L’arnaque mondiale

Cela fait maintenant bien des années que l’on nous ment, aujourd’hui nous en avons la preuve, le néo-libéralisme était un mensonge qui s’est propagé à la terre entière. Tous ceux qui aujourd’hui nous montrent un visage défait, laissant croire qu’ils découvrent avec stupeur et angoisse ce qui se passe sont des malhonnêtes. Leurs boniments de camelot au fil des années a fait de ravages, mais ils savaient tous qu’un jour l’explosion arriverait.
Comble d’ironie télévisuelle, nous avons eu droit en pleine crise à une rediffusion du film “L’arnaque”, suite à la mort de Paul Newman. C’est en effet une formidable arnaque à l’échelle mondiale que nous découvrons. Le pire, est que tous ceux qui sont à l’origine de ces dégâts planétaires plaident en continu «non coupable». A les entendre, ils ne pouvaient rien prévoir, ils sont les premières victimes etc. Les marchés financiers gonflés et surgonflés depuis des années, ils veulent nous laisser croire qu’ils ne savaient pas que c’était un danger permanent. Les bilans truqués, les créances pourries qu’ils se sont refilés, les faillites douteuses ou provoquées, les masses financières qu’ils ont gagnées en jouant à ce grand casino, tous voudraient encore nous intoxiquer avec leur étonnement feint.
Tout ce qui se passe était inévitable, mais ceux qui le dénonçaient, ceux qui hurlaient «casse cou» ceux-là personne ne voulait en entendre parler. Qu’ils soient économistes, politiques, ou journalistes, ceux qui dénonçaient le système néolibéral étaient qualifiés de pisse-vinaigre, d’empêcheurs de gagner de l’argent, d’oiseaux de mauvais augure etc.
Ce qui paraît plus grave, c’est que ces camelots du néolibéralisme ont enchanté les politiques au point que beaucoup, de droite comme de gauche écoutaient le chant des sirènes. La pensée unique qui a régné aux destinées des pays arrangeait tout le monde. Les chantres du désengagement des Etats, de la liberté des marchés à tout prix (ou à n’importe quel prix) l’argent facile et rapide. Tous ces arguments allaient dans le même sens, alors que ce sont les mêmes aujourd’hui qui réclament plus d’intervention des Etats, des nationalisations ponctuelles, le temps de se refaire.

Galériens contre arnaqueurs

Pendant trente ans ces apprentis sorciers ont menti en expliquant que la liberté des marchés était le seul moyen d’avoir de la croissance, que les Etats s’en porteraient mieux, que ces marchés sont capables de s’autoréguler. Mensonge relayé par les Etats qui au mieux n’y comprenaient rien, au pire espéraient en profiter. C’est au nom de ces marchés et de ces mensonges que les Etats ont privatisé à tour de bras, y compris la Poste en France qui est (ou était) sur le point d’y passer.
Malheureusement la semaine écoulée a montré les limites du système, les politiques ont pris peur, mais pas les financiers qui continuent obstinément à défendre le même système. Ils continuent même à s’enrichir grassement sur les pertes. L’Europe est le siège aussi de ce libéralisme inarrêtable et délirant. Nous avons vu quelles étaient les difficultés pour réunir ensemble tous les pays et comme il était impossible de les mettre d’accord. Dimanche dernier Nicolas Sarkozy a fait une intervention très remarquée et remarquable. Mais à bien y réfléchir, cette réunion a permis de prendre une décision pour la zone euro totalement claquée sur les propositions de Gordon Brown. Propositions venant d’un pays hors la zone Euro et faite par le néolibéral d’entre tous. C’est quand même un comble qui montre qu’ils ne comprendront jamais rien à cette crise, et surtout que personne ne changera.
Pour terminer, la chose la plus regrettable de cette crise, la grande leçon qu’il faudra en tirer, est la suivante : Les financiers qui se sont engraissés comme les oies à Noël continueront. Les politiques seront toujours aussi certains qu’ils ont raison même au cœur de la plus grande tourmente. Les habitants des pays vont payer. Ils vont payer économiquement les effets dévastateurs de cette crise. Ils vont payer avec les impôts toutes ces sommes mises dans le panier percé qu’est la finance mondiale. C’est injuste, c‘est immoral, mais c’est la vérité. La crise n’en est qu’au début et quand tous ces banquiers inconséquents seront au soleil à se reposer en comptant ce que la crise leur aura fait gagner, les “vulgum pecus” rameront pour se serre la ceinture. Travailler, écouter les beaux discours et ramer dur comme des galériens pour que les menteurs et arnaqueurs de la finance mondiale soient encore plus riches. Cela a commencé : AIG la compagnie d’assurances rachetée par l’état américain dépense des montagnes de fric pour ses actionnaires lors d’un congrès. La banque Fortis, à peine rachetée par l’état Belge et la BNP offre à ses VIP un repas au trois étoiles Louis XV de Monaco, le restaurant le plus cher de cette côte. Prix du repas 150 000 euros. Tout va bien donc pour ces financiers sans foi ni loi.
Pour les autres courage !

Patrick Crasnier


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