Insee: 12 quartiers prioritaires à Toulouse

Jean-Philippe Grouthier, directeur régional Insee, Françoise Delrieu chargée de mission "politique de la ville" à Ressources et territoires, Michel Maufaux de la DRJSCS

L’Insee Midi-Pyrénées et ses partenaires* publient une étude nommée « La politique de la ville en Midi-Pyrénées : 57 quartiers prioritaires passés au crible ». Un nouvel outil, tout premier du genre, qui constitue une base de travail statistique. Des données clés qui pourront permettre aux politiques d’évaluer l’efficacité des politiques de la ville.

La région Midi-Pyrénées est auréolée de 57 quartiers prioritaires. Plus de 136 000 personnes résident dans ces zones dont les contours ont été définis par les différentes politiques de la ville sur des critères basés essentiellement sur des difficultés économiques et sociales (avec des indicateurs comme la part des personnes au RSA, de la population à bas revenus, taux d’inactivité des 25-64 ans…). Ces secteurs combinent par endroits des Zones Urbaines Sensibles (ZUS) ou des Nouveaux Quartiers Prioritaires (NQP) non ZUS en plus du découpage des Contrats Urbains de Cohésion Sociale (CUCS). L’Insee Midi-Pyrénées et ses partenaires ont par cette première étude du genre créé «un point zéro qui était attendu par les élus pour l’évaluation de la politique de la ville » explique Jean-Philippe Grouthier, directeur régional de l’Insee. Ces 57 quartiers, localisés dans treize unités urbaines de la Région, sont hiérarchisés par l’Insee en six groupes définis selon le contraste des revenus du quartier par rapport à ceux de son environnement urbain et la disparité interne des revenus au sein du   quartier. Cette classification permet de voir si la population regroupé dans un quartier est homogène ou non par exemple, ou d’évaluer la mixité dans les quartiers. Toulouse compte 12 quartiers prioritaires (Reynerie-Bellefontaine, Empalot, Negreneys, La Gloire, Bourbaki, Le vivier-Le Maçon,  Ginestous, La Faourette-Bagatelle-Borderouge, la Cité Madrid, Les Izards, Jolimont et Amouroux) dont 5 ZUS (Reynerie-Bellefontaine, Empalot, Le vivier-Le Maçon, Les Izards et La Faourette-Bagatelle-Borderouge).

6.2% des Toulousains vivent en quartier prioritaire

Ces quartiers hébergent une population de 50 839 personnes soit 6.2% de la population de la ville rose. Avec un revenu médian de 1 700€ par habitant, Toulouse est la ville la plus riche de Midi-Pyrénées, suit Albi. Dans les villes riches et les grandes agglomérations, les contrastes entre les quartiers et décalages d’un quartier à l’autre sont bien souvent plus visibles, Toulouse ne fait pas exception. Dix des douze quartiers de la ville rose figurent dans les groupes indiquant des quartiers à fort contraste et qui selon Claire Bore de l’Insee «concentrent des revenus très faibles, une population plutôt jeune dont la part sans diplôme est importante ». Ce constat s’amplifie dans les ZUS. Ces zones sont comme des enclaves, et cela ne date pas d’aujourd’hui.

Cette étude dresse donc un tableau précis de la situation actuelle de ses quartiers. A l’heure où l’expression « effort budgétaire » résonne dans tous les esprits et suite à l’annonce du Premier Ministre Ayrault, mardi 19 février, de concentrer les efforts de la politique de la ville sur 1 000 quartiers plutôt que sur les 2 500 actuels, nul doute que cet outil trouvera utilisateur.

 

*La Direction Régionale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale (DRJSCS), la Direction Régionale de Ressources et Territoires, L’Agence Nationale pour la Cohésion Sociale et l’Egalité des chances, la Préfecture de Région.

 

Marie-Agnes Espa



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