« Je découvre encore Toulouse »

Passionné d’histoire et d’art, Georges Brielle a consacré sa vie à la mise en valeur du patrimoine toulousain. Aujourd’hui à la retraite, il continue à s’investir dans ce domaine et nous livre une sélection d’ouvrages incontournables pour découvrir les richesses de la Ville rose.

 
Georges Brielle, vous êtes un personnage incontournable lorsqu’on évoque le patrimoine à Toulouse. Pouvez-vous nous rappeler votre parcours ?
J’ai été libraire durant 30 ans chez Privat et parallèlement quelques années dans leur secteur “éditions”. Je m’intéresse depuis longtemps à la question du patrimoine, suite à des études d’histoire et d’histoire de l’art à la fac de lettres de Toulouse. Je suis entré dans l’association ATHA (Association Toulousaine d’Histoire de l’Art), devenue par la suite Arthémis et dirigée par Sonia Ruiz, aujourd’hui adjointe au maire en charge du tourisme. J’ai toujours vécu à Toulouse, à part un petit détour par l’Algérie pour de la coopération dans l’enseignement. Aujourd’hui, je suis à la retraite, toujours membre de l’association Arthémis où je m’occupe essentiellement de la bibliothèque et du centre de documentation. Je fais également partie de l’association des Toulousains de Toulouse et, par ce biais, j’accueille bénévolement les visiteurs du Musée du Vieux Toulouse une fois par semaine. Enfin, je vais débuter avec mes collègues de cette association un travail de numérisation de notre revue “L’Auta”, qui existe depuis un siècle et qui est consacré au patrimoine toulousain. Il s’agit d’une mine d’informations pour les guides.

Vous êtes donc un féru de lecture…
Oh oui, après 30 ans passés en librairie ! De plus, je me suis occupé durant 22 ans de défendre le fonds historique régional. Lorsque j’ai établi cette liste de 10 livres pour découvrir le patrimoine, j’ai axé mon choix sur des ouvrages encore disponibles dans le commerce. J’ai commencé ma sélection par deux livres qui me semblent incontournables sur l’histoire de Toulouse. Car histoire et patrimoine sont intimement liés. En général, un monument ne peut s’expliquer que par un contexte. L’ouvrage de Taillefer est plutôt universitaire alors que celui d’Anne Le Stang est plus accessible. Mais je pense que d’autres livres uniquement consultables en bibliothèques restent très intéressants. Je pense au “Dictionnaire des rues de Toulouse” de Pierre Salies ou des ouvrages de Robert Mesuret ou Paul Mesplé.

Qu’est-ce qui vous fascine personnellement dans l’histoire de Toulouse ?
Ce que l’on nomme le siècle d’or toulousain avec le commerce du pastel. C’est une période de bouleversement économique avec une importance exceptionnelle en France des marchands toulousains, qui commerçaient avec toute l’Europe. En contrepartie de cet enrichissement fabuleux, il nous reste des demeures et des hôtels particuliers magnifiques sans équivalent aujourd’hui. C’est également à cette époque qu’est née l’expression “pays de Cocagne” en référence aux coques, qui était une manière de travailler le pastel et de le commercialiser. Beaucoup de Toulousains l’ignorent.

Etes-vous encore surpris, parfois, par Toulouse ?
Je découvre encore et, ces dernières années, le livre  “Toulouse secret et insolite” m’a aidé à regarder la ville autrement. Je ne suis pas un professionnel du tourisme, même si je suis curieux et attentif. Les deux auteurs, avec leur regard très pointu, nous donnent un nouvel éclairage sur des éléments que l’on ignore alors que l’on passe à côté tous les jours. On a publié beaucoup de choses sur le patrimoine mais on n’a pas pris le temps de flâner et cet ouvrage arrive à point nommé.

Propos recueillis
par Sophie Orus


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