Impôts locaux ; Hausse probable en 2010

Crise et politique gouvernementale sont mises en avant par l’équipe municipale en place pour justifier une probable hausse des impôts locaux toulousains l’année prochaine. L’opposition, elle, parle de recul.

 
Les Toulousains qui n’étaient pas branchés sur Europe 1 vendredi dernier, n’ont très certainement pas eu une information qui pourtant les concerne de près. En 2010, leurs impôts locaux devraient augmenter de près de 5 %. C’est ce qu’a déclaré le Maire de Toulouse, Pierre Cohen, au micro de Jean-Pierre Elkabbach, en visite dans la ville rose.
Au Conseil municipal qui suivit, point d’annonce de ce genre bien que le débat ait porté sur les orientations budgétaires de 2010. D’entrée de jeu, comme on pouvait s’y attendre, la majorité PS annonce la couleur et celle-ci n’est pas rose : «L’élaboration du budget 2010 intervient dans un contexte économique, financier et fiscal de crise». La réforme de la taxe professionnelle et le «recul des dotations de l’Etat» sont également mis en cause.
En clair, «le contribuable devra payer si les collectivités veulent maintenir le service public local» annonce Joël Carreiras, adjoint au maire aux finances ; conséquence directe, selon ce dernier, de la politique gouvernementale qui, «augmente les déficits publics», «transfère la fiscalité des entreprises sur les ménages» avec la suppression de la taxe professionnelle, et permet «aux plus privilégiés», grâce au bouclier fiscal, «de ne plus payer un centime des nouvelles taxes», précise à son tour Pierre Cohen. Et pour mieux enfoncer le clou, l’équipe municipale de s’appuyer sur les dires récents des deux anciens premiers ministres de droite, Jean-Pierre Raffarin et Alain Juppé.

 

60 millions d’euros pour l’éducation

Pour l’opposition municipale et Jean-Luc Moudenc, le but du débat est clair : «Vous voulez faire un procès au gouvernement et à la majorité en place». Le Président du Groupe Toulouse pour tous, dit «craindre un recul de Toulouse, la ville française qui a investi le plus de 2004 à 2008, sans être endettée.» Réponse du Maire de Toulouse dans un bras de fer musclé : «Je préfèrerais de la dette d’un côté avec, de l’autre, un grand nombre d’investissements».
A ce propos, ce sont 130 millions d’euros qui seront consacrés aux dépenses d’investissement en 2010. Mais avec des dépenses de fonctionnement «maîtrisées», +3.4 % par rapport au budget primitif 2009 et des recettes qui elles, progressent de 1.3 %, se crée «un équilibre délicat» explique la majorité, qui pourrait freiner son «ambitieux et nécessaire programme d’investissements» et «peser sur la capacité d’épargne de la collectivité.» Un emprunt de 40 millions d’euros environ n’est d’ailleurs pas exclu.
Au cœur des dépenses d’investissement annoncées pour l’année prochaine : l’éducation, avec un plan de remise à niveau des bâtiments scolaires pour un montant total de 60 millions d’euros sur 3 ans. Viennent ensuite, le Grand Projet de Ville avec le financement notamment d’une bibliothèque à la Reynerie, le logement d’urgence et l’aide à la réhabilitation des logements vacants, le développement de l’offre d’accueil de la petite enfance, la réalisation et l’aménagement d’équipements de proximité culturels et sportifs dont la piscine patinoire des Argoulets. Enfin la mairie a pour objectif d’installer dans chaque quartier une maison communale de la citoyenneté. Le vote du budget primitif 2010 est fixé au 18 décembre.

Claire Manaud


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