Jean-Jacques Bolzan ; Une nouvelle force politique

Ce week-end, le Parti Radical, présidé par Jean-Louis Borloo a pris son envol. Réuni en congrès historique, les délégués du Parti
ont approuvé la charte des valeurs, le manifeste, et les statuts de l’Alliance républicaine, écologiste et sociale, avant de voter à 93 % leur départ de l’UMP et d’acter la participation d’un candidat centriste à l’élection présidentielle de 2012. Cette nouvelle Alliance Républicaine écologiste et sociale entend bien peser dans le paysage politique français, comme l’explique le secrétaire départemental du Parti Radical 31, Jean-Jacques Bolzan. Interview.

 
Jean-Jacques Bolzan, c’est un nouveau parti qui s’est créé ce week-end ?
Bien sûr ! C’est même une nouvelle force politique. Les militants et Jean-Louis Borloo ont montré toute leur détermination à aller de l’avant. Nous allons proposer au pays un projet, une méthode, un espoir nouveaux.

Qui en fait partie concrètement ?
Pour l’instant le Nouveau Centre, le Parti Radical. Puis le week-end prochain, ce sera au tour de la Convention démocrate de Hervé de Charrette. La Gauche Moderne se prononcera à la fin du mois et l’Alliance centriste début juillet.

Parmi les votes, vous avez acté la sortie immédiate de l’UMP. Qu’est-ce que cela implique ?
Que nous sommes désormais une force politique indépendante de l’UMP. Il y a maintenant une offre entre le PS et l’UMP. Si nous le faisons, c’est pour refonder notre famille politique. C’est pour nous adresser aux Français. C’est pour répondre aux besoins du pays.

De l’oxygène au pays

Yves Jégo, vice-président du Parti Radical, a déclaré que vous restiez alliés à l’UMP. Ce n’est pas très clair…
C’est très clair au contraire : nous sommes indépendants. La coalition centriste a vocation à faire contrepoids à l’UMP. La majorité a besoin de ses deux piliers. Et, soyons optimistes (il le faut en politique !) : si nous arrivons en tête, l’UMP viendra vers nous ! Au vu de l’abstention aux régionales, aux cantonales, et du vote extrême droite, je suis persuadé que cette nouvelle offre va véritablement apporter de l’oxygène au pays.

Sans l’aide de l’UMP, vous pensez vraiment remporter les prochaines élections, les législatives par exemple ?
Bien sûr, même si au final, ce sont les électeurs qui tranchent ! Mais ce ne sont pas les menaces des uns ou des autres qui nous feront reculer. Quand vous regardez tous les sondages, le Centre représente entre 20 et 25 % des suffrages. C’est dire s’il y a du potentiel.

Le numéro Un de l’UMP Jean-François Copé, a fait cette déclaration : «Il y a une jurisprudence Chevènement qui a fait perdre Jospin, j’invite chacun à avoir ça en tête.» Comment la prenez-vous ?

S’il était serein, il ne ferait pas ce genre de déclaration. En plus, tous les sondages montrent, qu’avec ou sans Jean-Louis Borloo, nous prenons très peu sur l’électorat UMP. L’électorat centriste qui vient de la gauche modérée, les déçus du sarkozysme, des abstentionnistes et ceux qui ont voté Front National, vont se retrouver dans cette future confédération. Nous porterons un projet qui ne saurait s’aplatir devant l’UMP, même face à un risque de 21 avril à l’envers. Ce risque implique tout le monde : les centristes comme l’UMP, le PS ou Europe Ecologie Les Verts.

Quelles sont les raisons du divorce avec l’UMP ?
Au début, l’UMP a été créée avec les sociaux démocrates, les gaullistes sociaux, le RPR et les UDF amenés par Philippe Douste-Blazy. L’idée était d’y faire exister ces différents courants. Puis ce parti a dérivé en RPR pur et dur. On a fait comprendre à tous ces courants qu’ils devaient rester dans l’UMP mais qu’ils ne comptaient pas. De plus, depuis plusieurs mois l’UMP s’est “droitisée” et ne réagit plus qu’au coup par coup sans avoir de vision pour la France.

 

Jean-Louis Borloo est vraiment déterminé

Jean-François Copé répond justement : «Je ne laisserai personne expliquer qu’à l’UMP, il n’y a pas une sensibilité humaniste, européenne ou écologique»…
Jean-François Copé est numéro Un de l’UMP depuis quelques mois. Ce n’est pas à l’approche d’élections qu’il faut décider de donner la parole ou des responsabilités. Les paroles c’est bien, mais en politique, je préfère les actes.

François Bayrou vous a lui aussi critiqué ce week-end. Quelle est votre position vis-à-vis du MoDem ?
La porte est ouverte. Tous ceux qui portent nos valeurs, centristes, écologistes, radicales, sont les bienvenus. François Bayrou veut continuer à exister mais plus grand monde ne le suit.

Qu’est-ce qui vous différencie du MoDem ?
Notre positionnement. Nous sommes clairs. Les électeurs savent vers qui nous nous tournerons au deuxième tour. Nous pratiquerons aussi la démocratie de proximité mais pas à la sauce socialiste qui se résume à beaucoup de réunions mais peu d’actions.

Dans quel état d’esprit partez-vous ?
Sans être belliqueux. Nous allons poursuivre notre chemin en présentant un candidat et un projet humaniste pour la France. Il faut remettre l’Homme au centre des débats.

Quels sont les prochains rendez-vous de l’Alliance Républicaine écologiste et sociale ?
Après la mise en place de l’Alliance cet été, il y aura en septembre la création d’un groupe parlementaire à l’Assemblée où se retrouveront tous les partis membres de la confédération dès l’ouverture de la session parlementaire d’octobre prochain. Et en ce qui concerne la Fédération de Haute-Garonne, je vais annoncer cette semaine, quels seront nos dix délégués de circonscription au niveau du Parti Radical ainsi que la mise en place des commissions de travail. J’ajoute que l’Alliance a vocation à avoir des candidats à toutes les élections.

Jean-Louis Borloo dira entre l’été et l’automne s’il sera ou pas candidat à la présidentielle de 2012. Pensez-vous qu’il le sera ?
Oui, il est vraiment déterminé. Il saura résister aux pressions des uns et des autres. Son désir, c’est de porter un projet alternatif à la gauche et à l’UMP.

En quoi est-il pour vous le candidat idéal ?
Sa méthode de travail est consensuelle. Il sort du lot de tous ces énarques, de tous ces politiciens qui sortent des mêmes écoles, qui ont les mêmes conseillers politiques. Jean-Louis Borloo a eu une activité professionnelle avant de faire de la politique. Il sait ce qu’est la vraie vie. Il a été maire de Valenciennes, ville qui était au fond du trou et qu’il a su remonter de façon spectaculaire. En tant que ministre, il a également fait ses preuves, lorsqu’il était ministre de la Ville et de la Rénovation urbaine puis en prenant à bras le corps le Grenelle de l’environnement. Et je dirais que ce week-end, il a fait mentir tous ceux qui pensaient qu’il n’irait pas au bout, que le Parti Radical reculerait. Je le crois vraiment capable d’assumer les plus hautes fonctions au niveau de l’Etat, sinon, je ne le suivrais pas.

Propos recueillis
par Claire Manaud


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.