Le cinéma, un nouveau moteur de l’économie locale ?

A Toulouse, les activités économiques sont essentiellement concentrées autour du secteur aérospatial et du Cancer bio santé. L’arrivée du cinéma, en tant que pôle de compétitivité, serait l’occasion de diversifier les domaines d’excellence en Midi-Pyrénées. «Le projet sera générateur d’emplois et donnera une visibilité culturelle à la région.» promet l’avocat du dossier, Me Jacques Lavergne. «S’il se met en place, Toulouse pourrait devenir une ville de cinéma. Des producteurs, et autres sociétés, viendraient s’installer ici, ce qui créerait un tissu quasi-industriel.» projette déjà Jean-Louis Duffour, le directeur de l’ESAV. Tout dépend de l’échelle financière du projet. «S’il se réalise à petite échelle, c’est-à-dire avec un financement au rabais juste suffisant pour que le site ouvre, ça ne tournera jamais.» craint une source proche du dossier.

 

Reste l’énigme des emplois créés. «5000 directs et 5000 indirects», peut-on lire dans la presse. «Je ne sais pas comment ils les trouvent.» remarque M. Duffour. En ce qui concerne les emplois techniques sur les studios, «il y aura peu de postes créés, car les réalisateurs se déplacent avec leur équipe.» En revanche, les activités annexes, telles que le parc à thème ou les salles de cinéma devraient être nettement plus porteuses en termes d’emplois.

A titre de comparaison, Marseille a ouvert ses studios il y a près de dix ans. Un bassin économique qui a développé près de 800 emplois, notamment grâce à la désormais célèbre série télévisée «Plus belle la vie». Un chiffre satisfaisant, mais bien loin de celui envisagé par Bruno Granja.

 

De plus, la prévision « exubérante » de l’architecte s’expliquerait par une grossière erreur des médias. Thierry de Segonzac, président de la fédération de l’industrie cinématographique, a rencontré l’architecte dans les bureaux de la Ficam, le 5 juillet dernier. «Il m’a confié que la presse s’était trompée sur les chiffres. D’après lui, il s’agirait de créer 500 emplois directs et 500 indirects, 10 fois moins qu’annoncé.» explique le président de la Ficam. Reste à savoir pourquoi Bruno Granja n’a pas pris la peine de rectifier le tir avant que les médias ne relayent l’information.

 

Repères

Mars 2010 : Fin de la base militaire à Francazal

Janvier 2011 : Bruno Granja commence à prendre contact avec les grands studios américains

Mars 2011 : Les studios Raleigh répondent positivement au projet

Septembre 2011 : Bruno Granja crée la société d’exploitation qui gérera les studios de Francazal

Janvier 2012 : Mickael Moore rencontre le préfet de région Henri-Michel Comet, et lui présente le projet.

Avril 2012 : l’Etat juge le projet crédible lors d’une réunion interministérielle (entre les ministères de la défense, de la culture, des finances et du transport). Mais des doutes sur la viabilité du dossier commencent à surgir dans la presse.

30 septembre 2012 : Fin du délai pour déposer le dossier à la préfecture de Haute-Garonne.



UN COMMENTAIRE SUR Le cinéma, un nouveau moteur de l’économie locale ?

  1. Gineste dit :

    Date limite de dépôt des offres (1er tour) : 30 novembre 2012 à 16 h

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