La nouvelle façon de consommer des Toulousains

Avec la crise, les ménages adaptent leur consommation en recherchant la moindre économie à faire sur son budget. A Toulouse, les bons plans existent aussi et les habitudes changent. Petit tour d’horizon non exhaustif des pratiques incontournables en ces temps difficiles.

 
La course aux discounts

Consommer moins cher, c’est aujourd’hui possible avec l’explosion des supermarchés discount partout en France. Lidl, Leader Price, Aldi, Netto et Ed, au total 56 magasins en Haute-Garonne. Crise oblige, les consommateurs sont de plus en plus nombreux à se rendre dans des enseignes low cost, le plus souvent pour compléter le caddie de courses effectuées dans les grands magasins. Alors les discounts ont décidé de se développer et d’intégrer de grandes marques dans leurs rayons. Aujourd’hui, on peut donc trouver des biscuits ou des fromages réputés à prix cassés chez Lidl par exemple.
Certes, le cadre de ces magasins reste très dépouillé et on ne se rend pas chez les discounters pour flâner ou faire du shopping. Les grandes enseignes l’ont compris et proposent désormais elles aussi des produits à prix bas, des “marques repères”. Mais moins cher rime-t-il toujours avec moins bon ? Pas certain : les aliments discount ne seraient pas plus gras ou caloriques que les autres. Une étude de l’association Consommation Logement et Cadre de Vie (CLCV) assure même avoir «souvent constaté l’inverse» et conclut que nombre de ces produits «ont des recettes très comparables aux produits plus chers».

 

Et le discount ne se décline pas qu’en termes d’alimentation. On retrouve déjà depuis plusieurs années des magasins déco à bas prix comme Gifi, La Foir’Fouille ou Tati, ou de vêtements de marques dégriffés comme le Stock Américain. A Toulouse, on peut même se procurer des produits déstockés de l’armée US chez Surplus Hector (17 rue de la Bourse) ! Désormais, le discount se décline à toutes les sauces : L’Univers du Discount à Deyme propose une gamme de DVD et jeux vidéo défiant toute concurrence ; le réseau Garden Price de jardinerie et animalerie devrait bientôt s’installer dans la banlieue toulousaine ; et l’enseigne Carter Cash, appartenant à Norauto, offre des pièces auto et des services d’entretien à prix cassées à Portet-sur-Garonne.
L’autre grand phénomène reste les pharmacies discount, véritables remèdes à la vie chère. A Toulouse, entre la place Wilson et le Capitole, les clients se succèdent sur le trottoir en une file interminable pour accéder à l’officine la plus compétitive de France : la pharmacie Lafayette. On y trouve les médicaments non remboursés les moins chers du marché et un rayon parapharmacie à prix soldés. Malgré le succès retentissant de cette enseigne, d’autres professionnels mettent en garde contre la pratique des prix cassés sur les médicaments : «On ne joue pas avec la santé des gens. Proposer des produits potentiellement dangereux à prix bas peut entraîner des dérives. Bientôt, les médicaments seront en libre-service dans les supermarchés ! De plus, les gens sont de plus en plus nombreux à se rendre dans cette pharmacie, le personnel est débordé, et je ne suis pas sûre que la prise en charge du client soit de ce fait optimale», confie Nathalie, pharmacienne dans la banlieue toulousaine.

 

Le succès des vide greniers

Chiner, troquer, négocier… Les Français sont plus de 15 millions chaque année à déambuler dans les vide greniers, véritables succès populaires en ces temps de crise. Tout est bon à vendre et à acheter, du bibelot au vêtement de marque en passant par le simple briquet ou l’objet ancien et rare, dans une ambiance toujours conviviale. Les journées consacrées à ces ventes en plein air se multiplient dans les quartiers de Toulouse et les communes alentour : par exemple, le week-end des 16 et 17 mai, on ne comptait pas moins de 68 vide greniers dans le département ! Et aujourd’hui, ce rendez-vous se décline sous toutes les formes : vide greniers enfants, vide jardins, vide greniers champêtre ou étudiants…
Alors que le budget des ménages diminue de jour en jour, ce système D permet de se procurer des produits encore en bon état, voire neufs, et à moindre coût. Si les vide greniers représentaient au départ une sortie idéale pour les dimanches en famille, les comportements se modifient : «Les gens ne viennent plus simplement pour se balader mais pour dénicher des affaires.
D’ailleurs, les vendeurs proposent de plus en plus de vêtements, au détriment des babioles qui n’intéressent plus la majorité des visiteurs. De l’autre côté, les vide greniers permettent à beaucoup de monde d’arrondir ses fins de mois ou de faire gagner à ses enfants l’argent de poche, tout en se séparant de choses inutiles», explique Chantal, adepte des vide greniers. Mais s’il est facile de trouver un jean à 3 euros ou des livres à 1 euro dans ce paradis des bonnes affaires, on peut également tomber sur des vendeurs peu scrupuleux. Les vide greniers sont en effet une occasion tentante pour les receleurs de revendre des matériels volés comme des pièces détachées de véhicules ou des objets d’art. Autre phénomène en hausse, la présence de brocanteurs ou d’antiquaires qui se servent de la crédulité des particuliers : «Il est très courant de voir des professionnels acheter des objets de valeur à très bas prix, profitant de l’ignorance des particuliers. Ils les revendent ensuite très chers, parfois sur le même vide greniers !», constate Danielle, chineuse dans l’âme. Alors gare aux faux vendeurs et n’oubliez pas le maître mot du vide grenier : marchander !
Pour consulter tous les vide greniers de la région, date par date : http://vide-greniers.org/

 

Des menus à la carte !

Pay what you want ! C’est le nouveau concept à la mode en Angleterre dans le milieu de la restauration. Le client dispose de plats à la carte dont le prix est laissé à sa libre appréciation. A Toulouse, le système a fait un émule : le Mare e Monti, établissement de spécialités italiennes ouvert depuis de nombreuses années (8, rue Tripière. Tél : 05.61.22.16.16), a décidé de développer le “Payez ce que vous voulez” sur sa gamme de pizza. Le menu est fixé à 2 euros obligatoires pour la boisson mais la pizza choisie sur la carte est en paiement libre. «Chacun fixe son juste prix», explique le directeur du restau Laurent Serre. «Nous proposons cette formule midi et soir du lundi au mercredi, avant tout pour attirer la clientèle et nous faire connaître. Nous savons également que les gens ont du mal à joindre les deux bouts en ces temps de crise.» Malgré les difficultés de porte-monnaie des Toulousains, les responsables du Mare e Monti ne sont pas déçus : «Les gens sont très contents et rares sont ceux qui ne nous laissent qu’1 euro. En moyenne, les clients laissent un prix proche de ceux fixés sur la carte : entre 8,50 et 13,80 euros.» Le “Payez ce que vous voulez” permet également de stimuler les pizzaïoli pour présenter des plats de qualité : «On se remet sans cesse en question car on ne peut pas se permettre de proposer au client de fixer son propre prix si la pizza n’est pas réussie.»
Mais d’autres restaurants se mettent aussi au diapason en mettant en place des “menus crise” ou des formules pas chères afin de lutter contre la récession mais également contre la montée en puissance des fast-foods et sandwicherie. Ainsi, il est possible de déjeuner correctement avec la plupart du temps une entrée, un plat et un dessert dans plusieurs établissements. Par exemple “Chez les Filles” (boulevard Pierre Sémard), à “La Pause Café” (rue Joseph Lakanal), à la “Crêperie du Taur” (rue du Taur), à la “Maison des nems” (rue Gambetta), à l’“El Dayaa” (boulevard Lascrosses) ou “Au gascon” (rue des Jacobins).

Sophie Orus


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.