La LGV à l’horizon 2030

Il y a quelques jours Pierre Cohen avait rencontré François Hollande pour échanger sur le devenir du projet LGV. A l’issue de ce rendez-vous élyséen, l’édile toulousain se disait confiant… Car toutes les rumeurs bruissaient depuis de longs mois sur ce fameux dossier, les déficits publics étant tels que l’Etat envisageaient sérieusement de mettre le projet d’une ligne TGV Bordeaux-Toulouse entre parenthèses. Depuis les choses se sont accélérées avec la publication du rapport Duron le 28 juin dernier, qui préconise la construction de cette ligne à l’horizon 2030. La nouvelle a provoqué des appréciations diverses de la part de la classe politique toulousaine. La réaction du maire Pierre Cohen reste enthousiaste, mais révèle tout de même une prudence devenue quasi coutumière : « Les conclusions du rapport confirment la nécessité de raccorder Toulouse au réseau de la grande vitesse. Les collectivités restent totalement mobilisées et attendent la confirmation des préconisations du rapport par le gouvernement. » Du côté de l’opposition, et de Jean-Luc Moudenc en particulier, le ton monte d’un cran, et la pilule semble difficile à avaler. 2030… semble bien trop loin pour celui qui vise le Capitole en 2014 :  « Tout en reconnaissant l’intérêt du projet, la commission Mobilité 21, présidée par le Député PS Philippe Duron, préconise de retarder la LGV Bordeaux-Toulouse à 2030, soit 10 ans de retard ! Les socialistes toulousains, Pierre Cohen en tête, ont trahi l’intérêt de notre ville, puisqu’en Conseil de Communauté urbaine, ils ont fait voter un texte exprimant leur satisfaction sur cette situation. » Christine de Veyrac, députée européenne UDI et candidate déclarée aux municipales a quant à elle lancée une pétition sur le web, « Mobilisons-nous pour le TGV à Toulouse ! » (www.tgvtoulouse.fr). Philippe Lasterle, ex-candidat à la présidence de l’UDI 31, se dit lui optimiste sur la suite qui sera donnée aux préconisations dudit rapport : « Le rapport Duron reconnaît de façon incontestable le caractère rentable et prioritaire de la LGV Bordeaux/Toulouse qui devra « se concrétiser dans les meilleurs délais ». » Les plus contestataires à ce projet demeurent les écologistes, qui doutent même de la sincérité des préconisations : « A moins qu’il s’agisse avant tout de reporter à plus tard l’abandon d’un projet infaisable… » ont donc lancé les élus EELV de la région et de la mairie de Toulouse dans un communiqué commun. Des écologistes qui depuis plusieurs années se sont prononcés contre la réalisation d’une telle ligne tout en préconisant « une rénovation de l’existant. » Le dossier LGV à Toulouse est donc loin d’être clos, d’autant que Pierre Cohen a confirmé son projet d’un nouveau quartier Matabiau…

 

Thomas Simonian

 

L’œil de notre chroniqueur éco

 

Patrick Aubin sceptique sur les besoins

 

« Au fond je ne suis ni pour, ni contre… mais sur ce type de dossiers, il faut toujours faire en fonction des besoins. Or, aujourd’hui les décisions publiques sont prises sans en tenir compte. C’est ainsi que l’on pourrit l’économie : en ne faisant pas selon l’intérêt général, et en exigeant que ceux qui n’aiment pas prendre le train financent malgré eux ce projet… »



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