La Croix Rouge à la rencontre des Toulousains

Ce week-end, de 10h à 19h, la Caravane d’Eté de la Croix Rouge va stationner sur la zone verte de la Ramée afin d’initier le public aux gestes qui sauvent et de présenter ses différentes actions. Catherine Ballard, Directrice Départementale de l’Urgence et du Secourisme pour la Haute-Garonne, et Jacques Isson, instructeur Croix Rouge, présentent cette opération gratuite, dont c’est la 7ème édition, intitulée «Une heure de soleil en moins, pour une vie sauvée en plus».

 

Jacques Isson, quel est l’objectif de ces journées ?
Chaque année en France, on a entre 50 et 60 000 arrêts cardiaques. Le taux de survie, c’est-à-dire de gens sauvés, se situe entre 1 et 4%. C’est dire que l’on a très peu de chance d’être sauvé malgré les excellents services d’urgence. Le problème est que le témoin d’un malaise ne fait rien en amont car il se dit : «Il n’y a rien d’autre à faire, j’ai appelé les pompiers ou le Samu». Or il faut en arriver à ce que le maximum de la population puisse intervenir. Pour cela, il faut une démarche volontariste mais aussi quelques connaissances.

Deux initiations sont au programme : la première est dédiée aux premiers secours. Pouvez-vous nous en dire plus ?

JI : Cette initiation dure 75 minutes. Pendant un quart d’heure, on insiste lourdement sur l’alerte, le premier geste le plus important à faire pour déclencher les secours. Ensuite pendant une heure, on voit ce qu’il faut faire face à une personne inconsciente. Apprendre à la reconnaître d’abord, et adapter la technique de mise en position latérale de sécurité : la tourner sur le côté, en ayant dégrafé ses vêtements et basculé légèrement la tête. Cette phase permet au public qui le souhaite de s’entraîner. Puis on va étudier tout ce qui concerne l’arrêt cardio-respiratoire : comment le reconnaître ? Car malaise ne veut pas forcément dire arrêt cardiaque. Comment intervenir ? Et démontrer qu’un défibrillateur, (appareil permettant de rétablir par un choc électrique un rythme cardiaque normal, ndlr) est très simple d’utilisation. Il suffit de le mettre en marche et de se laisser guider.

La gare Matabiau est aujourd’hui dotée de défibrillateurs. D’autres lieux sont-ils en voie d’équipement ?
Catherine Ballard : Les mairies, suite à la loi de modernisation de la sécurité civile du 13 août 2004. Certaines commencent à prendre contact avec nous afin de former leur personnel. Mais cela reste très balbutiant.
JI : Une proposition de loi enregistrée le 3 février 2009, vise à rendre obligatoire la présence de défibrillateurs dans tous les lieux accueillant du public. C’est une préconisation, il n’y a pas d’obligation. Alors que des communes très volontaristes comme Colomiers ont décidé en 6 mois de l’installation de défibrillateurs, d’autres comme Toulouse, y réfléchissent depuis deux ans. Mais cela devrait se généraliser sur Toulouse en 2010.

 

Est-ce lié à un problème de coût ?
JI : Oui. Un appareil coûte environ 1000 €. Après, il y a son installation, puis la question de la vidéosurveillance pour éviter le vandalisme… Quoi qu’il en soit, la France est très en retard par rapport à d’autres pays européens, aux USA. Ce qu’à la Croix Rouge, nous regrettons vivement.

Cette initiation est accessible aux enfants dès 6 ans…
JI : Oui. Les enfants sont très réceptifs, ils retiennent très rapidement ce qui est dit, montré et ce qu’ils vont pratiquer. Ils n’ont pas toujours la force physique suffisante pour faire un massage cardiaque valable, c’est un peu leur seule limite mais ils savent où et comment il faut appuyer, à quelle fréquence. C’est vraiment impressionnant.

Autre initiation : la réduction des risques…
JI : Oui. Elle consiste à rendre le citoyen acteur de la prévention et de la réponse à une catastrophe naturelle avec l’acquisition de compétences qui lui permettent de réagir. Se préparer et donc minimiser les dégâts en cas de problèmes inattendus : par exemple, faire la photocopie de ses papiers d’identité que l’on laisse chez un parent, si l’on prend un traitement médical, l’avoir rapidement à portée de main. Ou si les secours tardent à venir, avoir une réserve de nourriture suffisante, et quelques bouteilles d’eau minérale. On entre là dans l’esprit de la loi de modernisation de la sécurité civile qui place le citoyen au cœur du dispositif de secours. Avant on disait : «Appelez les secours, ils vont venir». Aujourd’hui cette loi dit : «Le citoyen doit se prendre en charge a minima».

Vous allez également présenter les actions de la Croix Rouge ?
CB : Oui, à travers nos deux pôles principaux : d’action sociale, avec des activités telles que les épiceries sociales, les vestiaires solidaires… Ce pôle gère aussi les maraudes hivernales et le plan canicule, pour lequel nous avons un système d’alerte couplé avec la Préfecture. Et le pôle d’urgence et secourisme, où l’on retrouve les activités de poste de secours classiques et la gestion des opérations d’urgence, type événements soudains : tempêtes, plans neige ou en 2001, AZF.

On imagine que ce genre de manifestations sert à recruter. Quels sont les besoins de la Croix Rouge ?
CB : Un peu comme toutes les associations, nous rencontrons des difficultés de recrutement. Nous recherchons des bénévoles qui veulent simplement donner un peu de leur temps et qui ont envie de faire une action solidaire auprès des citoyens.

Propos recueillis
par Claire Manaud

www.croix-rouge.fr



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