AMAP: sonne l’heure de la revanche ?

Premières nées d’une volonté dans l’air du temps d’aider l’agriculture locale et de mieux se nourrir, les AMAP ont lancé il y a plusieurs années la folie des « circuits courts ». L’idée ? Mettre en relations producteurs et consommateurs. Depuis, l’idée a fait du chemin et à Toulouse les structures poussent comme des champignons. Le Journal Toulousain a enquêté sur les AMAP et leurs congénères.

En 2001 naissait la première AMAP, dans le Var. Depuis elles se sont essaimées un peu partout en France et Toulouse intra-muros en compte une centaine à elle seule. « En Midi-Pyrénées, on en recense plus de 160 », explique Philippe Clavières, membre du CA du réseau régional, « l’essentiel étant situé à Toulouse. » Lui-même dirige l’AMAP cosmonautes « légumes », l’une des sept structures créées sur le site d’EADS Astrium. « Plusieurs dizaines d’AMAP « non officielles » (n’appartenant pas au réseau, ndlr) ont également vu le jour un peu partout. Au total, ce sont plus de 200 AMAP dans toute la région. » Une région dynamique, puisqu’elle fut la seconde après Paca à se lancer dans l’aventure solidaire. Car l’épicentre de l’AMAP est bien là : « Ce n’est pas vraiment un service au consommateur mais plutôt une alternative économique écologique et sociale au système marchand pour sortir d’une opposition destructrice entre producteurs et consommateurs », indique Philippe Clavières.

5 fruits et légumes par jour ?

S’engager dans une AMAP est un sacerdoce du consommateur pour aider un agriculteur de sa région à pérenniser son exploitation. Un engagement qui se transforme parfois en sacrifice comme l’indique Michèle, mère de famille qui a adhéré en 2012 pour la première fois : « parfois nous n’avions strictement rien dans le panier, ou à l’inverse une dizaine de choux ! » Un constat s’impose : le concept d’AMAP n’est pas adapté à tout le monde : « Il faut accepter de modifier son alimentation, de cuisiner, de faire des conserves ! » se défend Philippe Clavières. Nathalie Bottan, une ancienne « amapienne » a fait plus que d’en critiquer le concept : elle a créé une structure adaptée à un profil tout autre : « 7 kilos de courgettes en une semaine m’ont autant écœurée qu’inspirée », plaisante-t-elle, « le concept est formidable pour les familles qui ne partent pas trop pendant l’année.» Pour les autres, elle crée en 2010 « Mon panier de campagne », un concept de panier livré à domicile offrant la possibilité de manger local, de qualité tout en restant flexible : « il n’y a pas d’abonnement, chacun fait ce qu’il veut ! » Le panier est modifiable, on peut à sa guise ajouter ou supprimer des éléments.

Panier, box, cueillette, à chacun sa formule

Un concept qui n’en est plus à ses balbutiements : La ruche qui dit oui, Biobox, Com3pommes, etc. Chacun affiche sa spécialité, du bio à la livraison en entreprise ou à domicile. « Attention à ce qui est affiché », lance Nathalie Bottan, « il est facile de se retrouver avec des produits qui ne sont même pas de saison. Inutile de préciser qu’ils ne viennent pas du coin ! » Biobox précurseur en matière de panier bio, ne se sent pas menacé par les alternatives à sa formule, il faut dire que les marges annoncées vont de 10 à 30%, un système qui, s’il a mis quatre ans à réellement s’installer, approvisionne aujourd’hui 150 clients par semaine. Côté AMAP, on ne regarde pas d’un très bon œil le développement de ces formules « flexibles » ajoute Philippe Clavières: « C’est totalement en concurrence avec notre système. Malgré tout ce dernier se maintient.» S’il était en constante évolution depuis ses débuts, on constate pourtant une stagnation de l’évolution du nombre de membres ces trois dernières années… « Notre frein, c’est surtout le système du bénévolat», termine-t-il, puisque tous les membres donnent gracieusement de leur temps pour le réseau. Et pour ceux qui veulent soutenir l’agriculture locale en passant par des circuits courts, tout en s’assurant de la provenance et la qualité de leurs produits, il est possible d’aller ramasser et cueillir ses propres fruits et légumes dans une dizaine d’exploitations en région toulousaine.

« Les circuits courts ne devraient pas décoller à moyen terme »

Des concepts aux subtilités à saisir avant de choisir l’alternative la plus adaptée à sa situation. Pourtant selon le cabinet d’étude Xerfi, si la vente en circuits courts est vouée à progresser ces prochaines années : « la persistance d’un contexte économique dégradé et la difficulté à élargir la cible clientèle freinera leur développement.» Les ventes en circuits courts AMAP ou panier ne devraient donc pas décoller à moyen terme. Les agriculteurs, eux fondent tous leurs espoirs dans ce concept : « au début on nous a regardés comme des brebis galeuses », avoue Christine Roncato, maraîchère à Aussonne, « le problème c’est qu’il faut de l’expérience, savoir se renouveler et rebondir pour donner à manger aux gens toute l’année !» Avec son mari, ils vivent à 90% du système de l’AMAP. Pour le reste, ils fournissent aussi « mon panier de campagne » : « nous avons largement gagné en qualité de vie » raconte-t-elle, « on est au contact de consommateurs et l’amplitude horaire de travail n’a rien à voir ! » Pour eux, ça a tout de suite marché : « en trois mois, on était complets ! »

 

 

Le chiffre :

2000 : c’est le nombre d’adhérents à une AMAP appartenant au réseau en région toulousaine

 

A chacun son panier…

www.amapreseau-mp.org/

www.laruchequiditoui.fr

www.mon-panier-de-campagne.fr/

www.biobox.fr/

www.com3pom.fr/

www.lespaniersgaronnais.com/



UN COMMENTAIRE SUR AMAP: sonne l’heure de la revanche ?

  1. Pierre VILLEMINOT dit :

    Un article incomplet à mon avis, parce que donnant la part belle, trop belle …, aux AMAP.
    Client de Biobox depuis quelques mois, je suis
    d’une part très satisfait de la variété des produits proposés, ce que je n’avais pas avec une AMAP,
    d’autre part convaincu que le distributeur (Biobox en l’occurrence) ne profite pas du système, vu les tarifs pratiqués.
    Sans compter que nous pouvons être exigeant, ce qui est plus difficile quand nous sommes en contact direct 1avec le producteur.
    Je conseille donc d’essayer la formule de panier bio.

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