La fin du PS ?

Dans une fin de mois de juillet marqué encore par les bouchons (les “Juilletistes” ont décidément la bougeotte surtout vers l’Espagne et dans la vallée du Rhône), le Tour de France, «national et populaire» selon Frédéric Mitterrand (mais qui n’en finit pas de développer une dramaturgie à peine entretenue pour le moment par le duel, entre coéquipiers, de Armstrong et Contador), le quarantième anniversaire de la conquête de la Lune (qui semble déjà annoncer celle de Mars et peut-être d’autres planètes de la galaxie), quelques événements semblent constituer des môles de réflexion : la Californie en état d’urgence budgétaire (fermeture de tribunaux, annulation de programmes sociaux, conduisant l’État le plus riche et le plus peuplé des États-Unis à traverser une crise sans précédent et à mettre le gouverneur surmédiatisé, vedette malheureuse d’un long-métrage imprévu, en grosses difficultés)…

 

 

la préparation toujours pleine de passion autant que d’inquiétude de la plus longue éclipse totale du XXIe siècle le 22 juillet prochain qui dessinera un long ruban de pénombre sur l’Asie, de l’ouest de l’Inde à la Polynésie, attirant une marée d’observateurs sur les douze îles du petit archipel japonais des Tokara) ; la banalisation du crack en Île-de-France (la gare RER de Saint-Denis étant devenue un lieu de vente de cette drogue qui touche un public de plus en plus large ; le procès Fofana générant une polémique (les institutions juives se sont-elles piégées elles-mêmes en obtenant l’appel comme le souligne Marc Weitzmann ou comme le souligne l’avocat Patrick Klugman «il faut rejuger les meurtriers d’Ilan Halimi»).
Et puis, au-delà de ce kaléidoscope illustrant l’actualité tous azimuts d’un été passant de la canicule à des températures automnales (alors que les bulletins météo ressemblent à des communiqués de guerre, tout comme la chronique très dramatisée de la pandémie grippale) il y a le cri du cœur, asséné par le philosophe Bernard-Henri Lévy dans “Le Journal du Dimanche” : «Le PS doit disparaître».

Un nouveau Bad Godesberg

Déjà auteur il y a deux ans de l’ouvrage “Ce grand cadavre à la renverse” où il prenait acte de l’épuisement de son camp, BHL profère un certain nombre de constats à l’endroit du PS et de la crise dudit parti qui méritent d’être lus pour mieux saisir l’accélération des métamorphoses qui ne manqueront pas de se réaliser d’ici la fin de l’année. Extraits de ce florilège, de ce «voyage au bout de l’enfer socialiste» : «Le PS n’incarne plus l’espérance de qui que ce soit. Il ne provoque plus que la colère et l’exaspération… Le PS est dans la situation du PC de la fin des années 1970 quand la désintégration s’amorçait… Le PS est mort, personne ou presque n’ose le dire. Mais tout le monde, ou presque, le sait… Maurice Clavel disait jadis : pour vaincre la droite, il faut d’abord briser la gauche, on en est là… Il faut dissoudre le Parti socialiste… Ce n’est pas parce que Sarkozy débauche les socialistes que le socialisme se meurt ; c’est parce que le socialisme se meurt que Sarkozy peut débaucher… La gauche de demain, la gauche moderne et réinventée est encore invisible mais elle est là». Décidément “les jeux sont faits, rien ne va plus”. BHL sera-t-il entendu dans cet appel à un nouveau Bad Godesberg ; le PS va-t-il changer d’appellation («Mal nommer les choses», écrivait Albert Camus, «c’est ajouter à la misère du monde») ; la personnalisation du pouvoir partisan conduira-t-elle à des primaires plus sereines ?
Martine Aubry sera-t-elle en mesure de résister à de telles offensives de l’intérieur comme de l’extérieur du Parti ; autant de questions dès l’été qui ne mettent le PS ni en vacances de propositions d’actions ni en vacances de l’Histoire.

Stéphane Baumont



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.