James Deano; Interrogatoire

Il est fils de commissaire de police, issu de la classe moyenne et de nationalité belge. Rien ne prédestinait donc James Deano à devenir rappeur et pourtant… Il a fait un carton en France avec son premier album «Le fils du commissaire» et le titre «Les Blancs ne savent pas danser». Rencontre avant son concert le 4 octobre à Grenade-sur-Garonne.
James Deano, pourquoi le rap alors que votre environnement ne vous prédestinait pas à ce genre musical ?
J’ai commencé à raper par simple goût musical et pas pour diffuser un message ou représenter mon quartier. Puis j’ai appris à raper pendant cinq ans avant de sortir mon premier maxi en indépendant, «Branleur de service». Cela m’a permis de faire quelques radios et des concerts pour la promotion du produit. Puis j’ai gagné un concours très médiatique en Belgique qui m’a fait connaître jusqu’à la proposition d’une maison de disques française qui a produit mon premier album en 2008 : «Le fils du commissaire».

La scène française est-elle incontournable pour un rapeur belge ?
La Belgique est un tout petit pays coupé en deux. Les francophones qui écoutent le rap ne sont pas nombreux. A Bruxelles, on est très près de Paris donc fatalement on a envie d’élargir notre public.

Le fait d’être fils de policier vous a-t-il freiné ou au contraire boosté ?
Les deux. Je ne me sentais pas à ma place dans le rap car je n’avais pas les caractéristiques du rapeur traditionnel. Mais d’un autre côté, je suis un personnage hors du commun qui intéresse les médias.

 

Deux visages

Comment avez-vous élaboré votre premier album ?
Beaucoup de chansons étaient déjà écrites et j’en ai rajouté quelques-unes, dont «Les Blancs ne savent pas danser». C’est d’ailleurs celle qui a le plus marché ! En général, les histoires que je raconte sont autobiographiques même si elles sont romancées.

Sur certains morceaux, on entend des guitares. Avez-vous d’autres influences que le rap ?
J’étais guitariste à la base et quand j’ai commencé le rap, j’ai travaillé avec un beatmaker (personne qui crée des beats pour habiller les textes des rapeurs, ndlr) qui adorait le rock et le heavy metal. Cet album est donc très guitare électrique.

Vous avez des chansons divertissantes comme «Les Blancs…» mais également des titres beaucoup plus sérieux. Comment gérez-vous cette envie de vous amuser et de délivrer des messages ?
C’est un peu la nature humaine qui fonctionne en bipolarité, avec un côté sombre et un côté plus joyeux. Les messages ne sont jamais prémédités. J’ai toujours pratiqué le rap de façon égocentrique, sans avoir de but précis. Mais, forcément, des messages apparaissent car ils font partie de mon parcours. Certaines chansons sont plus légères, c’est sûr, comme «Playboy». C’est Franck Dubosc qui m’a inspiré ce personnage sûr de lui mais vulgaire.

 

Ça change du rap traditionnel

Vous avez collaboré avec d’autres artistes sur cet album…
Diam’s a pu écouter les maquettes de mon album avant sa sortie et elle a bien kiffé le projet. Alors je lui ai proposé de choisir une chanson et de rajouter un couplet («Sans exception», ndlr). On a enregistré en studio et on a bien accroché. J’ai été invité à Taratata et je devais faire un duo avec un artiste connue et elle a accepté de m’accompagner. C’est une belle rencontre et un honneur. C’est ma marraine ! Dans l’album, il y a également un battle avec Akro, le chanteur de Starflam, le seul groupe belge qui a réussi dans notre pays. C’est un précurseur pour moi, un modèle et c’était l’occasion de collaborer. Mais on dit souvent que c’est lui qui a gagné le battle !

Quels sont vos projets aujourd’hui ?
J’essaie de bosser un nouvel album mais je n’ai plus de textes et je n’ai pas réussi à beaucoup travailler cette année. Ce n’est pas facile de remettre la machine en route mais je voudrais le sortir en février ou mars.

Avez-vous un message pour les Toulousains avant votre concert ?
C’est l’occasion d’écouter du rap d’auteur, comme il existe le cinéma d’auteur. Ce concert est très complet avec des chansons à textes et des univers différents. Tout est bien compréhensible et audible, on s’amuse et ça change du rap traditionnel. Souvent, les gens viennent me voir pour me dire qu’ils n’aimaient pas le rap mais qu’ils ont aimé mon concert car je ne suis pas dans l’agressivité ou la revendication.

Propos recueillis par Sophie Orus

James Deano en concert
Samedi 4 octobre à 19h
Salle des fêtes de Grenade-sur-Garonne


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.