Jean-Luc Moudenc: 18 mois après avoir perdu le Capitole

Pour moi, depuis la catastrophe AZF, Toulouse a perdu son âme, de sa force, de son inconscience, de cette force de rêver légendaire. Et depuis l’élection de Pierre Cohen en mars 2008 cet effet, cette impression n’a fait que s’accentuer. A mon point de vue le tandem gagnant pour Toulouse était “Philippe Douste-Blazy/Jean-Luc Moudenc”, l’un qui a gagné les grands défis dans les lieux de décision (Cancéropôle, Pôles de Compétitivité, Galiléo, la chaîne de montage de l’A380 etc.) et l’autre pour gérer, fixer, adapter et améliorer le quotidien pour les Toulousains. Mais…
Alors voilà quelques semaines déjà, que le Journal Toulousain désirait interviewer Jean-Luc Moudenc, afin de lui demander de nous livrer ses impressions sur la manière de mener la ville par son successeur Pierre Cohen. Conscient moi-même qu’il ne s’y passait pas grand-chose, j’ai pensé qu’il était temps, au-delà de tout clivage politique, de recueillir les impressions de celui qui connaît le mieux Toulouse, pour y avoir exercé maintes fonctions stratégiques avant d’en devenir maire en 2004.
Bien entendu et comme toujours, une ou deux questions sont restées sans réponse. Comme par exemple était-il obligé de choisir alors, entre Dominique Baudis et Philippe Douste-Blazy ? Ne regrettait-il pas au deuxième tour des Municipales, d’avoir tendu la perche à un MoDem qui n’a mis que quelques jours pour rejoindre Pierre Cohen ?
Mais sur le plus important pour les Toulousains, Jean-Luc Moudenc répond sans réserve et bien au-delà de ce que nous espérions.
D’avance qu’il en soit remercié.

 
Jean-Luc Moudenc, comment expliquez-vous la perte de la première circonscription du centre-ville de Toulouse par la Majorité aux élections législatives de juin 2007 ?
La défaite législative de 2007 était inscrite dans l’évolution politique de cette circonscription depuis 20 ans, caractérisée par un bouleversement sociologique important et inédit, qui s’est traduit par l’arrivée massive d’une population votant à gauche. Il faut toutefois se donner la peine d’observer le plus objectivement possible les faits qui attestent de ce phénomène. En 1988 et 1993, Dominique Baudis y a été élu député dès le 1er tour. En 1997, il y est réélu, mais au second tour seulement, avec un score réduit à 53 % face à une inconnue. En 2002, le vent du boulet passe près, et, malgré un contexte national favorable, Philippe Douste-Blazy l’emporte à l’arraché, avec à peine 600 voix d’avance face à un inconnu. Le 6 mai 2007, au second tour de l’élection présidentielle, le basculement s’opère nettement : Ségolène Royal y fait 57,09 % et devance Nicolas Sarkozy de plus de 14 points ! Six semaines plus tard aux législatives, j’ai amélioré le score mais je n’ai pu inverser la tendance, surtout dans un climat de second tour favorable au PS partout en France. Les explications relatives aux personnes me paraissent avoir pesé dans ce résultat beaucoup moins que ce mouvement de fond étalé sur la longue période que je viens de rappeler.

Pourquoi une alliance avec Jean-Luc Forget et sa liste MODEM entre les deux tours des municipales en mars 2008 ?
Ma conception de l’action municipale était, et je le pense toujours, de rassembler les Toulousains au-delà des différences de sensibilités politiques, et de leur proposer une équipe ouverte, fédératrice de compétences variées pour la mise en œuvre d’un projet. J’aurais préféré que le Modem soit dans notre équipe dès le 1er tour, comme avec Alain Juppé à Bordeaux, avec le succès que l’on sait. Je l’ai proposé à Jean-Luc en octobre 2007, mais il l’a refusé. Toutefois, j’ai accueilli des figures représentatives du Modem dès le 1er tour, comme Elisabeth Husson et Michel Valdiguié, et j’ai veillé à leur maintien en bonne place au 2ème tour. Quand le Modem est venu me proposer d’intégrer ma liste le lundi soir, au lendemain du 1er tour, j’ai recueilli l’avis favorable des responsables politiques locaux et nationaux de l’UMP et du Nouveau Centre, ainsi que celui de Dominique Baudis, et nous avons rassemblé les deux listes. Ce fut d’ailleurs une opération douloureuse, car elle s’est faite au prix de l’effacement d’amis qui étaient avec nous au 1er tour, et parfois depuis bien plus longtemps encore.

Maintenant que vous êtes à la tête de l’Opposition municipale, il nous semble que vous êtes plus présent sur le terrain que lorsque vous étiez Maire de Toulouse, une fausse impression ?
Quand j’étais Maire, je m’efforçais d’être présent sur le terrain, et j’avais créé “les journées du Maire dans les quartiers”. Mais vous savez, on n’en fait jamais assez, d’autant que le travail municipal me prenait beaucoup ! Depuis février dernier, j’ai repris cette idée et, deux fois par mois, je passe la journée entière dans un quartier, à la rencontre et à l’écoute des Toulousains, cette fois-ci dans le cadre de “Toulouse-Avenir”. A midi, j’invite à déjeuner, en toute simplicité, les responsables associatifs du quartier, et nous échangeons sur toutes sortes de problèmes de la vie quotidienne. Avec mes amis, nous dialoguons avec les commerçants, puis je termine la journée autour d’une réunion avec des habitants et les sympathisants du quartier. Ces journées nourrissent en permanence ma réflexion et me permettent d’être à jour des problèmes vécus par les gens. Souvent, j’écris à Pierre Cohen pour lui en faire part, il m’arrive même de suggérer des solutions ; bref, j’essaie d’être utile à mes concitoyens et de leur faire bénéficier de mon expérience de Maire. Au début, les gens sont surpris de me voir, et ravis que j’aille vers eux alors que je ne suis candidat à aucune élection en cours.

 

Le problème des SDF…

Pouvez-vous nous expliquer ce qu’il s’est passé au sujet du réaménagement de la Rue Alsace-Lorraine ?
L’aménagement de la rue était inéluctable après l’ouverture de la ligne B du métro en juin 2007, car il fallait beaucoup plus d’espace piéton pour absorber l’afflux du trafic piéton généré par la station de jonction Jean-Jaurès toute proche. Cet espace piéton ne pouvait être gagné que sur les deux couloirs de bus qui traversaient la rue Alsace-Lorraine, mais, comme ces lignes de bus  fonctionnaient jusqu’à l’ouverture de la ligne B, on ne pouvait entreprendre les travaux d’aménagement qu’après le 30 juin 2007. J’ai alors, avec Jean Diébold, opté pour un aménagement provisoire destiné à durer 2 ans seulement. Nous voulions en effet éviter d’ouvrir un long et lourd chantier, alors que le centre-ville sortait à peine d’une période de 5 années de travaux (métro, semi-piétonisation, parking du Capitole, centre commercial et parkings Saint-Georges, etc…) Le parti pris de l’aménagement provisoire, son style et les couleurs utilisées, trop sombres pour le sol, trop vives pour les éléments extérieurs n’a pas fait l’unanimité, j’en suis conscient, et certains ont trouvé mes choix bien trop audacieux pour le cœur de la ville… Par contre, le choix de redonner au piéton une place dominante a été plébiscité, et l’actuelle municipalité ne l’a pas remis en cause. Je regrette que les travaux définitifs, avec des matériaux nobles, que nous avions prévus à partir de l’été 2009, n’aient pas été entrepris. C’est dommage que mon successeur ait annulé le concours d’urbanisme que j’avais lancé, ce qui a coûté 240.000 euros d’indemnités, de l’argent des contribuables parti en fumée. On perd du temps, et les matériaux provisoires se dégradent fort logiquement. J’espère que ces travaux vont enfin démarrer, et qu’ils se feront en une fois, de la place Esquirol à Jeanne d’Arc.

Qu’aviez-vous fait au sujet des SDF lorsque vous étiez Maire de Toulouse ? Que pensez-vous de la politique de la nouvelle municipalité à leur sujet ?
Nous avions développé d’abord une réponse sociale et généreuse, avec des lieux d’hébergement, de services, de soins et de restauration, en particulier au Ramier, et en lien avec les associations spécialisées. En même temps, nous avions une réponse plus ferme et tentions de limiter l’emprise de ces groupes sur l’espace public, ce qui nous attirait l’hostilité médiatisée de militants associatifs d’extrême-gauche. Ce n’est pas un problème facile à régler, dans aucune ville de France, comme chacun peut aisément le comprendre, et je n’étais moi-même pas satisfait de nos propres résultats. La nouvelle municipalité a supprimé le campement face à la Gare routière, à l’été 2008, ce qui a été une bonne chose, mais les Toulousains constatent depuis un an la multiplication de ces groupes partout ailleurs, sur les trottoirs du centre-ville, place du Capitole, sur les bords de Garonne. La Mairie laisse faire et les policiers municipaux ont la consigne de ne pas chercher à les inciter à bouger, contrairement à ce qu’il faudrait faire. Mais le plus grave a été la décision prise il y a quelques mois de leur payer les vaccins pour leurs chiens : cela se sait de loin et cela attire davantage encore de SDF vers Toulouse, qui se bâtit peu à peu la réputation d’une ville accueillante pour eux. En définitive, je préconise tout à la fois une plus grande fermeté pour libérer l’espace public de leur emprise abusive, et une solidarité renforcée envers les plus faibles d’entre eux, pour leur insertion, en échange de travaux d’intérêt général.

Toulouse pouvait-elle raisonnablement prétendre à devenir Capitale européenne de la Culture en 2013 ? Que lui a-t-il manqué pour l’emporter ?
Le processus de désignation s’est déroulé en deux temps. En novembre 2007, 8 villes françaises étaient candidates, la compétition fut rude, mais la candidature toulousaine avait su s’attirer de forts soutiens dans le jury, composé majoritairement de personnalités culturelles européennes non françaises. J’étais allé plaider moi-même le dossier à Paris et à Bruxelles, souvent avec Marie Déqué et Olivier Poivre d’Arvor, dans les mois qui ont précédé, et j’ai pris soin d’associer les collectivités présidées par Martin Malvy et Pierre Izard à la présentation. Nous avons été sélectionnés pour participer à la 2ème phase, aux côtés de Marseille, Lyon et Bordeaux, tandis que 4 villes candidates ont été éliminées. En septembre 2008, c’est Pierre Cohen qui est allé devant le jury pour la phase finale. Entre-temps, je n’ai pas su ce qui s’était passé, j’ai lu dans la presse que le nouveau Maire affirmait avoir enrichi le dossier, mais Marie Déqué et moi avons été complètement mis à l’écart au cours des 6 mois compris entre mars et septembre. La commission culture n’a jamais été réunie et le Conseil municipal n’en a jamais débattu ! Imaginez la force du symbole si nous étions allés, Pierre Cohen et moi, défendre ensemble le dossier devant le jury, le même qui m’avait auditionné en décembre !

N’avez-vous pas le sentiment que Toulouse ait perdu sa force légendaire depuis la catastrophe d’AZF ?
L’explosion a été un tournant psychologique, comme si un certain âge d’or prenait fin. Ce ressenti a été plus symbolique que réel. Toulouse s’est relevée, s’est lancée dans des projets, le Cancéropôle, la Zone Franche Urbaine, le Grand Projet de Ville renforcé. Notre agglomération a continué sa croissance économique et démographique au même rythme qu’auparavant, avec le record de France de création d’emplois – 10.000 par an – et de nouveaux habitants – 19.000 par an. On verra dans quelques années si ce dynamisme se sera ou non poursuivi aussi fortement.

 

L’immobilisme de P. Cohen

Voila plus de 18 mois que Pierre Cohen et son équipe sont aux affaires. Vous avez déclaré récemment que rien de probant ne s’était fait depuis mars 2008. Plus, que la majorité actuelle surfait sur la vague des actions que vous aviez initiées. Vous pouvez nous en dire plus ?
Les grands chantiers qui avancent sont ceux que nous avions lancés : le Cancéropôle, les immeubles de bureaux dans le secteur Bordelongue-Langlade, près de la rocade, la ligne E du tramway, dont les travaux avancent bien entre les Arènes et Blagnac-Beauzelle, le Grand Projet de Ville au Mirail et à Bagatelle-Faourette, par exemple. Et il en est de même pour des réalisations dans les quartiers : de nombreuses crèches, la médiathèque d’Empalot, les jardins de Monlong, l’école Vernant à Pouvourville ou la maison de quartier du Grand Selve ont vu le jour récemment, parce que nous les avions imaginées. C’est pour moi une satisfaction de voir que notre équipe est encore aujourd’hui utile aux Toulousains grâce à tous ces projets qui voient le jour parce que nous les avions voulus ; c’est comme si nous étions encore au service de notre ville et de ses citoyens. Quel contraste avec la pauvreté des idées concrètes de l’équipe actuelle !

Pouvez-vous nous dresser votre perception du “bilan” de Pierre Cohen à la tête de la ville de Toulouse ?
Ce qui caractérise cette période de 18 mois, c’est l’immobilisme et le laisser-faire. Il est normal d’attendre un peu, mais là, on dépasse le délai habituel d’une transition ! Les grands projets sont bloqués ou retardés ou annulés, et il n’y en a aucun autre pour les remplacer. C’est grave, parce que ce sont eux qui déterminent l’avenir d’une grande ville. Les exemples de ces projets mis de côté foisonnent : le Grand Contournement autoroutier, la ligne B du métro à Labège, le doublement de la capacité de la ligne A du métro, les projets de Toulouse Culture 2013 (prison St Michel, transformation de La Grave, site de mémoire de l’Aéropostale à Montaudran, salle des musiques actuelles aux Nouveautés, etc…), l’Aérospace Campus de Montaudran, l’aménagement des bords de la Garonne en promenade, le centre d’affaires européen de Matabiau en vue de l’arrivée du TGV, dossier dans lequel mon successeur ne s’investit pas beaucoup, des ZAC avec de nombreux logements dont les Toulousains a besoin, comme Niel. Quant à la qualité de la vie quotidienne, elle se dégrade et les Toulousains, qui en subissent les conséquences, le voient bien : l’insécurité s’aggrave partout, et la Mairie se met aux abonnés absents, se confinant dans un discours sur la prévention autant théorique qu’idéologique. Un sentiment de laisser-aller s’installe dans la ville. La saleté s’aggrave, favorisée par des herbes, qu’on laisse trop pousser sur beaucoup d’espaces verts, par des déjections canines, qui souillent de plus en plus nombre de trottoirs, où on laisse s’installer des groupes de SDF parfois agressifs ou avinés, avec la bénédiction du Maire ! A part cela, on se réunit beaucoup, on parle beaucoup, ce qui est bien, mais ce qui débouche rarement ou trop lentement sur du concret, des décisions et des projets. On est passé de l’action à l’inaction municipale…

Le show Bernard Lavilliers…

Vous reprochez à ce dernier d’avoir tout politisé, de ne plus être convié personnellement aux cérémonies importantes, alors que vous-même, comme vos prédécesseurs, n’hésitiez pas à partager avec l’Opposition. Avez-vous des exemples à nous donner ?
J’observe que Pierre Cohen a une conception effectivement très politisée de la fonction de Maire, comme s’il voulait avant tout être le Maire de son camp, alors que moi-même et mes prédécesseurs agissions pour être Maires de toutes les Toulousaines et tous les Toulousains, dans l’esprit de “Toulouse pour Tous”. Dans certaines inaugurations récentes, les discours officiels se sont transformés en tribunes politiques, le tout aux frais du contribuable ! De même, pour le concert du 14 Juillet, avec le choix de faire venir Bernard Lavilliers, qui a fait des déclarations sur scène contre le Président de la République tout en se réjouissant  du changement municipal à Toulouse. Les moyens de fonctionnement de la minorité ont été réduits au niveau le plus bas possible et un règlement intérieur a été adopté pour minimiser le débat en Conseil municipal et éviter que soient abordées des questions qui déplairaient au pouvoir municipal en place ; mais heureusement, le Tribunal Administratif, que j’avais saisi, vient d’annuler ces dispositions abusives, uniques en leur genre !

 

A Toulouse, aujourd’hui tout est politisé…

Vous jouez votre rôle de chef de file de l’Opposition municipale en réagissant quasi quotidiennement aux actions de l’équipe en place. Mais quelles sont vos propositions pour la ville aujourd’hui ?
Il n’y a pas de démocratie sans Opposition et sans débat contradictoire, et je faillirais à mon rôle si, avec mes collègues, je n’exprimais pas un point de vue différent, malgré l’uniformité politique ambiante des collectivités locales d’ici et la difficulté de faire entendre notre message dans certains médias. Mais, à travers des vœux que je dépose au Conseil municipal, et surtout par le biais de mon blog (www.moudenc.fr), je formule régulièrement de nombreuses propositions dans tous les domaines : mise en œuvre des grands projets bloqués dont je parlais plus haut, doublement des effectifs de la police municipale dans les quartiers, sécurisation des VéloToulouse, vidéosurveillance et armement 24 heures sur 24 des policiers municipaux, passage de la ligne G du tramway par le quartier Saint-Michel et desserte immédiate du Stadium et des quartiers Pont des Demoiselles, Saint-Exupéry et Montaudran, augmentation du nombre des bénéficiaires du prêt à taux zéro pour l’accession à la propriété, création d’un nouveau écoprêt à taux zéro municipal pour les travaux d’économies d’énergie des logements, transformation de Francazal en plateforme d’activités aéronautiques, traitement définitif de la rue Alsace-Lorraine en une fois d’Esquirol à Jeanne d’Arc, etc… Pendant que la Majorité municipale baigne dans l’idéologie pour masquer sa panne d’idées, nous poursuivons notre réflexion pour l’avenir de la ville et le mieux-être des Toulousains.

Depuis mars 2008 à l’UMP31 ce sont les femmes qui ont pris le pouvoir, avec Christine de Veyrac comme Présidente et Chantal Dounot-Sobraquès comme Secrétaire Générale, deux femmes de caractère. Dominique Baudis, qui sort grandi des dernières élections européennes, et Philippe Douste-Blazy n’ont pas dit leur dernier mot pour ramener Toulouse dans le giron de la droite. Comment voyez vous les élections municipales de 2014 pour la tête de liste ?
La question de savoir qui sera tête de liste aux prochaines élections municipales à Toulouse est loin d’être d’actualité ! Elle se posera à l’automne 2013 seulement. Je ne prétends donc à rien, pas plus que quiconque aujourd’hui. En revanche, j’ai le devoir et la légitimité pour animer l’Opposition municipale face au député-maire actuel et à sa Majorité ; c’est ce que je fais tous les jours, d’abord avec mes collègues élus au Conseil municipal, où je préside le Groupe “Toulouse pour Tous”, et, plus largement, avec tous les Toulousains désireux de s’impliquer pour leur ville, à travers l’association “Toulouse-Avenir”. Ce travail de fond, à la fois de réflexion, de présence sur le terrain et d’organisation, que nous développons à “Toulouse-Avenir” est indispensable. Si certains croient pouvoir se dispenser de ce travail considérable de reconstruction, en se reposant sur le seul choix d’une tête de liste providentielle, dont la désignation agirait comme une baguette magique, ils sont dans l’erreur. Mon sort personnel n’a aucune importance, il faudra être pragmatique et choisir le moment venu la personnalité qui aura le plus de chance de succès, que ce soit moi ou quelqu’un d’autre. Mais ce dont je suis fortement persuadé, c’est que nous avons tous besoin les uns des autres : personne, quel que serait son talent, ne pourrait l’emporter sans une union complète et profonde ; nous sommes tous condamnés à gagner ensemble ou à perdre ensemble.
 
Ne pensez-vous pas que Toulouse est avant toute chose une ville de Gauche ? Qu’il a fallu de fortes personnalités comme Pierre Baudis, Dominique Baudis et Philippe Douste-Blazy, de vrais centristes, pour faire penser l’inverse depuis plus de trente ans ?
Certains avaient effectivement oublié que Toulouse était et demeure une ville de gauche, et, pour être encore plus précis, que la Gauche n’a cessé de s’y renforcer depuis 1997, date à laquelle 5 des 6 circonscriptions toulousaines sont passées au PS, avant que la Région ne bascule elle-même en 1998, tout comme 6 cantons toulousains en mars 1998 et mars 2004. Sans doute nous sommes nous trop reposés sur l’aura des personnalités comme Dominique Baudis, puis de Philippe Douste-Blazy, au lieu de nous remettre en cause plus fondamentalement face au bouleversement sociologique considérable que la ville a connu. Nous nous sommes peut-être trop enfermés dans un rôle de gestionnaires, en allant insuffisamment à la rencontre et à l’écoute des aspirations nouvelles de la population, que ce soit les anciens ou les nouveaux Toulousains. La dimension politique nationale de Philippe Douste-Blazy, malgré les atouts objectifs qu’elle a apporté dans l’avancée de grands projets comme le Cancéropôle, a donné à l’équipe municipale une connotation politisée inhabituelle, qui ne pouvait que braquer l’électorat de Gauche modérée qui nous faisait confiance depuis le regretté Pierre Baudis.

 

Je ne suis pas candidat aux élections Régionales

Bientôt les élections régionales avec un Martin Malvy qui à 74 ans va briguer un troisième mandat. A l’UMP c’est la député-maire de Montauban, Brigitte Barèges, encore une femme de talent, qui sera tête de liste pour Midi-Pyrénées et défendra ses couleurs en Haute-Garonne. Serez-vous à ses côtés et comment ?
Brigitte Barèges, toulousaine, est une femme dynamique et passionnément attachée à notre région. Député-Maire de Montauban, elle a l’expérience et a su réveiller cette ville au- paravant un peu assoupie. Ces qualités, j’en suis sûr, peuvent être utiles à la région Midi-Pyrénées. Aussi, je la soutiens entièrement et sans réserve, et on verra ensemble, le moment venu, sous quelle forme ce soutien peut se concrétiser durant la campagne. C’est un soutien désintéressé, car je ne souhaite pas être candidat moi-même aux élections régionales.

Pour préparer l’avenir, n’était-il pas plus logique que vous meniez la liste UMP en Haute-Garonne et elle celle sur le Tarn et Garonne ?
C’est effectivement ce que certains m’ont proposé en haut lieu, en invoquant des sondages de notoriété et de popularité positifs à mon sujet. Mais, j’ai déjà été élu conseiller régional de 1992 à 2001, et je crois qu’il faut donner leur chance à de nouveaux talents pour incarner le renouvellement dont notre famille politique a tant besoin. Je crois aussi que nombre de nos concitoyens sont fatigués de voir toujours les mêmes candidats à toutes les élections, et je ne veux pas donner prise à ce sentiment. Franchement, les Toulousaines et les Toulousains m’attendent-ils au Conseil régional ? Je ne crois pas, et, en les rencontrant tous les jours dans la rue ou dans le métro, j’ai plutôt le sentiment qu’ils me trouvent à ma place quand je parle de Toulouse, de l’avenir de notre agglomération ou de la vie quotidienne de nos concitoyens.

Propos recueillis
par André Gérôme Gallego



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