L’assault ; Quand la fiction renoue avec les événements passés

Le détournement du vol Alger-Paris de 1994 refait surface au cinéma dès le 9 mars prochain au travers le long métrage “L’Assaut”. Seize ans après le drame, Julien Leclercq fait revivre cet événement historique avec un réalisme surprenant.

 
“L’Assaut”, un film signé Julien Leclercq, sort dans les salles toulousaines le 9 mars prochain. Ce long métrage français relate l’histoire vraie du détournement d’un vol Alger-Paris, dont l’équipage est pris en otage le soir de Noël 1994. Tout commence lorsque quatre terroristes du GIA (Groupe Islamique Armé), prennent en otage les 277 passagers de l’Airbus A-300 d’Air France, qui doit relier la capitale algérienne à Paris. Personne ne connaît l’intention des quatre criminels. Ces derniers revendiquent la libération de leurs camarades d’armes et exigent un décollage immédiat de l’avion. Ce n’est qu’après de longues négociations diplomatiques tendues entre les gouvernements français et algériens ainsi que l’exécution de trois personnes à bord que l’avion quitte l’aéroport d’Alger. C’est au moment où l’Airbus d’Air France atterrit à Marseille-Marignane que tout bascule. Trois personnages : Thierry (Vincent Elbaz), un soldat du GIGN (Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale), Carole Jeanton (Mélanie Bernier), une technocrate ambitieuse et Yahia Abdallat (Aymen Saïdi), un djihadiste déterminé, se retrouvent au cœur de l’événement. Jusqu’au dénouement final, leurs logiques vont s’affronter. Et c’est devant 21 millions de téléspectateurs que l’assaut du GIGN va mettre un terme à cette prise d’otage sans précédent dans l’histoire du terrorisme.

Du réalisme…

Cet événement historique a marqué la mémoire de millions de spectateurs. Pour cette raison, Julien Leclercq a voulu respecter au mieux ce drame et ne pas en faire un film engagé. «Il réussit à raconter une histoire héroïque sans faire du GIGN des héros» signale Jeff, membre du GIGN présent sur place en 1994 et conseillant lors du tournage. Pour obtenir cet effet, le réalisateur n’a pas fait les choses à moitié. Sur les deux années qu’il a mis à composer le scénario, entre 6 et 7 mois ont été consacrés à la recherche et à la documentation. «Je voulais obtenir le maximum d’informations. J’ai parlé aux pilotes, aux hôtesses et également à une passagère, qui joue le rôle de Leïla dans le film. J’ai raconté son histoire d’amour, telle qu’elle s’est passée.» Par la même occasion, il est entré en contact avec le GIGN. «On a pu lui donner les détails de l’assaut, la façon dont on a procédé et, ainsi, lui permettre d’offrir aux spectateurs l’action établie par nos hommes à l’intérieur de l’avion, ce qu’on n’a pas pu voir à l’époque» explique Jeff.

 

… jusqu’au bout des ongles !

Faire le film est une chose, le jouer en est une autre ! Aymen Saïdi (dans le rôle d’Yahia) s’est, lui aussi, longuement documenté pour interpréter de la meilleure façon son rôle de terroriste. «Sur les conseils de Julien, j’ai regardé le film “Vol 9”. J’ai procédé à d’autres recherches pour essayer de deviner les raisons de cette folie et de comprendre ce qui motive leurs actes. C’est une remise en question quotidienne et un travail très intéressant.» Aymen n’est pas le seul à être entré dans la peau de son personnage. Les acteurs représentant les membres du GIGN ont suivi une formation spéciale dirigée par les réels composants du GIGN. «On leur a fourni un entraînement qui les met dans des situations difficiles, on leur a appris à se servir d’une arme. Porter nos uniformes, ça se mérite !» La frontière entre réel et fictif est difficilement perceptible. À tel point que même les dialogues entre la tour de contrôle et le cockpit sont, mot pour mot, les mêmes qu’en 1994.

Effet réussi !

«Faire le film n’a pas été difficile. C’est au moment de le voir que les émotions refont surface», confie Jeff. «J’ai fait une projection spéciale pour les Américains et les Chinois, cela leur a rappelé des images qu’ils avaient vues 17 ans auparavant.» Ce long métrage nous offre un retour dans le passé où tensions politiques, action, pleurs, angoisse et acte héroïque s’entremêlent et nous rappellent que ceci n’est pas une fiction. «On ne se rend pas compte de l’enfer qu’ont vécu les passagers durant 54 heures, ni de la difficulté qu’ont dû surmonter les membres de l’équipage. Ils ont assisté à l’assassinat des trois victimes à Alger et ont dû continuer à exercer leur fonction». Il ne faut pas oublier que ce n’est pas une histoire policière, mais un acte de guerre annonciateur du drame historique du 11 septembre 2001.

Céline Galbrun


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