Jean-Louis Chavoillon ; « Je me bats pour des idées, non contre des personnes »

Comme il le dit souvent : «Mener de front une activité libérale et un combat politique n’est pas toujours évident». Mais pour Jean-Louis Chavoillon, chef de famille et d’entreprise de 45 ans, natif de Castelsarrasin (82), l’engagement politique est une passion. En 1992, c’est le député-maire de Caussade Jean Bonhomme, qui lui met le pied à l’étrier en lui permettant de participer aux élections cantonales. De plus, en juillet 2006, il crée l’A.P.Ré, l’Atelier des Professionnels Réformistes de Toulouse, un club de réflexion et d’action politique dont il est le président. Aujourd’hui, ce sont les régionales qui le guident. En effet, Jean-Louis Chavoillon est en 24ème position sur la liste Haute-Garonne de Brigitte Barèges. Il s’en explique.

 
Jean-Louis Chavoillon, on ne peut pas dire que vous découvrez la politique ?
En effet, comme je vous l’expliquais, après la période Jean Bonhomme, en 1995 à Castelsarrasin malgré un contexte difficile, j’ai su, avec quelques amis fédérer 33 personnes autour de moi pour que nos idées soient représentées sur cette terre radicale. Quand j’ai “immigré” sur Toulouse, Brigitte Barèges, qui était en train de devenir une personnalité importante du département, n’était pas enthousiaste en me voyant quitter la ville de mon enfance. Qui sait, ce que réserve l’avenir ? Ce que je sais, en tout cas, c’est que Castelsarrasin restera pour moi ma ville de cœur. Mes parents y demeurent toujours et je garde des amis qui ont été des compagnons de route. Mais il ne faut pas être nostalgique et regarder vers l’avenir. Aujourd’hui, je suis en Haute-Garonne et j’ai repris le goût du militantisme actif après avoir mené une liste de rassemblement dans un petit village, Mons.
 
Vous êtes président du club de réflexion et d’action politique,  l’A.P.Ré. Avant de parler de Brigitte Barèges que vous soutenez pour ses élections régionales, rappelez-nous ce qu’est l’A.P.Ré ?
J’ai crée avec quelques amis l’Atelier des Professionnels Réformistes en juillet 2006 à partir d’un constat : il y avait un décalage complet entre la société civile et le monde politique. Pendant que nous faisions nos chicaneries politiciennes, nos électeurs attendaient des réponses concrètes aux problèmes de la vie quotidienne. Nous avons donc, à notre façon, tenté de combler ce décalage et notre naissance a été saluée, à l’époque, par le Président de la République. Depuis, sans relâche et en respectant tout le monde, au travers de débats de fond, nous n’avons cessé de relayer le message du monde professionnel vers le monde politique sur les différentes réformes engagées par la majorité présidentielle. Grâce à l’implication de tous, riche de l’expérience de chacun, l’A.P.Ré a su rester, depuis sa naissance, un atelier de réflexion, et d’agitation d’idées au sein du monde politique et au service de la société civile. Ce gisement de talents n’est pas un opposant au monde politique mais doit être une source d’inspiration. Pour une autre approche, un autre regard, une autre façon de faire de la politique. Pour créer une synergie entre toutes les composantes de notre majorité actuelle. Pour nourrir notre majorité de toutes les richesses issues de la diversité, et la sensibilité de chacun. Pour relayer les idées et les actions de Nicolas Sarkozy.

 

L’inertie de la gauche

Pourquoi selon vous Midi-Pyrénées doit-elle changer de majorité ?
Midi-Pyrénées est, tout d’abord, une région magnifique, merveilleusement située entre la Méditerranée et l’Océan Atlantique. De plus, elle est au carrefour de l’Europe du Sud avec notamment la Catalogne, là à nos portes. Pourtant Midi-Pyrénées n’est pas à mes yeux une région motrice par rapport à ses atouts naturels. Elle est gérée par la gauche qui depuis de nombreuses années pratique une politique “d’inertie”. Entre nous, c’est ce qui caractérise souvent nos politiques de tous bords, avec pour premier constat le renforcement du clientélisme électoral qui se révèle par la distribution de subventions en tous genres ; le plus souvent, sans pour autant faire les choix stratégiques qui s’imposent et sans participer à l’impulsion qui doit être nécessaire dans une économie globalisée. Le PS et le président sortant sont des notables, sûrement honorables, mais des notables et les garants de cette politique inerte. Midi-Pyrénées ne peut se contenter de cela. Midi Pyrénées a besoin d’ambition et d’audace et Brigitte Barèges est aujourd’hui la réponse à ces défis. A ce bilan s’ajoutent un niveau de revenu moyen enregistré, malgré Airbus, comme le plus bas de France. Un triste record ! Un tissu industriel traditionnel qui souffre. Une concentration essentiellement sur la métropole régionale ce qui sous-entend un problème d’aménagement du territoire avec le “Tout sur Toulouse”, des bouchons de circulation à l’allure parisienne,  des problèmes de délinquance… et un désert total dans certains départements. Je vous rappelle que les impôts locaux ont augmenté de façon constante de plus de 30 % en 5 ans, sans que l’on voie pour autant concrètement les investissements dont notre région a besoin. Une crise sans précédent prétend Monsieur Martin Malvy qui comme toujours dit que «C’est la faute de l’Etat.» Sauf que sur le plan de la relance, lorsque l’on examine de près le budget 2009 de la Région, on peut s’interroger sur ce que l’on fait pour les entreprises, les agriculteurs ? On diminue le budget de 7 %. Sur le budget d’1 milliard d’euros, 3 % vont à cette économie. Une absence totale de stratégie. La démographie augmente mais si nous ne mettons pas en place une véritable politique industrielle régionale cela ne suffira pas à garantir notre mieux-vivre légendaire. Que dire aussi de la diminution du budget consacré à l’accueil des personnes handicapées, comme des restrictions budgétaires pour les personnes âgées ? Tout ceci me laisse bien songeur quant aux aspirations de solidarité qu’a incarné autrefois le parti socialiste.

 

Rassemblement et ouverture

Selon vous, pourquoi Brigitte Barèges et les têtes de listes départementales qui l’accompagnent sont les meilleures pour diriger la région ?
Vous savez, exploiter la misère humaine pour en faire un strapontin, et pour essayer de déstabiliser le gouvernement, c’est la politique politicienne que l’A.P.Ré a toujours combattue. Les socialistes, en instrumentalisant les réformes du gouvernement, celle liée à la Taxe Professionnelle ainsi que celle qui vise à rationaliser l’organisation de nos différentes couches administratives notamment celles qui concernent les réformes des collectivités locales, se discréditent. Ils ne sont pas à la hauteur de cette mondialisation. Le monde est en compétition, les fédérations ou confédérations étatiques sont en concurrence. Que l’on ne se méprenne pas, les Nations sont dans cette compétition. Et dans ce contexte, les régions, les villes rivalisent entre elles, en mettant en avant leurs meilleurs atouts ; en défendant leurs acquis et en cherchant à se faire les plus attrayantes possibles. C’est normal, sauf quand Midi-Pyrénées reste sourde et aveugle face à cette réalité. Alors, pour répondre à votre question, trois raisons me viennent à l’esprit. La toute première c’est que Brigitte Barèges n’a pas un esprit clanique. Elle le prouve d’entrée de jeu en ayant volontairement décidé de ne pas mettre le sigle UMP sur ses affiches. Ainsi, elle souhaite, et le démontre, prendre la hauteur nécessaire pour présider autrement notre région. Sans pour autant renier sa famille politique, elle a su ouvrir et accueillir non seulement l’ensemble des représentants de la majorité présidentielle mais également des personnes qui ne sont pas du monde politique. La société civile que nous défendons peut, je le pense, y trouver toute sa place. C’est en tout cas l’enjeu qui est le nôtre pour accompagner les différentes têtes de listes. Plus important encore, à mes yeux, Brigitte Barèges est une élue de terrain et sa victoire dans la primaire UMP, est celle de la base. Même si aujourd’hui, nous rentrons dans une seconde phase, celle du rassemblement et de l’ouverture, elle reste proche des gens tout en restant animée par une force de conviction et de challenge. Elle a aujourd’hui l’expérience suffisante pour répondre à l’avenir. Enfin, vous n’ignorez pas les liens qui unissent l’A.P.Ré à Brigitte : elle est notre marraine. Mais au-delà de cela, elle a une qualité que peu de personnes ont en politique : La fidélité en amitié. Le fait de rester elle-même peut constituer pour Midi-Pyrénées un atout majeur.

Une gestion rigoureuse ?

Que pensez-vous du bilan du président sortant ?
Pas grand-chose si ce n’est beaucoup de temps perdu et une gestion qui n’est pas aussi rigoureuse que la majorité régionale le laisse entendre. Je pense notamment au problème de la Ligne à Grande Vitesse qui fait encore débat. Mais que dire aussi d’une fiscalité qui a totalement explosé ? Midi-Pyrénées mérite une Présidente capable de bousculer les habitudes, fidèle à ses idées, prenant de la hauteur sur le quotidien, et mettant en avant les valeurs de convivialité et de bon vivre qui s’assimilent à notre région.

Quelles sont vos qualités et de vos défauts en tant qu’homme engagé en politique ?
C’est toujours difficile et gênant de parler de soi. Ce que je peux vous dire, c’est que j’ai horreur de la malhonnêteté et de l’injustice. Je crois dans le respect de l’individu et me bats pour des idées et non contre des personnes. Malgré les attaques dures qui ne sont pas rares en politique, j’ai toujours gardé cette ligne de conduite. Concernant mes défauts, j’en ai plein mais je serais tenté de vous dire : demandez à mon épouse.

Quel message adresseriez-vous aux électeurs ?
Je répondrai simplement en citant le général de Gaulle qui disait que «Quand il y a de la volonté, il y a un chemin». Brigitte Barèges a cette volonté pour nous montrer le chemin mais ne peut nous forcer à le prendre. Sachons saisir cette occasion.

Propos recueillis
par Fabien Arous


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