[Dossier] Harcèlement de Rue : la riposte s’organise

HE MADEMOISELLE ! – Une main baladeuse, un “Joli petit cul !”, un homme qui vous suit dans la rue… Si le harcèlement sexuel prend des formes différentes, il concerne en revanche toute la gent féminine. Ce phénomène est pourtant sous-estimé. Plusieurs acteurs ont néanmoins décidé de ne pas rester indifférents. Des campagnes de sensibilisation dans les transports en commun, aux cours pour de self-défense en passant par des idées pour concevoir une ville plus accueillante pour les femmes, cette semaine le JT explore des outils pour ne plus rester silencieux.

 

harcelement de rue
©Fernando-Coelho

Endroits clos, affluence, arrêts définis… Les transports en commun sont le lieu idéal pour voir se développer des comportements déplacés et sexistes vis-à-vis des femmes. Une étude de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut), menée en 2015, révèle d’ailleurs que 100% des utilisatrices des transports collectifs ont été victimes de harcèlement de rue.

À Toulouse, « une quarantaine de plaintes sont déposées chaque année », précise Jean-Michel Lattes, président de Tisséo-SMTC, l’autorité organisatrice des transports dans l’agglomération. Les associations, elles, mettent plutôt en lumière le chiffre de 260 faits d’incivilités à caractères sexistes constatés, mais pas forcément suivis de poursuites judiciaires. La Ligue des droits de l’Homme (LDH) s’est également emparée du problème : «Seules 2% des femmes portent plainte, l’ampleur du problème est donc bien plus important que ce que pense les pouvoirs publics », constate Philippe Lebailly, porte-parole du pôle “Harcèlement sexiste dans les transports” au sein de la LDH Toulouse.

C’est donc naturellement que le mouvement s’est associé à l’Association des usagers des transports de l’agglomération toulousaine et de ses environs (Autate) pour sensibiliser le grand public et saisir les décideurs face au harcèlement de rue. Une rencontre entre Tisséo, la LDH et l’Autate a d’ailleurs eu lieu en janvier dernier et une seconde est programmée le 24 février prochain. «Les élus semblent réceptifs à nos propositions pour mettre en place des actions efficaces comme les campagnes de sensibilisation permanentes, le contrôle des publicités sexistes, l’adaptation des transports aux horaires et aux trajets contraints des femmes», commente Agnès Defosse, adhérente de l’Autate.

«Mais tous minimisent l’ampleur de la situation», lance Philippe Labailly, «la preuve la plus flagrante reste l’absence de définition du harcèlement de rue dans la législation.» Le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes s’y est lui risqué. Pour ce dernier, il s’agit «des manifestations du sexisme qui affectent le droit à la sécurité et limitent l’occupation de l’espace public par les femmes et leurs déplacements en son sein.» L’organisation rappelle d’ailleurs la responsabilité des sociétés de transports en commun tenues à « l’obligation d’offrir des conditions maximales de sécurité aux personnes qu’elles transportent. »


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