Laurent Baffie ; « J’étais un p’tit cul-cul de Parigot qui faisait des conneries ! »

Laurent Baffie écume les plateaux télés de son irrévérence depuis les années 1990. Connu, entre autres, pour ses impostures et ses interventions sardoniques auprès des invités d’émissions, “Laurent Baffie est un sale gosse” n’est pourtant que son premier one man show. Un spectacle porté par l’ambition de «faire rire, faire réfléchir et pourquoi pas faire jouir».

 
Laurent Baffie, parlez-nous de ce premier one man show.
C’est un spectacle interactif où je raconte un petit peu ma vie comme les gens le font dans les one man shows sauf que moi j’interagis beaucoup avec le public de chaque salle. Cela part un peu dans tous les sens. Mais c’est un spectacle basé sur des surprises que je ne peux expliquer, ni raconter. Sinon les gens ne vont pas venir.

D’où provient l’idée de mettre en scène “Laurent Baffie est un sale gosse” ?
C’est une vieille envie. Je fais plein d’autres choses dans ma vie, je reportais sans cesse, et puis je trouve que c’est la bonne occasion. Cela fait partie des buts professionnels que je me suis fixés dans la vie. Et ce, depuis très longtemps. Après, j’ai beaucoup écrit pour Jean-Marie Bigard. Il était tellement bon que j’ai commencé l’expérience avec lui, par procuration.

Quel genre de “goss” avez-vous été ?
Un sale gosse, un petit cul-cul de Parigot qui faisait des conneries, qui trainait dans la rue, qui branchait les gens, qui piquait des clefs aux pompiers pour ouvrir des vannes dans le caniveau pour faire des geysers. Mais j’étais gentil, je faisais les courses aux mamies aussi.

 

«Le rire a une fonction sociale»

Le concept du one-man show est-il quelque chose de nouveau pour vous, dans la mesure où, par définition, vous êtes désormais seul face à un large public ?
Ce n’est pas nouveau dans l’idée parce que ça fait des années que je travaille sur des one man shows pour les autres. J’avais amorcé l’idée d’y aller tout seul pendant la pièce de «Sexe, Magouille et Culture Générale» (pièce montée en 2001, ndlr). Par contre ce qui est nouveau, effectivement, c’est que je suis seul face aux gens. J’appréhendais énormément d’ailleurs. Aujourd’hui je commence à aller mieux mais ce n’est pas un régal de se planter devant une centaine de personnes avec la prétention de les faire rire.

C’est aussi la première fois que vous parlez vraiment de vous…
Oui, exactement. On est un petit peu obligé de le faire dans un spectacle d’1h30. Je raconte mes débuts, mon enfance, mes petits boulots, des histoires sur ce qui s’est passé dans les coulisses d’Ardisson : les anecdotes les plus drôles de mon vécu.

Vous êtes seul sur scène mais vous privilégiez, encore une fois, l’aspect interactif. Est-ce que cette interaction avec le public, selon vous, est un passage obligé ?
Non. Il n’y a aucun passage obligé. C’est simplement des choses que j’ai envie de faire. C’est mon style, ma patte, mon contact avec les gens, mon fond de commerce.

Vous avez déclaré votre ambition de «faire rire, faire réfléchir et pourquoi pas faire jouir». Comment allez-vous «faire réfléchir» ? Quels thèmes allez-vous aborder ?
Je vais aborder des thèmes, par exemple sur l’éducation des enfants… (pause). Mais encore une fois, je ne vais pas dévoiler le menu de ce que les gens vont manger. Ce sera des trucs sur la vie de tous les jours.

Depuis quelques temps, les humoristes caustiques ont le vent en poupe, notamment à la radio. Pensez-vous que l’impertinence est devenue un fond de commerce ?

Ce succès est visible depuis tout temps. Les humoristes ont toujours cartonné à la radio, même avant Coluche. Les gens ont besoin de rire, ils ont aussi besoin de comique. C’est une fonction sociale. Et dans une société en bonne santé, il y a toujours des comiques qui font rire avec les travers de la société.

Outre ce spectacle, avez-vous d’autres projets ?
Oui. Je travaille sur un film, sur plusieurs pièces. J’ai toujours plein de projets parce que dans ce métier il y a un projet sur dix qui se fait, alors il faut toujours en avoir trente, pour en faire deux ou trois.

Pensez-vous que le public toulousain saura «jouir» ?
Le public toulousain a des organes en état de marche. Le public toulousain se reproduit. Il n’est pas asexué donc il n’y a aucune raison qu’il n’ait pas d’orgasmes à mon spectacle.

Propos recueillis par Matthieu Amaré


Laurent Baffie est un sale gosse
Vendredi 3 avril à 20h30
Au Casino Théâtre Barrière
Dans le cadre du Printemps du Rire


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