Juin: Législatives ou le rêve avorté du grand chelem

Ils en rêvaient, mais le rêve ne rejoint pas toujours la réalité. Non, les militants socialistes de notre département n’auront pas eu droit au grand chelem (10 circonscriptions sur 10.) La faute à qui ? Sans une analyse complète du contexte dans lequel s’est déroulée l’élection dans la troisième circonscription, car c’est bien celle-ci qui a créé le «buzz», nous pourrions répondre… la faute incombe à Jean-Luc Moudenc. Alors certes, l’ancien maire de Toulouse, activement secondé par Laurence Arribagé, a réussi sa campagne et s’est remis en selle pour la course au Capitole, mais la gauche s’est objectivement elle-même sabordée pour ce scrutin. C’est sur la circonscription la plus à droite sociologiquement, d’ailleurs « découpée » par l’ancien gouvernement Fillon pour favoriser une victoire de son camp, que le PS avait décidé d’appliquer son accord national avec Europe Ecologie Les Verts. Résultat des courses : c’est François Simon qui a été le candidat investi, au détriment du « légitime », d’un point de vue territorial, Alain Fillola (maire de Balma). Cette décision aura donc eu comme effet de permettre une très courte victoire de Jean-Luc Moudenc, essentiellement due aux résultats balmanais du second tour.

Mais l’autre conséquence est aussi d’empêcher la gauche haut-garonnaise de ravir l’intégralité des circonscriptions. Car pour les neuf autres scrutins législatifs, il n’y aura eu aucune surprise, et le PS a continué à creuser l’écart qui le sépare désormais de la droite locale, avec les succès de Catherine Lemorton, Gérard Bapt, Martine Martinel, Françoise Imbert, Monique Iborra, Patrick Lemasle, Carole Delga (élue au premier tour) et Kader Arif (devenu ministre des anciens combattants, et qui permet donc à sa suppléante Emilienne Poumirol de siéger au Palais Bourbon). L’autre événement de ces élections législatives aura été l’arrivée de Christophe Borgel, un temps taxé de « parachuté », dans le landerneau politique toulousain. Lui le premier adjoint de Villepinte, aura su, en un temps record, s’imposer et faire fructifier sa victoire dans la neuvième circonscription. Aujourd’hui son nom est évoqué pour l’après Cohen au Capitole, pour un possible futur remaniement ministériel, et depuis peu aussi… pour la succession de Martin Malvy à la région. Le PS tient sans doute là son nouvel homme fort. Autre enseignement de toute cette actualité de ce mois de Juin 2012, c’est l’important travail que va devoir accomplir la droite haut-garonnaise pour envisager une possible reconquête. Elle qui est aujourd’hui toujours dangereusement divisée entre pro-Moudenc et pro-De Veyrac, entre ex-RPR et centristes, entre Baudisiens historiques et Douste-Blaziens fidèles… Que de cicatrices à refermer pour espérer des lendemains meilleurs. La prochaine campagne municipale qui s’annonce sera donc celle, soit d’une union nécessaire, soit d’une scission incurable.

Thomas Simonian



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