La colère enfle rue des lois « On rentre en période électorale : c’est la saison de toutes les promesses »

Les travaux de refonte des artères voisines à la rue des lois semblent avoir créé un réel déséquilibre pour cette dernière, aujourd’hui largement délaissée par les toulousains

« Tous les commerçants le ressentent : il y a bien moins de passage qu’avant dans la rue des lois, clame Philippe Roncalli, président de l’association de la rue des lois, la piétonisation a un gros succès et les passants modifient leur trajet… » C’est ainsi que le petit collectif demande depuis le printemps à avoir à son tour son lot de vacarme et autres nuages de gravats afin de retrouver sa clientèle perdue. Une pétition compte d’ores et déjà  plus d’un millier de signatures. En cause ? «  Les trottoirs trop étroits pour les handicapées ou les poussettes, la rue en mauvais état général, les places de stationnements à supprimer et la vitesse des voitures qui empruntent l’artère. » Le président de l’association évoque même la crainte partagée avec ses acolytes de voir le prix de l’immobilier chuter… Une inquiétude que modère Jean-Charles Valadier, adjoint au maire en charge de l’aménagement urbain et de l’espace public, expliquant qu’il « existe des indicateurs mais qu’il est trop tôt pour avoir assez de recul. » Il évoque cependant la hausse des prix de l’immobilier sur Alsace-Lorraine suite aux travaux effectués.

« Dire que la rue des lois est LA grande priorité serait mentir, rien n’est engagé »

Entre la mairie et la rue des lois en ce moment c’est un peu je t’aime moi non plus. Car à écouter le président de l’association, les discussions sont productives « on est optimistes, on peut espérer voir commencer des travaux d’ici deux ans maximum, tous bords confondus il y a une véritable volonté politique.» Un avis partagé par Jean-Luc Moudenc, qui estime que la zone est prioritaire. Côté Capitole pourtant, la réalité est un peu plus rude : « La rue sera faite, mais en toute honnêteté on est sur une perspective à cinq ou six ans ». Et l’élu de reprendre l’historique de l’aménagement du centre-ville prévu de longue date et courant sur les vingt prochaines années pour justifier du no man’s land qu’est devenue la rue des lois : « Tout ne peut pas être ficelé en même temps, un projet clef en main irait contre cette volonté d’avoir un programme global adapté à la réalité. » Soyons clairs : la rue des lois est une priorité mais ce n’est pas la seule. En course également : les boulevards, les épines vertes (axes de pénétration perpendiculaires et transversaux au centre-ville ndrl) mais aussi le quartier Saint-Cyprien… Dernière solution pour contenter les riverains : faire du provisoire, pourtant « ce serait incompréhensible, on rentre en période électorale, c’est la saison de toutes les promesses… et cela repousserait d’autant le qualitatif final », termine J.C. Valadier. Et quand le libraire de la rue des lois s’y met, la patience semble avoir ses limites : « On n’est pas les dindons de la farce, ça fait vingt ans qu’on nous balade, si ça continue on bloque la rue ! », annonce-t-il avec verve.

Aurélie Renne



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