La LGV toujours à la une

Les acteurs locaux continuent à se mobiliser pour l’aboutissement du projet de LGV Bordeaux-Toulouse-Narbonne.

L’arlésienne, c’est ainsi que l’on pourrait intituler le projet de LGV sur un tracé Bordeaux-Toulouse, que beaucoup espèrent voir se prolonger direction Narbonne. Car en effet, ce dossier qui est sur toutes les lèvres depuis maintenant de longues années n’arrive toujours pas à avancer de manière concrète… Et alors que tout semblait désormais «sur les rails», le nouveau ministre du budget Jérôme Cahuzac a semé le trouble durant l’été en posant la question de la rentabilité de ladite ligne, et crise oblige, en déclarant que «le gouvernement n’aurait pas d’autres choix que d’abandonner certains projets.» Des propos qui auront eu le mérite de réveiller les ardeurs des élus locaux et des défenseurs forcenés de ce dossier : «Nous ne pourrions pas comprendre que la 4e agglomération de France reste à l’écart de la modernité, à l’écart du TGV» a dénoncé ouvertement Jean-Louis Chauzy, président d’Eurosud Transport, au cours d’un point presse. C’est donc dans l’objectif clair d’un maintien de la pression vis-à-vis des pouvoirs publics («Nous ne voulons pas être dans le toboggan des renoncements») que Jean-Louis Chauzy a tenu à organiser le 13 novembre prochain un colloque afin de mettre en avant tous les arguments qui plaident en faveur de la LGV Bordeaux-Toulouse-Narbonne. Didier Gardinal, président de la CCI de Midi-Pyrénées, était également présent devant la presse pour défendre le projet : «La LGV c’est du business, de l’économie et de la dynamique. Elle est aussi la réponse à la question du deuxième aéroport.»

Le message est pour le moins sans ambiguïté, l’économie régionale ne supporterait pas de passer à côté d’une telle opportunité : «Dans cette période de crise, ce projet va générer des milliers d’emplois.» Même son de cloche du côté de Bruno Cavagné, président de la fédération régionale des travaux publics : «Je n’arrive pas à croire que l’on ne puisse pas avoir ce Bordeaux-Toulouse. Dans les TP, 1 million de travaux, ce sont huit emplois à la clé… Faites le calcul !» Le coût de ce chantier serait évalué à environ 4 milliards d’euros mais avec un financement public-privé : «Il faut savoir accepter des modes de financements innovants. C’est d’ailleurs parce que nous les acceptons que nous sommes audibles» défend Jean-Louis Chauzy. Le match est donc lancé entre le gouvernement (le ministre des transports Frédéric Cuvillier a initié une commission parlementaire sur le sujet) et les acteurs locaux. A l’issue du colloque du 13 novembre prochain (le trio Malvy-Izard-Cohen), la synthèse des travaux servira de base dans les échanges à venir avec les pouvoirs publics : «Les prolongations se feront dans le bureau du ministre» a ironisé Jean-Louis Chauzy.

Thomas Simonian



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