Interview décalée: Jean-Paul Escudier

Avocat au barreau de Toulouse, Jean-Paul Escudier parvient à trouver du temps pour s’adonner à ses passions, et elles sont nombreuses. L’une d’entre elles, l’écriture, l’a poussé à faire paraître deux ouvrages atypiques aux Editions Ixcéa : « Visages et traits de caractères » et « Poésies ». Mais il sait aussi se prêter à des activités plus légères… comme répondre à notre interview décalée.

 

La phrase que vous ne supportez pas d’entendre ?

« On s’appelle et on fait une bouffe !» Ça n’est jamais suivi d’effet, d’autant qu’ « ON » est un article indéfini qui permet à chacun de ne pas appeler l’autre et donc d’avoir bonne conscience.

 

Quel est votre plus beau souvenir d’enfance ?

Le jour où j’ai cessé de croire au Père-Noël, j’étais enfin devenu adulte. Je pouvais mettre en cause la parole des autres adultes.

 

Votre plus grosse gaffe ?

Philippe Douste-Blazy m’avait demandé de le représenter à un enterrement. Au lieu de dire à la fille du défunt « Mes condoléances » je lui ai dit « Mes félicitations »… Heureusement, les deux petits-fils du défunt avaient fait un éloge particulièrement émouvant et j’ai pu embrayer en bégayant « Mes félicitations… pour l’hommage émouvant de vos deux fils ». Mes condoléances sont arrivées par la suite, mais elles faisaient un peu plaquées.

 

Votre plus grande peur ?

J’avais six ans, je suis tombé dans une fosse à purin. Non seulement j’ai cru ne jamais pouvoir en sortir mais lorsque j’ai pu, l’humiliation est venue s’ajouter à la peur, sans parler bien entendu de l’odeur… !

 

Votre plus belle expérience ?

J’ai absolument tenu à assister à la naissance de mes deux filles. Même toutes plissées, suintantes, rouges et hurlantes, je les ai trouvées belles et depuis je n’ai jamais cessé de le penser…

 

Quelle est votre émission TV préférée ?

Toutes les émissions historiques : « La caméra explore le temps » est l’émission qui m’a donné le goût de l’Histoire, il y a de cela un demi-siècle. Depuis je suis avec passion le travail d’Historien de Franck Ferran et de Stéphane Bern.

 

Et celle que vous détestez ?

Les émissions de télé-réalité superficielle, inutile et manipulée. Ça n’apprend rien, c’est du voyeurisme instrumentalisé et gratuit.

 

Qu’est-ce qui vous fait rire ?

J’aime le comique de gestes, celui de situation, l’humour noir, le rire jaune, la traque du ridicule et de la suffisance, et par-dessus tout l’autodérision qui nous ramène à ce que nous sommes : un éclair de lucidité entre deux néants.

 

Quel est votre péché mignon ?

Un goût immodéré pour le caraque, gâteau au pur chocolat noir.

 

Le pire cadeau que vous ayez offert ?

J’ai toujours rêvé lorsque je subis une invitation d’offrir les toutes petites savonnettes et les petits shampoings déposés dans les chambres d’hôtel en complétant bien entendu ce somptueux cadeau par le bonnet de bain qui va avec.

 

Votre restaurant toulousain préféré ?

La péniche « La belle chaurienne » qui se trouve près d’Héraclès. Outre son excellent foie gras, elle me donne l’illusion de pouvoir à son bord remonter le Canal du Midi jusqu’à l’Atlantique.

 

Quel est votre gadget préféré ?

Un tour de magie dont le trucage laisse croire que je pratique la télépathie. C’est mon objet fétiche qui m’a permis de devenir Président d’Honneur de Magicus, l’association des presti-agitateurs.

 

Quel est votre animal préféré ?

Le coq parce que je suis gaulois et très chauvin mais aussi selon l’expression consacrée car c’est le seul animal capable de chanter avec les pieds dans la merde.

 

Si la fin du monde approchait, que vous empresseriez-vous de faire ?

Je ferais l’amour mais sans empressement. Je pense cependant que mon épouse émettrait quelques réserves sur le moment choisi.

 

Propos recueillis par Séverine Sarrat



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