Julien Dray ; Son « Compte » de Noël…

Derrière un nom, il y a toujours un personnage qui ne se connaît pas autant qu’il pourrait le prétendre. Derrière un nom, il y a surtout une famille, des enfants, une société, des employés qui d’un coup, d’un seul, peuvent être les victimes innocentes de traquenards politico-juridiques qui quelques mois plus tard accoucheront même pas d’une souris. Sauf que le mal est fait, les doutes sont là et l’on est marqué au fer rouge pour toute une vie. Et le média internet se trouvant dans cette circonstance et bien d’autres des plus nuisibles tant dans la liberté d’expression que surtout dans l’irresponsabilité juridique de propos tenus qu’il offre.

  
C’est pour ces raisons que dans les colonnes du Journal Toulousain, nous n’avons jamais abordé l’affaire Julien Dray. Justement pour mettre en application le principe de réserve qui est le nôtre et devrait être la règle générale. Car nous estimons, à juste titre et les exemples ne manquent pas, que la justice doit faire son œuvre en toute sérénité. Mais aujourd’hui que le verdict est tombé, pourquoi s’interdire de commenter ? D’autant que quasi comme toujours, l’affaire Julien Dray est aussi et surtout la démonstration, si besoin était, que nous ne sommes pas dans ce pays, quelque soit le sujet abordé, tous logés à la même enseigne. Education, formation, retraite, loisirs, couverture sociale, fiscalité, santé, autant d’injustices chroniques qui nous guettent bien avant d’avoir bougé dans le ventre de notre Mère. Et que dire justement de la manière dont est faite la justice dans ce pays ?

J. Dray, un personnage ambigu ?

Sans oublier que ces personnages de gauche du type “trosko-anarchiste” comme ce Julien Dray et consorts ne sont pas ma tasse de thé. Car comme dirait mon grand-père, ils ont «soi-disant le cœur à gauche, mais surtout le portefeuille bien à Droite». Très souvent ce sont des cumulards à outrance, toujours là à guetter la moindre niche, celle qui sera propice à leur donner le plus de pouvoir certes politique mais surtout financier…
Julien Dray est député PS de l’Essonne et vice-président du conseil régional d’Ile-de-France. Le bonhomme faisait l’objet d’une enquête préliminaire ouverte voilà plus d’un an par le Parquet de Paris. Cette enquête faisait suite à un signalement de Tracfin, l’organisme anti-blanchiment dépendant du ministère des finances. Ce que l’on reprochait à l’élu socialiste portait sur des mouvements de fonds suspects à partir de comptes de l’association “Les Parrains de SOS-Racisme” et de la “Fédération indépendante et démocratique lycéenne” (FIDL). Plus, selon Tracfin, les mouvements suspects entre les comptes de cette association, de la FIDL et celui de Julien Dray, l’un des cofondateurs de SOS-Racisme et de la FIDL, auraient débuté en janvier 2006 et s’élèveraient au total à 351.027 €. La justice suspectera jusqu’à voilà quelques jours que l’élu de l’Essonne aurait bénéficié d’une partie de cette somme et même de quelques soutiens indus provenant de particuliers comme d’industriels. Certains de mes confrères écriront même que la Tracfin avait relevé à l’époque que «Les émetteurs de certains chèques ont soit leur siège social dans le département dont M. Dray est l’élu, soit obtenu un chantier public dans sa circonscription voire réalisé un marché public avec le conseil régional d’Ile-de-France, dont il est l’un des vice-présidents». Bizarre…
Au-delà du personnage, un dossier pas très facile pour la justice, car le bonhomme bénéficie de l’immunité parlementaire. Probablement que celui qui soutenait Ségolène Royal aura été pris dans un tir croisé entre factions rivales dans la lutte intestine qui se joue au PS.  Lutte pour le contrôle de son territoire parisien, c’est un fait mais aussi pour gagner le leadership national. Aujourd’hui il a raison de dénoncer ces coups bas.
Sauf que la seule question qui mérite d’être posée, est celle de l’égalité de la justice dans ce pays. En regard de la loi, Monsieur Dray a bien fait des acrobaties financières douteuses et qu’il le veuille ou non, il a été condamné «par un rappel à la Loi». Le juge a été clément pour des raisons qui lui appartiennent et que l’on se doit de respecter et de ne pas commenter.
Il n’empêche, pour des faits exactement similaires, un gérant de PME ou un patron aurait été poursuivi sans ménagement pour abus de bien social et le jugement se serait soldé par un verdict, de toute façon, autrement plus sévère qu’un simple rappel à la Loi. Bizarre aussi qu’en leur temps, d’autres ténors du PS aient toujours échappé à des sanctions pour des tripatouillages pourtant avérés entre des associations et eux-mêmes. Ceci pourrait-il démontrer que notre justice serait imprégnée de sentiments de gauche ? Un chef d’entreprise face à notre justice est déjà à moitié coupable avant même l’ouverture de l’action judiciaire. Mais il semblerait, en l’occasion qu’un homme politique de gauche ne pourrait être victime que de circonstances indépendantes de sa volonté ? Un remake du responsable mais pas coupable ?
N’oublions pas non plus, qu’au-delà du cas Julien Dray, dans cette affaire, on touche de près à la dérive des financements de complaisance que l’Etat et les collectivités locales offrent sans contrôle à des pseudos associations de circonstances. C’est l’argent des Français qui est en cause dans ces détournements. Des Français à qui on demande toujours plus de sacrifices pour garantir le mieux vivre à des “Pachas”.
Et puis savoir que Monsieur Julien Dray comme d’autres donneurs de leçons touchent plus de 400.000 € par an de salaires politiques, cela me dérange fortement. Surtout quand on sait que plus de 60 % des Français qui auront “bossé”, plus de 40 ans se trouveront à toucher une retraite de misère, moins de 1 000 € par mois, pour pouvoir continuer à servir la soupe à ces humanistes d’opérette.
Comme toujours, les responsables associatifs s’en sortiront une fois de plus blanchis et le zapping de l’info fera que dans quelques mois on aura tout oublié.
Le père Julien Dray aura été réélu, comme son pote Frêche… Triste justice et pauvre France.

André Gérôme Gallego


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