Législatives : Ma voix, le collectif qui veut hacker l’Assemblée nationale

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Il n’a pas de programme, il n’habite pas ici et on ne connaîtra pas son visage. Ce mystérieux candidat de la quatrième circonscription de Haute-Garonne se présente sous la couleur jaune de Ma Voix. Un collectif qui tente le coup d’État citoyen.

Leur réunion hebdomadaire a lieu le lundi soir, dans un bar à bières de la rue des Paradoux. Aujourd’hui, seule une demi-douzaine de membres a fait le déplacement, sur les 200 que compte Ma Voix Toulouse. Étudiants, salariés, chômeurs, ils ont entre 20 et 40 ans. Et discutent avec un citoyen curieux qui les assaille de questions : « Qui a fondé le collectif ? », « Qui est votre porte-parole ? », « Qui est votre candidat ? ». Il n’aura pas de réponse précise : l’idée de Ma voix étant collective, elle n’a pas de représentant : « La politique est l’affaire de tous ! Il faut la dé-personnifier, pour qu’elle ne soit pas réservée à une élite, pour éviter les débats d’égos, les carrières et les querelles partisanes. C’est pour cela que nos candidats sont tirés au sort », explique Yohan, jeune chef d’entreprise et membre actif de l’antenne toulousaine, qui accepte tout juste de donner son prénom.

Du tirage au sort…

Près d’un demi-millier de personnes se sont portées volontaires, partout en France, pour devenir un député Ma Voix. Et une cinquantaine a donc été désignée par le sort, à Paris, le 6 mai dernier. Les circonscriptions ont aussi été distribuées de manière aléatoire : « Notre candidat dans la 4ème de Haute-Garonne n’est jamais venu à Toulouse et n’y viendra peut-être jamais. Le député a un mandat national, pas local, il vote des lois qui concernent tout le monde », estime Yohan. Le but du collectif est de porter des députés à l’Assemblée, qui relaieront, pendant cinq ans, les décisions des citoyens. En amont, ceux-ci auront débattu et voté les lois, sur une plateforme en ligne.

… à la démocratie directe

Il s’agit donc d’instaurer une forme de démocratie directe : « On veut hacker l’Assemblée nationale. La technologie permet aujourd’hui de faire ce qui était inimaginable lorsque nos institutions ont été mises en place, il y a deux siècles », assène Yohan. Et si on lui fait remarquer que les citoyens peuvent prendre de mauvaises décisions, il répond que ça ne peut pas être pire qu’aujourd’hui. Après avoir fait le point sur les comptes – la campagne sur la 4ème circonscription coûte 3000 euros et n’est financée que par des dons – il écourte la réunion des Ma voix toulousains, qui doivent aller coller leurs affiches sur les panneaux électoraux. Des affiches où l’on ne voit aucun visage, mais un miroir encadré de jaune (parce que les autres couleurs étaient déjà prises), avec cette question : « Qui me représente le mieux ? ».


 

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