[LE CLASH] Faut-il privatiser l’aéroport ? Et comment ?

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Myriam Crédot et Thierry Merquiol

Thierry Merquiol

Co-fondateur et président du conseil de surveillance de Wiseed

« Aujourd’hui la privatisation de l’aéroport de Toulouse se pose. L’Etat actionnaire au côté des collectivités territoriales et consulaires n’a plus les moyens de développer ni d’investir dans ce type d’outil indispensable au rayonnement d’une région et à la pérennité de ses activités. À mon sens, pour des raisons économiques, cette privatisation est inévitable. Des raisons stratégiques amplifient cette décision : l’Etat et les collectivités n’ont pas l’ADN nécessaire ni la culture pour  assurer la croissance de son activité tout en améliorant sa rentabilité. Dans le même temps, le citoyen consommateur cherche à se réapproprier le choix de ses investissements et souhaite contrôler l’impact sociétal de décisions collectives. Le collaboratif devient la règle. Il n’y a qu’un pas vers la « privatisation citoyenne » d’outils économiques patrimoniaux et rentables… La somme de petits montants peut devenir très significative. La diversité des actionnaires, leur indépendance de jugement et leur réseau globalisé remplacent largement leur expertise. Le web dans sa composante participative permet cette rencontre entre investisseurs particuliers et projets à financer dans un processus industrialisé sans être déshumanisé.

La vague de fond(s) de la finance participative est là ! Une première mondiale à Toulouse d’ici peu ? »

 

Myriam Crédot

Conseillère municipale de Muret – Membre du Parti Libéral Démocrate

« Le trafic aérien connaît une croissance forte et constante. Pour répondre à cette croissance, les aéroports doivent engager des investissements très lourds. L’arrivée de capitaux privés permettra d’assurer les investissements que l’Etat n’est plus en capacité de réaliser, je dirais même des investissements que le contribuable n’a pas à supporter. L’hypothèse d’une « exploitation sauvage » du site, avancée par certains opposants au projet de privatisation, n’est pas justifiée. Une telle attitude dans un secteur aussi réglementé est improbable. 40% du capital resteront entre les mains de la CCI, de la Métropole, du Département et de la Région. Ces entités sauront imposer leurs exigences. En outre, même s’il se retire du capital, l’État conserve son rôle de régulateur défini en 2005 par la loi sur les aéroports. Il s’exprime au travers de contrats de régulation économique qui permettent à l’Etat d’imposer à l’aéroport de Toulouse-Blagnac une modération des tarifs, une amélioration de la qualité des services ou encore des mesures de protection de l’environnement.

La privatisation annoncée est un changement de la nature de l’investissement (public / privé), mais ne bouleversera pas les modalités de gestion de l’aéroport. »

 

 



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