La gauche au Capitole ; Trois ans déjà… Trois années de trop ?

Entre «rendez-vous manqués» et «cartons rouges», les groupes d’opposition municipale Toulouse Métropole et Toulouse pour Tous dressent un premier bilan critique à mi-mandat du maire de Toulouse Pierre Cohen et de son équipe.

 
L’actualité politique de la semaine a été marquée par des rendez-vous organisés par l’opposition municipale toulousaine, ou devrait-on dire, les oppositions municipales, “Toulouse Métropole” et “Toulouse pour tous”. But de l’opération : dresser un bilan à mi-mandat du maire de Toulouse mais aussi communiquer sur l’action à venir de ces deux groupes, en vue des prochaines municipales.
Premier constat global et sans appel : Depuis 2008 et l’arrivée de la gauche au Capitole, «plus rien de nouveau se passe à Toulouse». René Bouscatel, Président de Toulouse Métropole (groupe créé fin 2010) a beau mettre en avant «l’excellence toulousaine, la fierté d’être Toulousain», revendiquer «l’héritage laissé par l’ancienne municipalité, une dette zéro qui permettait d’envisager de financer les investissements à venir…», les faits sont tenaces : «Comme l’équipe de France, Toulouse balbutie». Même discours le lendemain dans les locaux de Toulouse pour Tous. Même s’il reconnaît qu’il est légitime pour une nouvelle municipalité de ne pas reprendre en totalité les projets de la majorité précédente, Jean-Luc Moudenc, s’inquiète malgré tout de voir qu’en trois ans, celle-ci «n’ait pas été capable de substituer ses propres projets aux nôtres. Les grands projets se sont raréfiés. C’est grave» ajoute le président de Toulouse pour Tous qui bien que saluant une initiative telle que la Fabrique Urbaine, se déclare toujours en attente de «concret».

Carton rouge à l’idéologie

Et de passer en revue les «rendez-vous manqués», les «années blanches», perdues, pour ces fameux dossiers, retardés ou tout simplement mis au placard. Ils sont légion et la liste non exhaustive : La rue Alsace et ses 48 mois de chantier, Aerospace campus, la prison Saint-Michel, le prolongement du métro jusqu’à Labège, l’aménagement des ZAC (Niel, Cartoucherie), la requalification de la rue Bayard et d’Arnaud Bernard, «l’échec» de Toulouse Capitale culturelle 2013, la SMAC… Sont également dénoncés des thèmes plus généraux comme l’augmentation des impôts locaux, le manque d’audace architecturale, la suppression des maires de quartiers, la propreté qui laisse à désirer dans Toulouse, «que les touristes et les Toulousains eux-mêmes trouvent sale et triste», «vu l’état des chaussées, des trottoirs, Jean Diebold (ancien adjoint au maire en charge entre autres de la voie publique, ndlr) doit se retourner dans sa tombe !» lance Jean-René Bouscatel.
Carton rouge ensuite, à l’idéologie. Elle mènerait la danse au Capitole et entraverait d’une part la démocratie, notamment au sein des conseils de secteurs ou des commissions de quartiers, «l’auditoire y est bien orienté politiquement» raconte Danièle Damin pour Toulouse pour Tous ; d’autre part, la sécurité des biens et des personnes. Chantal Dounot Sobraques pour Toulouse Métropole, fait, elle, référence au refus par la mairie de la vidéoprotection : «ce n’est pas la panacée» explique-t-elle, «mais un moyen pour davantage de sécurité». Remarque similaire sur l’absence d’éclairage des lieux publics, la suppression des patrouilles de nuit, le manque de «synergie» entre polices nationale et municipale.
De même sur les alliances politi-ques qui «ralentissent les prises de décision» comme dans le cas de la LGV Bordeaux-Toulouse «avec les élus verts».

 

L’opposition de trop ?

Des critiques envers la municipalité, identiques en tous points. Y aurait-il une opposition de trop au sein du conseil municipal de Toulouse ? Jean-Luc Moudenc en est convaincu : «Nous avons la même vision de la ville, le même diagnostic. La scission (le groupe Toulouse Métropole préfère lui employer l’expression de “départ volontaire”, ndlr) ne sert à rien si ce n’est à nous affaiblir et j’estime que nous n’en avons pas le droit. Déjà qu’il n’est pas facile ici de faire entendre notre voix…»
Bien qu’empêtrée dans la division, cette opposition municipale tente malgré tout d’être «constructive dans l’intérêt des Toulousains» et de se tourner vers «une dynamique de projets», en vue des prochaines municipales et de la préparation de la ville au passage en métropole en 2014.
Toulouse pour Tous et l’association Toulouse Avenir (présidée également par Jean-Luc Moudenc) viennent ainsi d’éditer un livret à 170 000 exemplaires sur justement le bilan 2008-2011 de l’action municipale : «C’est une invitation au dialogue avec les Toulousains» explique Jean-Luc Moudenc. «Nous avons des commissions de réflexion présentes sur tous les quartiers de Toulouse et organisons régulièrement des réunions publiques sur les sujets qui préoccupent les habitants. Nous voulons être au plus près du terrain.»
Quant au groupe Toulouse Métropole, il s’apprête à créer en parallèle un club de réflexion dont la présidente sera Marie Déqué (ancienne adjointe au maire à la culture) : «Nous organiserons trois grands débats annuels pour fédérer la population, en nous adossant à des experts, des “sachants”, pour savoir ce qui se fait de mieux en la matière.» Le premier de ces rendez-vous qui devrait porter sur le thème des transports, est annoncé courant avril.

Claire Manaud


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