catherine, Eric et leurs garçons Paul et Jules.

 

(encadré) Trucs et astuces de locavores

Que faire ?

-s’arrêter en bords de route pour acheter directement aux producteurs

-s’inscrire dans une AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne)

-acheter sa viande à l’abattoir

-faire le marché

-s’équiper en sorbetière, yaourtière, machine à pain

Où Aller ?

-à la ferme de Qyvie, dans le Quercy pour découvrir les fleurs comestibles

-à la Ferme attitude (magasin locavore à Toulouse)

-au marché de Saint-Aubin le dimanche

-à la rizière de l’étang de Marseillette (vers Carcassonne)

Plus d’infos «locavores» sur la cuisinedecatherine.com



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