Le flou continue autour de la privatisation de l’aéroport

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Atterrissage. La privatisation de l’aéroport fait toujours débat. Cette semaine c’est le tout nouveau président du département, Georges Méric, qui a rallumé la mèche …

 

Lors d’un point presse tenu mardi dernier, Georges Méric, qui a fraichement succédé à Pierre Izard à la tête du département a jeté un pavé dans la mare en proposant de « racheter les 10,01% qui appartiennent à l’Etat, avec la Région, la CCI et la métropole toulousaine ; ce n’est pas un investissement délirant car il rapporterait 5% par an. » Les parts en question s’élèvent à 60 millions d’euros, « mais nous pensons que l’Etat pourrait faire un prix », affirme-t-il. Qu’en pensent les autres institutions appelées à participer à cet investissement ? « Je leur ai envoyé un courrier jeudi dernier afin d’organiser une table ronde entre tous ces acteurs locaux. » Une position offensive qui fait suite à un revirement du Capitole sur le sujet. En effet lors du dernier Conseil municipal, la majorité de Jean-Luc Moudenc a voté un vœu qui était présenté par les élus communistes «pour un avis négatif à la privatisation de la gestion de l’aéroport de Toulouse-Blagnac et le refus des nuisances aériennes. » Les collectivités seraient-elle enfin en train de prendre conscience de l’enjeu ? « Sans doute mais cela vient trop tardivement car comme l’a révélé Mediapart la vente est soumise au projet industriel des acheteurs. Il est donc difficile de contrecarrer le projet industriel encore caché des investisseurs chinois », soupire Patrick Jimena, élu EELV de Colomiers et membre actif du Collectif contre la privatisation de la gestion de l’aéroport Toulouse-Blagnac. Ce dernier s’étonne même avec inquiétude des postures actuelles : « Je ne m’explique pas le revirement de Jean-Luc Moudenc sur le sujet. Soit c’est pour être dans les plates-bandes de Christian Estrosi, qui a pris une position très claire depuis le début concernant l’aéroport de Nice… Soit le maire de Toulouse, comme le président du département d’ailleurs, ont eu des informations qui n’ont pas encore été porté à notre connaissance sur les repreneurs. La question est posée selon moi. Auraient-ils de nouveaux éléments qui feraient éclabousser la procédure de privatisation ? »

Sur le papier la position de Georges Méric est intéressante

David Saforcada, ancien secrétaire départemental de Debout la France, manifeste depuis le début contre ce projet de privatisation. Il s’étonne aussi des retournements de veste du moment : « Sur le papier la position de Georges Méric est intéressante, mais quid de la participation de cette collectivité si dans l’avenir l’échelon départemental tend à disparaître ? Et qui me dit que la mairie ne lâchera pas l’affaire dans quelque temps si les Chinois financent une partie du Parc des expositions comme prévu, voire la troisième ligne de métro puisque Tisséo parle déjà d’un partenariat public-privé ? » La société toulousaine de financement participatif, Wiseed, continue également d’être force de propositions dans ce dossier. Sa direction a rappelé très récemment au Conseil départemental la possibilité d’un appel citoyen qui est déjà fort de 8500 signataires et de 19 millions d’euros de promesses obtenues en novembre dernier. Wiseed aurait été par ailleurs sollicité par Christian Estrosi, maire de Nice, afin de réfléchir à des solutions sur l’aéroport de la ville … Pendant ce temps-là à Toulouse la nouvelle structure s’organise avec la nomination de l’ancienne ministre des Transports, Anne-Marie Idrac, comme présidente du conseil de surveillance de l’aéroport. Jean-Luc Moudenc prend lui la tête du comité d’investissements et de stratégies. Le feuilleton continue …



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