La voyance ? Tout a commencé à Toulouse…

Yolande Dechâtelet, extralucide toulousaine, reconnue pour la véracité de ses prévisions est aujourd’hui sollicitée en France comme à l’étranger. Sa particularité ? Elle côtoie la sphère scientifique et se prête avec entrain à diverses expériences, dont les conclusions sont sans équivoque : la chance et le hasard ne suffisent pas à expliquer ses «visions». Coquette et audacieuse, Yolande Dechâtelet, nous ouvre les portes de son cabinet de voyance. Et loin d’un repère de charlatan, nous découvrons une pièce chaleureuse qui annihile d’entrée toute confusion avec l’exubérance d’une madame Irma. Menant la vie dure aux habituels clichés, c’est détachée de tous gris-gris qu’elle «voit». Trois livres posés debout, un verre d’eau installé devant une bougie allumée et un linge recouvrant le tout, sont sa fenêtre sur le monde.Rencontre.

Comment avez-vous découvert votre don ?

J’étais très jeune. A l’école, à la maison, j’ai toujours su et vu des choses, mais je pensais que c’était normal, que tout le monde était comme ça. Je prévenais mes camarades : «Attention, tu vas tomber». Plus tard, je mettais mes proches en garde : «ne prenez pas votre voiture» ou bien je leur annonçais le déroulé de leur idylle naissante : «D’ici un an vous serez mariés»… Je crois que je ne réalisais pas très bien qu’il s’agissait d’une particularité. Mais c’est en arrivant à Toulouse, en 1973, que tout a vraiment commencé.

 

Votre arrivée dans la ville rose n’était donc pas un hasard ?

Non, je crois que tout a un sens. En 1973, j’ai quitté ma banlieue parisienne pour Toulouse, pour une très bonne raison que je ne connaissais pas à ce moment ! Et c’est l’histoire du «bois brûlé» qui en a été le déclencheur. En rentrant un soir, je sens une odeur de bois brûlé partout dans la maison. Ma fille ne sentait rien, pourtant je savais que quelque chose brûlait. Après avoir regardé partout, je suis allée me coucher et de mes draps, de mon oreiller, émanait toujours cette odeur… Le lendemain, aux aurores, mon mari me téléphone de Norvège. Ingénieur à l’époque, il était toujours sur les routes. Il me raconte alors qu’il a dû être évacué de son hôtel – fabriqué en bois- car il avait brûlé dans un grand incendie. Simultanément, j’entends Rémy Chauvin (scientifique du CNRS réputé pour repousser les limites de la science, ndrl) sur RMC. Bouleversée, j’appelle la radio et raconte mon expérience. Rémy Chauvin a alors diagnostiqué un cas unique de «voyance olfactive» et m’a dirigée vers Yves Lignon (mathématicien-statisticien) au laboratoire de parapsychologie à Toulouse.

 

Vous êtes l’une des rares voyantes à vous être prêtée à des expériences scientifiques, pourquoi ?

Lors de ma première visite au laboratoire, on m’a beaucoup fait parler puis Yves Lignon m’a demandé si je souhaitais me livrer à quelques expériences… Et ça a duré dix ans ! On me faisait deviner des chiffres, des formes géométriques ou des couleurs sur des cartes, on a testé mes capacités de télépathe, etc. Yves Lignon poussait les tests très loin, il me tendait des pièges ! Parfois j’échouais mais ce fut rare ! Il a fini par me dire : «Vous êtes LA grande voyante». Cela m’a énormément apporté, j’ai vu jusqu’où je pouvais aller. Et ces expériences me rassurent, cela me permet de garder les pieds sur terre, car ce talent surprend parfois et déstabilise beaucoup. Je crois que le professeur Lignon m’a donné confiance en moi. Il a été un maître pour moi, autant qu’un ami. Ces expériences m’ont aidée à pratiquer, comme un entraînement. Je n’ai jamais eu peur, même lorsque l’on me testait devant trente ou quarante médecins. Comme si j’étais sûre de moi, comme si, au fond, je savais.

 

Vous avez aussi côtoyé d’autres spécialistes ?

J’ai également fait des expériences avec le docteur Baux, ancien gynécologue-sexologue-hypnothérapeuthe, à la clinique Sarrus-teinturiers pendant une dizaine d’années. Il me mettait sous hypnose, ce qui me permettait de voir le passé de ses patients. Grâce aux informations rapportées, il détenait de nouvelles clefs pour les soigner. J’ai également fait des expériences au CNES et la police fait régulièrement appel à moi dans le cadre d’affaires criminelles. Ces spécialistes sont très intelligents car ils ne s’arrêtent pas aux frontières trop cartésiennes de la science. Ils cherchent ailleurs. Sinon, j’ai d’autres projets avec un scientifique toulousain mais je ne peux pas encore en parler.

«Ce talent doit me servir à aider les autres.»

 

Aujourd’hui à quoi ressemble votre quotidien ?

Je prends deux personnes par jour pour la voyance mais pas tous les jours, car c’est épuisant ! Lorsque j’en ai besoin, je vais me ressourcer à En Calcat chez les moines Bénédictins, ou sous mon marronnier. Quelquefois je vois ou pas. Mais c’est rare qu’il ne se passe rien. Dans ce cas, je préfère le dire, je ne raconte pas d’histoire. Mes visions sont incontrôlables, ça peut arriver à tout moment et c’est parfois embêtant : je peux être au restaurant et soudain, je vois des choses sur une personne. Je magnétise aussi, pour guérir et soulager les humains ou les animaux. Et depuis peu je reçois des informations sur les personnes décédées. De plus en plus souvent.

 

Les anecdotes qui vous ont marquée ?

Mes grandes prévisions bien entendu, comme l’annonce de crashs aériens ou encore de la mort de la petite Omayra lors de l’éruption du volcan Nevado des Ruiz, en 1985. J’ai vu une éruption, beaucoup de morts et cette petite fille dans l’eau. Je m’en souviendrai toujours, car l’information que j’ai reçue était «tout le monde la regarde». Or trois jours plus tard, le monde entier a assisté à l’agonie de cette petite fille, à la télévision. J’étais bouleversée. Pour des choses plus heureuses, un jour un homme vient me voir en me disant qu’il a perdu une enveloppe avec à l’intérieur 45000 euros de titres. Je lui dis d’aller chercher dans sa cuisine, dans le buffet derrière les verres à pied. Il m’a appelé une demi- heure après, il était sans voix. Mes expériences de télépathie avec Yves Lignon m’ont aussi fait décrire l’intérieur d’un appartement au Québec, alors que je n’y ai jamais mis les pieds. J’ai vu jusqu’aux dessins sur les tasses dans le placard !

 

Est-ce héréditaire ?

Ma mère avait certainement ce talent aussi : elle racontait toujours des choses qui arrivaient mais je crois qu’elle en avait peur, elle ne l’exploitait pas. Je peux le comprendre. J’évite d’avoir des visions sur moi ou mes proches, je ne veux plus le faire, c’est trop difficile. Il y a une vingtaine d’années, j’ai vu l’accident de voiture de mon fils que je n’ai pas pu éviter. Il a passé deux mois et demi dans le coma.
Peut-on tout dire à ceux qui viennent poser leurs questions ?

Non. Parfois il faut être habile, faire preuve de psychologie. Les personnes doivent partir de chez moi mieux qu’en arrivant. Je suis persuadée qu’il y a toujours un petit coin de ciel bleu quelque part, même dans les cas les plus dramatiques, et je leur montre qu’après l’épreuve il y a autre chose, que les souffrances ne sont pas là pour rien.
Comment expliquez-vous ce talent qui vous anime ?

Je ne peux pas l’expliquer. Je me suis longtemps demandée «Pourquoi moi ? Pourquoi je suis comme ça ?» Des médecins m’ont d’ailleurs mis des électrodes partout, pour étudier ce qui se passait dans mon corps. La conclusion est que tous mes sens sont décuplés et ainsi la souffrance mais aussi la joie ! Parfois on ne me comprend pas, je dois être différente. On me dit si souvent que j’ai de la chance, mais je n’en suis pas si sûre… C’est aussi difficile à vivre et à gérer. Aujourd’hui je le vis beaucoup mieux, je sais que c’est pour aider les autres. C’est la raison pour laquelle je suis bénévole. Si les gens veulent me payer, je reverse l’argent à des associations. La plus belle récompense pour moi, c’est quand je reçois des lettres de personnes que j’ai aidées, des dessins d’enfant, etc. Certains me disent que je suis leur ange…

Aurélie Renne



2 COMMENTAIRES SUR La voyance ? Tout a commencé à Toulouse…

  1. maurice dit :

    ou trouver l adresse et tel de yolande DECHATELET ? Merci de me répondre

    • maurice dit :

      ou trouver l adresse de Yolande DECHATELET ? Merci

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