Jacques Briat ; Un appel républicain

Né à Valence d’Agen, Jacques Briat, élu député plusieurs fois sur la circonscription N° 2 de Tarn-et-Garonne (Valence d’Agen, Castelsarrasin etc.) est candidat aux prochaines législatives. A quelques mois de cette importante échéance électorale, cet ex-président de l’UMP Tarn-et-Garonne et ancien responsable UDF de ce département, dénonce les petits accords contre nature. Rencontre.

 
Jacques Briat, vous avez décidé de vous présenter aux législatives de 2012. Qu’est-ce qui a motivé cette décision ?
Je considère être légitimement le candidat de cette circonscription. Elu déjà plu- sieurs fois, originaire de Valence d’Agen, pharmacien à Valence d’Agen, j’ai été battu lors des dernières législatives, de très peu et surtout du fait de petits arrangements qui ont sacrifié le candidat de la majorité présidentielle. Il est normal aujourd’hui que je me batte avec mes idées libérales républicaines aux côté de tous ceux qui me soutiennent.

Allez-vous demander l’investiture à l’UMP ?
L’histoire de l’UMP, surtout dans le Tarn-et-Garonne est un peu particulière. Comme vous le savez, je suis issu de la majorité centriste, j’étais le représentant de l’UDF dans le Tarn-et-Garonne. Au moment de la création de l’UMP, j’ai été aux côtés de tous ceux qui se sont ralliés à ce mouvement et j’ai assumé la fonction de responsable départemental pendant un certain temps. Malheureusement, les mauvaises habitudes de la gauche que sont le débauchage, le dévoiement et les “épiceries” électorales, ont aussi atteint l’UMP. Depuis quelque temps, on n’investit plus que des opposants à la majorité, comme les débauchages de membres du PRG que j’ai copieusement dénoncés dans la presse au moment des élections régionales. En ce qui concerne l’investiture de l’UMP je ne l’ai pas demandée. En revanche, j’ai été contacté directement par Paris qui m’a proposé cette investiture, mais je ne sais pas encore si je l’accepterai. Je veux avant tout rester libre et pouvoir défendre tous les projets qui me tiennent à cœur. Je suis et reste un républicain libéral, beaucoup d’idées défendues par l’UMP me conviennent parfaitement, mais je veux garder la possibilité d’en critiquer d’autres, en particulier sur le plan social.

Une hégémonie qui déplaît

Votre position dans cette élection ne sera pas simple, entre le PRG et son président Jean-Michel Baylet qui va sans aucun doute essayer de reconduire le mandat de Madame Pinel et l’UMP dont la présidente Brigitte Barèges veut investir Philippe de Vergnette…
Au contraire, je suis aujourd’hui libre et c’est cette liberté qui me donnera la possibilité d’être en bonne place pour redevenir le député que j’étais. Depuis quelques années l’UMP a pratiquement tout perdu dans le département sauf le mandat de sa présidente, du côté du PRG son hégémonie déplaît beaucoup au parti socialiste du département, je dirais davantage même qu’à l’UMP. Je reste donc le seul ayant une connaissance parfaite du “terrain”. Je suis très apprécié dans la circonscription par nombre de personnes qui se reconnaissent dans mes positions et mes convictions. Si je reviens sur le terrain politique, c’est parce que beaucoup me l’ont demandé, pour lancer un appel républicain. Beaucoup de choses sont à faire ici. De plus, tout le monde sait que je ne me suis jamais prêté aux petits accords électoraux contre nature, je les ai toujours dénoncés et cela m’a souvent valu d’être écarté. Ces arrangements sont con-nus de tous et certains membres aussi bien du PRG que de l’UMP ne sont plus dupes du tout. Ils ont bien compris que ces accords étaient toujours passés sur le dos d’amis ou de soutiens. J’ajoute que ce qui se passe en Tarn-et-Garonne se passe aussi dans le département voisin de la Haute-Garonne, pour avoir les lignes du journal régional que ne feraient-ils pas !

On a lu certaines critiques à votre sujet, en particulier sur vos changements d’appartenance politique, qu’en est-il exactement ?
Certains voudraient faire croire que je n’ai pas de ligne politique car cela les arrange bien. N’oubliez pas que c’est la création de l’UMP qui a engendré toutes ces hésitations et ces mélanges, l’absorption de l’UDF et des autres centristes a mis le doute dans de nombreux esprits. Pour ma part j’ai toujours eu la même ligne de conduite. J’ai été président de l’UDF Tarn-et-Garonne entre 1984 et 1998, avant un bref rapprochement avec démocratie libérale – qui est aussi un courant centriste – puis j’ai immédiatement été membre de l’UMP et son président départemental. Au sein de l’UMP, les centristes ont eu beaucoup de mal à exister par eux-mêmes et c’est en 2010 que certains ont tenté de reprendre leur liberté, en particulier les Radicaux Valoisiens. Etant très ami avec Jacques Rossinot, c’est naturellement que j’ai eu des liens d’amitiés avec Jean Louis Borloo. Par contre dès que j’ai vu le rapprochement des Radicaux Valoisiens avec les Radicaux de Gauche, les tentatives de débauchage m’ayant déjà coûté très cher électoralement parlant, je me suis immédiatement désolidarisé pour garder ma liberté et surtout pour affirmer haut et fort que je suis membre de la majorité et pas un transfuge passé à gauche. L’honneur et la fidélité en politique c’est important et je trouve que cela s’est beaucoup perdu ces temps ci.

« Aux cantonales, les électeurs ont tranché »

Vous voulez parler des ouvertures faites par le président Sarkozy ?
Pas seulement. On voit des personnes investies par des partis localement alors qu’elles n’en ont aucun des fondements. Lors des régionales dans le Tarn-et-Garonne, j’ai dénoncé les positions prises pour mettre en position éligible des ennemis politiques d’hier aux dépends de ceux qui ont toujours défendu les idées de la majorité. Lors des élections cantonales, nous avons aussi vu les mêmes dérives, et les résultats ne se sont pas faits attendre : les électeurs ont tranché. Il ne faut pas perdre de vue qu’un électeur défendant les idées de la majorité présidentielle rechigne toujours à voter pour un membre de l’opposition même s’il est présenté par le leader du parti de la majorité. Ce que l’on a entendu sur le terrain au moment des élections était très explicite, le mauvais score de l’UMP aussi. Il ne faut pas confondre ouverture au gouvernement et arrangements locaux contre nature. Vos positions sont claires.

Quelle sera votre attitude fa-ce aux éventuels candidats soutenus par l’UMP ?
Je suis, je le répète, un républicain libéral attaché à la majorité de droite et j’y resterai. En ce qui concerne l’UMP local, Brigitte Barèges veut investir le président de la chambre d’agriculture, qui a une position difficile : il est opposant sur de nombreux points à la politique agricole du gouvernement et se bat aux côtés de l’opposition sur ce terrain. N’ayant aucune expérience politique, il n’aura sans doute pas un impact très fort sur ces élections. C’est peut-être ce que l’UMP locale souhaite. Quant aux autres candidats “dits de l’UMP” mais plutôt auto proclamés, ils ne représentent qu’une marginalité peu influente sur le plan politique. Il n’est qu’à voir leurs résultats locaux aux cantonales, alors qu’ils avaient le soutien de l’UMP.

Les rapprochements de F. Bayrou avec la gauche

Les présidentielles arrivent, avant les législatives, elles vont conditionner tout le res-te. Qu’en pensez-vous ?
Bien sûr, l’échéance électorale des présidentielles est majeure et c’est elle qui va conditionner la suite. Pour ma part, je suis clairement aux côtés de la majorité, avec quelques réserves sur les cinq ans qui viennent de se passer. Nicolas Sarkozy s’est battu et la crise qui s’est développée depuis 2008 n’a pas rendu les choses faciles. Par conséquent, il est clair qu’au deuxième tour, lors d’un duel Hollande/Sarkozy je n’aurai aucune hésitation et je voterai Nicolas Sarkozy. Par contre le premier tour sera riche en surprises, en propositions, et revirements de toutes sortes. Pour ma part ma famille centriste de la majorité n’est représentée que très difficilement. François Bayrou a été pendant longtemps à nos côtés, il a fait un score important en 2007 et il est à peu près certain qu’il recommencera cette fois-ci. Je crains beaucoup toutefois ses rapprochements avec la gauche, dus en grande partie par Marielle De Sarnez. J’espère qu’il ne refera pas cette erreur. Il défend certaines idées qui me sont chères aussi et qui ne sont pas reprises par l’UMP. Quoiqu’il en soit, je me réserve jusqu’au mois d’Avril pour savoir où ira mon vote du premier tour.

Pensez-vous qu’après ces élections présidentielles, les centristes se retrouveront avec un groupe clairement séparé de l’UMP au palais Bourbon ?
Je le pense très sincèrement et c‘est d‘ailleurs ce qui est clairement affiché aujourd’hui. Nous sommes toujours aux côtés de la majorité mais nous avons repris notre liberté de parole et c’est sur ces bases que je compte me présenter devant les électeurs du Tarn-et-Garonne.



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