José Bové profite d’AZF

Le candidat Vert du Sud-ouest pour les élections européennes était présent à Toulouse ce lundi peu avant l’ouverture du procès AZF. Il en a profité pour lancer sa campagne aux élections européennes et demander la fermeture des sites dangereux dans les agglomérations.

 
Il est en campagne mais se défend d’une quelconque récupération politique. Pourtant, José Bové, candidat aux élections européennes pour le Sud-ouest, a choisi de réunir élus Verts et membres d’associations pour présenter à la presse ses objectifs quelques heures seulement avant le début du procès AZF, et dans l’un des quartiers les plus sinistrés suite à la catastrophe. Hautement symbolique, «cet acte se veut avant tout solidaire» selon François Simon, ancien conseiller municipal de Toulouse présent aux côtés de José Bové. Solidaire avec les victimes qui demandent la citation directe de Total : «Nous sommes indignés qu’il ne soit pas cité. Les milliards d’euros versés aux victimes n’effaceront pas la souffrance. Seule la justice peut le faire.»
Pour José Bové, «ce procès n’apportera qu’une partie de la réponse mais ne servira pas sur le long terme.» «Faudra-t-il un Bhopal en France pour prendre conscience des risques ?», s’inquiète le leader altermondialiste qui demande purement et simplement la fermeture des sites dangereux dans les agglomérations : «On ne peut pas faire cohabiter population et sites chimiques et ce n’est certainement pas aux gens de partir ! C’est le monde à l’envers !» Allusion directe à la loi Bachelot votée quelques semaines après la catastrophe AZF, et qui prévoit à la fois de juguler l’urbanisation autour des entreprises classées Seveso et la réalisation de plans de prévention des risques technologiques (PPRT) autour des sites.

 

« Une loi bâclée »

«Cette loi est bâclée et non appliquée à ce jour», selon José Bové. Les Verts demandent des lois contraignantes alors que sur 423 sites Seveso en France, seulement 5 ont à ce jour mis en place un PPRT. Catherine Grèze, 2ème sur la liste Europe Ecologie du Sud-ouest, va même plus loin : «Il faut se pencher sur les autres bombes Seveso comme les trains transportant des produits chimiques qui traversent actuellement Toulouse, et les sites nucléaires.» Au-delà du vote de lois limitant la dangerosité des entreprises chimiques pour la population, José Bové et ses alliés s’interrogent sur la nécessité de certains produits comme les engrais à l’origine du sinistre toulousain : «Faire de l’agriculture avec des polluants et des explosifs ne tient pas la route !», scande Alain Ciekanski, président des Amis de la Terre Midi-Pyrénées.
Afin de montrer leur détermination, les Verts ont décidé de se constituer partie civile au procès AZF. Cette initiative ne fait pas l’unanimité chez les avocats qui «ne voient pas la possibilité pour un parti politique d’être partie civile». La décision du Tribunal sera rendue ce jeudi dans l’après-midi mais il n’est pas impossible de retrouver José Bové tout au long des quatre mois d’audience.

Sophie Orus


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