Le bonheur est dans les fleurs !

Chaque année, depuis maintenant seize ans, le week-end « portes ouvertes » des Serres municipales de la ville de Toulouse est une magnifique occasion proposée aux Toulousains de découvrir l’antichambre florale de la cité rose. Les 4 et 5 mai, le public n’a pas manqué ce rendez-vous et a afflué en continu Boulevard de la Marne à la découverte de ce précieux patrimoine. Une édition 2013 placée sous le thème du sport. Reportage au cœur de l’usine à fleurs du pays de la violette ! par Marie-Agnes  Espa

L’interview de saison

Jean-Pierre Tulet est le technicien responsable des Serres municipales. En poste depuis le mois de septembre, il officiait précédemment dans différents services Espaces verts de la ville et notamment du côté du Grand Rond. Jean-Pierre Tulet est  également membre du jury régional des Villes et
Villages fleuris.

Jean-Pierre Tulet, vous êtes le technicien responsable des Serres municipales de Toulouse. En quoi votre travail consiste-t-il ?

Les Serres municipales regroupent deux choses. Il y a les plantes vertes qui servent pour la décoration des manifestations et les bureaux toute l’année. Nous avons 5 000 plantes d’intérieurs, arbres et arbustes. Puis il y a la production de fleurs. Nous cultivons 600 000 plantes par an de 130 variétés différentes. Nous avons aussi un conservatoire de la violette .

Vous produisez donc des fleurs toute l’année ?

La production, c’est deux fois l’an. La production annuelle se fait à la fin de l’année précédente pour les boutures et fin janvier pour les semis. Toutes les plantes doivent être prêtes à partir au mois de mai pour la conception des massifs de la ville. Pour la production bisannuelle, nous faisons les semis mi-juillet pour agrémenter les massifs fin octobre, début novembre. Nous faisons aussi maintenant du jardin potager, les semis se font en fin d’hiver et sont mis en place au mois de mai également.

Combien d’agents travaillent-ils aux Serres municipales ?

Nous avons six personnes qui s’occupent des plantes d’intérieurs, et seize personnes, de la production. Nous sommes producteurs, c’est-à-dire que ce ne sont pas nos équipes qui plantent et arrachent les massifs dans la ville. Ce sont les équipes d’entretien des Espaces Verts qui assurent cette partie du travail.

Comment plantes et fleurs sont-elles choisies ?

Nous faisons, avec les collègues techniciens de l’entretien, un catalogue annuel. Nous regardons ce qui se produit, nous faisons des essais dans les serres. Puis nous observons ce qui fonctionne ou pas, et en fonction des résultats, nous faisons notre sélection. Puis nous achetons les semis, les jeunes plants et faisons les boutures. Les techniciens choisissent ensuite dans ce catalogue et nous, nous produisons et préparons leur commande.

Vous travaillez en Zéro Phyto, cela signifie…

Nous pratiquons la Production Biologique Intégrée, appelée aussi PBI. Nous n’utilisons aucun pesticide. Nous avons mis en place des insectes auxiliaires qui luttent contre les prédateurs, les parasites du jardin.

 

Dans le quartier de Rangueil, sur l’avenue de la Marne qui borde le Canal du Midi, les Serres municipales de Toulouse s’étalent sur un peu plus de deux hectares. Un lieu presque secret, confidentiel où sont produites toutes les plantes qui rendent la ville si belle lorsque la saison estivale s’annonce. Une fois par an, les Toulousains sont invités à découvrir cet antre de trésors floraux, lors du premier week-end du mois de mai, juste avant le départ des précieuses colorées pour les massifs de la cité. A l’extérieur, le long du mur du boulevard, un petit marché s’est installé. Des petits producteurs proposent fleurs et plants maraîchers aux visiteurs. Dès l’entrée, l’accueil est chaleureux. Un jardinier vous salue et vous équipe du dépliant de présentation des « portes ouvertes ». En ce dimanche matin ensoleillé, les Toulousains sont au rendez-vous. L’heure n’est pas encore à la bousculade, il est aisé de circuler dans les allées, même avec les nombreuses poussettes, le pic de fréquentation est attendu dans l’après-midi. En face de l’accès principal, le sol a été agrémenté de parterres rivalisant de couleurs et de formes, en arrière-plan se dresse une première serre moderne. Sur le fond, à gauche se dessine le plus ancien bâtiment de l’ensemble, une serre de type Eiffel datant de la fin du 19e siècle. Sur la droite, les services municipaux des Jardins et Espaces Verts ont préparé des espaces « ateliers » pour le public.

 

Horticulteurs en herbe, bienvenue !

On y découvre ainsi, par exemple, les secrets du compostage, avec une démonstration proposée par le service Déchets-Moyens techniques de Toulouse Métropole, qui propose même aux participants de repartir avec une poche de compost. Les stands s’enchaînent, à l’exemple de ceux du jeu des Cinq sens qui permet aux grands comme aux petits de découvrir autrement la nature. Une ancienne bâtisse héberge une exposition thématique sur les insectes et les alternatives aux pesticides. Les fameux insectes auxiliaires sont présentés sur des affiches, comme la Chrysope, prédateur naturel de nombreux ravageurs, utilisée par exemple pour le traitement des tilleuls, érables ou massifs infestés par les pucerons. Des jardiniers sont là pour vous accompagner, répondre à vos questions, sur les différentes étapes d’une plantation réussie, d’un rempotage bien fait, d’un semis optimum, d’un arrosage raisonné… Tous se prêtent au jeu de bonne grâce et partagent avec enthousiasme leur savoir, mais surtout, ce qui semble être pour la majorité d’entre eux, une passion. Les enfants n’ont pas été oubliés ! Un bac à sable, un atelier de création d’un soliflore (puzzle végétal), une aire de jeux, des jeux d’adresse en bois installés sous une arche de glycine, un atelier de rempotage de jeunes pousses de légumes, tout est installé pour que les horticulteurs en herbe puissent se laisser glisser d’une manière ludique dans les différentes techniques.

 

Le sport à l’honneur

Pour illustrer la thématique de l’année : le sport, un grand mur végétal à double face présente d’un côté un joueur de foot et le logo du TFC et de l’autre, un joueur de rugby et le logo du Stade Toulousain. Un colosse de fer et d’osier de trois mètres de haut représentant un rugbyman surveille le passage vers la serre tropicale. La thématique installera ses quartiers ensuite dans les nombreux jardins et points verts de la ville, notamment au Grand Rond. Tout a été pensé pour que les visiteurs passent un moment agréable, dépaysant, et puissent même rester plus longtemps que prévu en offrant la possibilité de déjeuner sur place au petit restaurant installé pour l’occasion, à côté des glycines… Vivement l’an prochain !

 

Les Saints de glace sont là !

11 mai, Saint Mamert (aujourd’hui Ste Estelle)

12 mai, Saint Pancrace (aujourd’hui Saint Achille)

13 mai, Saint Servais (aujourd’hui Sainte Rolande)

 

 

Le conservatoire de la violette

Depuis 1994, les Serres municipales entretiennent une collection de plants de violettes et produisent de la violette de Toulouse. Plus de 1 000 pots et 130 variétés différentes en provenance de partout dans le monde sont ainsi à l’abri dans ce conservatoire.

 

 

 

 

 

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