La Grande Sophie a mûri

On se souvient d’elle débordante d’énergie et d’humour avec ses 1m78, faisant de la scène son jardin. Mais à 40 ans, la Grande Sophie revient avec un tout nouvel album, «Des vagues et des ruisseaux», où elle se livre dans une ambiance acoustique et des textes subtils. Elle sera au Bikini le 30 avril pour un concert «organique» et des retrouvailles avec le public toulousain.

 
Sophie, vous êtes une artiste complète : auteur, compositeur, peintre… Pourquoi avez-vous choisi la musique ?
J’ai commencé la guitare enfant en autodidacte avant de faire deux années de conservatoire. A 13 ans, j’ai monté mon premier groupe rock dans mon garage ! Depuis ce temps-là, je n’ai jamais cessé d’écrire, même après avoir obtenu mon BAC. A l’Ecole des Beaux-arts, je faisais même des expositions en musique ! Puis je me suis dit que je pouvais conserver la peinture pour mes vieux jours et me consacrer pleinement à la chanson. J’ai fait un bout de chemin avec l’association Life Live en jouant dans des bars à Paris jusqu’à mon premier album. Puis, les gens ont commencé à m’identifier à travers des tournées, et un titre en particulier, “Du courage”, qui est pas mal passé en radio.

En 2005, vous remportez la Victoire de la Musique de la Révélation Scène. Cette récompense a-t-elle dynamisé votre carrière ?
Bien sûr. Beaucoup de gens m’ont découverte ce soir-là, et avec l’album “La suite” j’ai eu beaucoup plus de public, à tel point que j’ai fini ma tournée au Zénith. Par rapport au choix que j’ai fait de donner la priorité à la scène, cette victoire fut une grande fierté.

Justement, beaucoup d’artistes comme Anaïs ont commencé par la scène avant de sortir des disques. Est-ce un parcours obligé aujourd’hui ?
C’est à chacun de voir. Personnellement, j’adore le rapport au public et je sais que des artistes préfèrent sortir des albums et ne pas partir en tournée. Etre sur scène fait partie de ma vie. Un concert est toujours éphémère, spontané, chaque soir est unique.

Vous sortez un nouvel album «Des vagues et des ruisseaux». Ce titre est très imagé, que signifie-t-il ?
Pour moi, ce titre est vraiment ce que je suis. D’un côté l’énergie qui me caractérise et de l’autre le calme et l’introspection que j’ai voulus dans ce disque. Je suis quelqu’un de très pudique et, jusqu’à maintenant, j’avais du mal à livrer des choses intimes. Je les noyais dans les rythmes entraînants. Là, j’ai essayé de me livrer.

 

«Consciente du côté superficiel du métier»

Cette subtilité est-elle liée à votre maturité ?
Heureusement ! J’en suis à mon 5ème album et chacun correspond à une période et à une envie. Pour le dernier, je voulais ce côté acoustique et personnel. Ça fait partie de mon évolution. Pour ce disque, j’ai pris le temps, ce qui est une nouveauté. Je me suis enfermée toute seule et j’ai préparé cette tournée en solo. Cette intimité m’a nourrie et poursuivie. Je suis très contente de ces nouvelles chansons car je pense que je pourrais les interpréter toute ma vie.

Dans ce disque, vous reprenez un titre de Barbara “Dis quand reviendras-tu ?”. Pourquoi cette artiste et pourquoi cette chanson en particulier ?
J’ai eu la chance de la voir en concert à Mogador. J’ai un souvenir très précis de son entrée sur scène, de son charisme et de ce qu’elle dégageait pour les gens. Elle a conforté mon idée qu’il faut soigner la scène et l’introduction des concerts. Barbara m’a donné une leçon. D’autre part, je ne me suis jamais empêchée de faire des reprises : j’adore cette idée de faire traverser le temps aux chansons et de se les approprier. Pour moi, Barbara est l’emblème de la chanson française et je ne me suis pas privée de reprendre ce titre qui va bien avec la couleur de l’album.

“Dans le show-biz” est une chanson qui se moque du strass et paillettes. Comment réagissez-vous face à la notoriété ?
C’est ma petite satire mais je le fais avec le sourire car si j’ai pu écrire cette chanson, c’est que j’ai déjà un pied dans le show-biz. J’ai conscience du côté superficiel et ingrat du métier qui veut que si vous passez de mode, vous pouvez retomber très bas. Le principal est de faire vivre ses envies et de continuer à écrire des chansons.

Comment se déroulent vos concerts sur cette nouvelle tournée ?
Je suis entouré de trois musiciens instrumentistes et je fais avec eux des mélanges entre les derniers titres et les chansons plus anciennes. On va voyager d’émotions en rythmes et retrouver mon énergie mais aussi cette teinte plus acoustique. Le piano, la batterie et la grosse caisse sont toujours à mes côtés… et je prépare des surprises. Je suis ravie de découvrir le nouveau Bikini et, de toute façon, à Toulouse il y a toujours un très bel accueil !

Sinon quels sont vos projets futurs ?

J’ai peu de temps pour écrire mais j’aimerais m’y remettre assez vite pour composer des pièces musicales. J’ai envie de collectionner des atmosphères sans paroles comme pour des musiques de films…
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Propos recueillis par Sophie Orus

La Grande Sophie en concert
Jeudi 30 avril à 20h30
Au Bikini


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