Le directeur de l’IEP fait son mea culpa

Rencontre avec Philippe Raimbault, directeur de l’IEP, qui a souhaité s’exprimer sur le sujet du bâtiment prévu quai Saint-Pierre, suite à l’enquête du Journal Toulousain (JT 597).

Pourquoi avez-vous sollicité le Journal Toulousain au sujet de l’IEP ?

Je voulais corriger quelques inexactitudes vues dans certains journaux, notamment concernant la pétition des riverains. En juillet lorsqu’elle a été lancée, des concessions avaient d’ores et déjà été faites (un étage en moins et une distance entre les bâtiments de 7 mètres au lieu de 2, ndlr). Le document n’était donc pas très honnête.

L’un des arguments justifiant la construction de ce nouvel IEP est qu’il doit pouvoir accueillir plus d’élèves. Pourtant, au total seuls 2000 étudiants pourront être admis dans les nouveaux locaux, n’est-ce finalement pas trop peu ambitieux pour une ville comme Toulouse ?

Nous sommes actuellement à 220 élèves par promo à cause des mesures compensatoires visant à préserver la sécurité du public dans notre bâtiment. Or dans les nouveaux locaux nous pourrons remonter à 250 étudiants par promo, soit 150 élèves en plus. C’est suffisant pour un institut comme le nôtre qui n’est pas sur une extension du nombre d’étudiants, contrairement à la fac qui voit ses effectifs augmenter sans cesse.

Le projet de rénovation complète des locaux actuels a été jugé trop onéreux (13 millions d’euros), pourtant l’actuel projet va coûter 23.6 millions d’euros. Qu’avez-vous à dire sur ce sujet ?

Si on confronte les chiffres, c’est sûr que cela paraît étonnant. Mais à y regarder de plus près, il est ridicule de rénover un bâtiment pour 13 millions d’euros alors que selon l’évaluation du service des Domaines, il n’en vaut que 6… Par ailleurs, les défauts du bâtiment sont inhérents à sa structure, c’est-à-dire que même rénové, on ne pourrait plus y accueillir de public. Autant le valoriser pour en faire du logement étudiant. D’ailleurs des promoteurs ont déjà mis une option pour le prix de 6 millions d’euros qui servirait alors à financer en partie le nouvel IEP.

INTER « je comprends totalement le désarroi dans lequel ont pu se trouver les riverains, c’est regrettable »

L’hôtel initialement prévu avant que la mairie ne préempte les locaux était de quel type ? (hauteur, superficie etc.)

Je n’ai pas plus d’informations sur le sujet, mais je suis sûr d’une chose : pour les riverains, ce sera beaucoup plus facile et agréable d’intégrer un public étudiant à leur quartier qu’un hôtel de luxe…

Ne craignez-vous pas que les riverains passent à la vitesse supérieure ? (le cabinet d’architecte annonce lui-même qu’il n’y a à ce jour aucun calendrier…)

Ils peuvent demander des recours, cela ralentirait le projet tout au plus…

Si le service de la préfecture ne tolère pas que l’IEP reste une année de plus dans les locaux actuels, quelle est la solution envisagée?

Nous avons approfondi la question en 2011 avec le rectorat et la préfecture lorsque le bâtiment a été déclaré non-conforme, mais n’avions alors trouvé aucune solution alternative. Mais j’ai bon espoir que d’ici là, la clarification du calendrier nous permette de nous organiser. De plus la ville est associée au projet et a connaissance de ces difficultés. Elle appuiera en notre faveur…

Comment expliquez-vous que les riverains aient pris connaissance du projet par voie de presse ?

Il était prévu qu’Oppidea entre en contact avec eux en avril lors des résultats de l’appel d’offres, mais il y a eu un décalage à ce moment-là et l’information a fuité dans la presse. Je ne sais pas d’où cela vient mais je comprends totalement le désarroi dans lequel ont pu se trouver les riverains. C’est regrettable.

Propos recueillis par Aurélie Renne



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