La fin de l’Europe ?

Au-delà des mystérieuses “pannes” dans le nucléaire iranien qui relance les spéculations sur l’effet du virus informatique Stuxnet capable de détraquer la vitesse de rotation de la moitié des 8 400 centrifugeuses iraniennes (une nouvelle façon de conduire la guerre pour Israël et les États-Unis ?) ; au-delà des curieuses élections haïtiennes sur fond de tremblement de terre et de choléra endémique où le programme d’une candidate consiste à demander le départ des troupes de l’ONU parce que fautives d’introduction dudit choléra ; plus que le duel Washington-Pékin à la Conférence de Cancun où 194 pays vont rechercher sous l’égide de l’ONU les précises d’un accord sur le climat ; plus que la reconnaissance par la Douma russe du “crime” de Katyn ordonné par Staline en parlant même de «terrible tragédie» et la décision du Conseil Constitutionnel d’imposer, au-delà de quinze jours d’internement psychiatrique, l’intervention du juge ; c’est la situation économique européenne et les menaces qui pèsent sur la France qui suscite commentaires, chroniques, inquiétude, voire effroi.

 
Comme le souligne Alexandre Adler «la situation de l’Union européenne vient d’atteindre sa phase critique : il existe actuellement environ 700 milliards d’actifs toxiques en Europe dont 250 en Allemagne même… La réponse pourrait être une remise de dettes… Mais sauver l’Euro – parce qu’on en est presque déjà là – donc l’Europe ne peut se concevoir que par la combinaison de deux audaces opposées mais complémentaires : le droit pour les pays méditerranéens de dévaluer et de repartir avec des dettes allégées, l’obligation pour tous ceux qui le peuvent de consolider un euro assez fort par l’effet d’une convergence macroéconomique réelle…» À défaut de solution économique et financière la crise politique, sur fond de théorie des dominos et sans l’existence d’une Constitution européenne, peut surgir et déconstruire violemment et “sauvagement” une œuvre plus que cinquantenaire !
Pour l’économiste Nouriel Roubini «la zone euro va rétrécir avec le départ des pays aux économies les plus fragiles» (ces pays ne peuvent pas dévaluer ; ils n’ont rien à exporter ; les mesures d’austérité qu’ils prennent les privent de leur reste de dynamisme) ; l’économiste américain poursuit : «Par certains aspects essentiels, la France n’a pas l’air en bien meilleur état que les pays de la périphérie» et d’évoquer notamment la faiblesse du pouvoir et la difficulté de réformer. P.A. Delhommais ajoute que «les banques françaises sont exposées aux pays à problèmes, que les prix du mètre carré flambent à Paris et que la France enregistre des déficits commerciaux presque aussi élevés que les excédents allemands.» Ajoutés à cela, le fait que notre pays n’a connu aucun excédent budgétaire entre 1931 et 1958 et plus un seul depuis 1973, le fait que “la rigueur tranquille” de François Fillon est loin d’être une “force” méritant le même adjectif, le fait que notre longue histoire est loin de constituer une immunité pour affronter l’avenir protégée. De plus le taux de détention internationale particulièrement élevée de la dette publique française (plus de 70 %) hier considérée comme un formidable atout pourrait constituer demain une immense fragilité. Faut-il pour autant suivre l’économiste Philippe Simonnot, auteur du “Jour où la France sortira de l’euro” affirme successivement : «La dette de la France n’est plus soutenable… Le vice congénital de l’Europe est d’émettre de la monnaie sans garantie ni contrepartie comme l’or pendant longtemps… Il faut donc sortir de l’euro et rétablir progressivement la parité or. Ce que les eurocrates vont empêcher… Quant à la crise, elle va s’amplifier et permettre l’élection de DSK en sauveur… qui réservera quelques surprises car il croit aux vertus d’un marché pur et dur.» Et pendant ces temps de crise, VGE imagine, en romancier, une uchronie napoléonienne alors que Villepin et Sarkozy poussent leur guerre jusqu’au bout sur fond de Karachi !

Stéphane Baumont


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