La Tunisie; Force Tranquille du Maghreb

Pourquoi le nier, la France entretient avec la Tunisie, des liens privilégiés et anciens. Et aujourd’hui, comme hier, il est heureux que de chaque côté de la Méditerranée, des femmes et des hommes responsables restent des artisans inlassables pour saisir toutes les opportunités susceptibles d’asseoir toujours un peu plus ce rapprochement franco-tunisien.
Autant de décideurs qui ne peuvent, aujourd’hui, que se réjouir d’avoir eu raison, avant les autres, de croire en la réussite du modèle Tunisien, montré partout en exemple dans le Maghreb, mais pas seulement.

 
Alors oui, on se doit de souligner la qualité et l’intensité du partenariat qui unit la France et la Tunisie, comme le rappelait voilà peu à Tunis, le Président de la république. En effet, à cette occasion, Nicolas Sarkozy exprimait à l’attention du Président Zine El Abidine Ben Ali, tout cet attachement et «cette profonde sympathie mutuelle, amicale et ô combien respectueuse de valeurs nobles au sens le plus fort du terme». Traduisant, s’il en était besoin de la juste nature de nos relations.
Et puis, faut-il le rappeler, pour nous Français, la Tunisie n’est pas simplement un client ou un fournisseur. C’est surtout un pays ami, dont nous avons apprécié la solidarité à maintes reprises, y compris dans des périodes très difficiles de notre histoire.

 

Sur le plan économique, la France représente pour la Tunisie, et à tous les points de vue, le partenaire de premier ordre : premier investisseur, premier partenaire commercial, premier partenaire financier et premier pays en nombre de touristes, avec plus de 1,5 millions de visiteurs français chaque année. Sans oublier dans ce palmarès, et sans vouloir le détailler, que plus de 1 000 entreprises françaises, dont  Danone, Valéo, Labinal, Carrefour, Accor, Latécoère, Eads, Total, la Société Générale, pour ne citer qu’elles, sont représentées dans ce pays. Autant de savoirs, de technicités que de valeurs humaines partagés, bien encouragés par la proximité géographique de nos deux pays. Mais aussi par des femmes et des Hommes d’engagements et de valeurs qui ont su au fil du temps tisser des passerelles, comme Badra… et Tony Cassarino qui voilà plus de 10 ans ont créé les “Confluences Internationales” que saluaient voilà peu les instances diplomatiques des deux pays.
Mais que l’on ne s’y trompe pas, la France pourrait demain voir sa position historique, si cela n’est déjà fait, contestée par des liens économiques croissants avec la communauté européenne, mais aussi et surtout avec le Proche Orient. Rappelons-nous, en 2002, l’Egyptien Orascom commençait par remporter un premier marché de téléphonie mobile aux dépends de groupes français et européens. Avant que Dubai Tecom-Dig, au nez et à la barbe des géants français ou européens comme Vivendi Universal, ne rachète 35% du capital de l’opérateur public Tunisie télécom. Voire, sur le plan de l’immobilier les groupes Emiratis Dubai holding ou Al Maâbar international investements company qui arrivent également en force avec de méga-projets immobiliers et d’infrastructure en concrétisant des engagements annoncés à plus de 20 milliards de dollars. Par ailleurs, la Tunisie, qui est membre de l’Organisation Mondiale du Commerce, est notamment le premier pays de la rive sud de la Méditerranée à avoir conclu un accord de partenariat et de coopération avec l’Union européenne, suscitant notamment l’instauration d’une zone de libre-échange.

 

L’Exemple économique…

Pourtant au-delà des textes et des accords techniques, la Tunisie et la France partagent surtout de grandes affinités humaines, historiques et culturelles, qu’il s’agisse de la langue française, de nos droits et de nos institutions, voisins sur bien des points, ou encore de nos multiples coopérations en matière éducative comme scientifique.
Ce patrimoine immatériel représente un atout précieux pour la Tunisie, car l’une des clés de la réussite du “modèle tunisien” tient autant aux réformes économiques réalisées dans ce pays depuis une vingtaine d’années que dans la priorité accordée à la qualité et à la valorisation de ses ressources hu-maines, notamment à travers une profonde rénovation du système éducatif et de la formation professionnelle.

 

Sait-on en France, que chaque année l’Académie internationale de droit constitutionnel de Tunis, attire les plus éminents juristes européens ? Que dans le domaine des sciences appliquées, la réussite de la technopole de l’Ariana, à quelques kilomètres de l’aéroport international de Tunis, bénéficie d’une reconnaissance et d’un rayonnement qui dépasse très largement le seul cadre africain ?
La Tunisie est aussi le pays émergent où la croissance économique et les progrès hu-mains sont les plus équitablement répartis, avec le développement d’une classe moyenne influente et gagnée aux idéaux démocratiques. Sans oublier l’égalité effective entre hom-mes et femmes, comme il n’en existe pas dans les pays de la région, voire même, n’ayons pas peur de le dire, dans bon nombre de pays de notre vieille Europe.
Chaque jour, avec le recul de la pauvreté comme de l’exclusion, le tout concilié à un effort éducatif massif, la Tunisie témoigne de la confiance qu’elle place dans ses femmes et ses hommes, dans sa jeunesse, son avenir. Autant d’engagements pérennes qui ne peuvent que renforcer l’Etat de droit et la consolidation de la démocratie.

La question des Droits de l’Homme…

 

Reste, me direz-vous, la question des Droits de l’Homme et des libertés en Tunisie. Une question périodiquement soulevée par la presse occidentale, qui oublie de balayer devant sa porte. Une question à laquelle avait d’ailleurs déjà répondu, en son temps, le Président Jacques Chirac, lors d’un passage en 2003 à Tunis : «Le premier des Droits de l’homme, c’est d’être sûr de manger à sa faim, d’être soigné, de recevoir une éducation et d’avoir un habitat», avait-il déclaré à des journalistes médusés. Comme il avait raison, car qui peut dire, qui peut nous faire croire que dans notre beau pays, la France, toujours prompte à donner des leçons, nous sommes tous logés à la même enseigne ? Particulièrement en ce qui concerne, l’éducation, la formation, la santé, l’impôt, la justice, le droit, la sécurité et même la liberté de penser ; finalement tout ce qui fait la résonance de ce qu’on appelle les Droits de l’Homme. Oui, cessons de vouloir donner des leçons aux autres, et essayons d’être un peu plus humbles, un peu plus responsables. 

 

La Tunisie est un pays de paix et de cohésion sociale engagé depuis plus de 50 ans, de manière résolue et irréversible, sur la voie de la modernité. Sachons le reconnaître et la respecter…
Grâce à une politique cohérente de développement, elle a réalisé une croissance qui a profité à toutes les couches sociales de la population. Ici, la pauvreté diminue, avec seulement 4,2 % de la population en dessous du seuil de pauvreté. Le taux de couverture sociale a augmenté pour atteindre aujourd’hui un peu plus de 80 %… Elle a su renforcer les bases d’une économie émergente et compétitive et créer les conditions pour que la croissance profite à l’éducation, à la formation, à l’emploi : à tous les Tunisiens. 
La Tunisie apparaît moderne, solide, stable, résolument engagée dans les réformes et plus particulièrement dans la modernisation de son économie, tout en ayant su préserver et même consolider sa culture propre.
Aujourd’hui, ce pays charnière entre l’Europe et l’Orient, fait preuve d’une grande capacité d’adaptation aux fondamentaux de l’économie internationale. Il a pris conscience de son rôle à jouer des deux côtés des rives de la méditerranée, sur le plan économique comme humain.
Que l’on ne s’y trompe pas, la Tunisie est le partenaire d’avenir pour la France sur le plan économique, comme géopolitique, mais que l’on se doit de mériter.

 

André-Gérôme GALLEGO
andreg@aol.com


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