Impôt sur le revenu ; Mode d’emploi

Le courrier tant redouté
adressé aux Français par le ministère des
Finances est certainement arrivé dans votre boîte aux
lettres. Voici quelques conseils et astuces pour remplir plus
facilement votre avis d’imposition et faire quelques économies.

 

Tout vérifier

L’administration vous mâche le travail mais il convient dès la réception du document pré-rempli de vérifier les informations fournies : nom, prénom, coordonnées… et surtout montant des revenus. Il n’est pas nécessaire de fournir de justificatifs si vous modifiez les chiffres. Mais attention : si le montant pré-rempli est inférieur aux revenus réellement perçus, l’administration fiscale ne vous oubliera pas en fin d’année. Par contre, si vous omettez de corriger votre feuille, l’impôt sera calculé sur le montant pré-rempli. Il vous faudra faire une réclamation dès réception de votre avis d’imposition pour obtenir un dégrèvement.
Cette année, l’administration pré-remplit également les revenus de capitaux mobiliers. Il reste malgré tout des informations non pré-imprimés : loyers, revenus non salariaux, plus-values, charges ouvrant droit à déduction… Après avoir calculé tous vos revenus et déductions, n’hésitez pas à vous rendre sur le site www.impots.gouv.fr afin de voir si vous pouvez bénéficier de la prime à l’emploi. Si tel est le cas, n’oubliez pas de cocher la case correspondante sur votre feuille d’imposition.

Les dates limites

Pour ceux qui choisissent le papier pour remplir leur déclaration de revenus, la date limite est fixée au vendredi 29 mai à minuit. Par Internet, c’est près d’un mois supplémentaire : dernier délai au jeudi 11 juin à minuit. Pour tous renseignements, un numéro est mis en place : 0 810 46 76 87 (coût d’un appel local), avec en semaine (de 8 h à 22 h) et le samedi (de 9 h à 19 h), un agent des impôts pour répondre à toutes les questions en direct.

Les nouveautés

Comme annoncé par Nicolas Sarkozy, à la faveur du plan de relance, les contribuables se situant dans la tranche d’imposition à 5,50 % (entre 5 852 et 11 673 euros de revenu imposable par part) verront leur impôt réduit des deux tiers. Les contribuables dont le revenu imposable par part est inférieur à 12 475 euros bénéficieront d’un crédit d’impôt dégressif. Autre priorité du gouvernement, la simplification des démarches. Bercy pousse le contribuable à utiliser le Web pour déclarer ses impôts. Une réduction de 20 euros est même accordée pour toute télédéclaration. Mais attention : Internet ne permet pas de modifier toutes les informations pré-remplies, les corrections et compléments ne pouvant être prises en compte. Idem pour la déclaration par téléphone (0811 701 702).

 

Calculez vos frais réels

Votre imprimé comprend une déduction des frais inhérents à la fonction ou à l’emploi occupé. Elle correspond à une ristourne forfaitaire de 10 % du revenu déclaré. Si vous estimez que cette déduction ne colle pas avec les frais engendrés par votre activité professionnelle, vous pouvez en rectifier le montant. Pour cela, il vous faudra calculer vos frais kilométriques, selon l’utilisation de votre véhicule dans votre profession et/ou la distance séparant le lieu de votre travail de votre domicile. Un barème de calcul est présent sur votre feuille d’impôt. Autre dépense rentrant en compte dans les frais réels : les repas. Si vous pouvez justifier que votre domicile est trop éloigné pour rentrer manger chez vous, que votre travail entraîne des contraintes de temps, et/ou que vous ne bénéficiez pas de cantine ou de tickets-restos, vous pouvez déduire 4,25 € par repas. Il vous faudra bien sûr fournir des justificatifs.

Bénévoles, à vos calculettes !

Quand on est bénévole, on pense que notre activité ne permet pas de bénéficier d’avantage financier. Or, cette activité souvent synonyme de générosité et de solidarité peut entraîner une déduction d’impôt sur le revenu. Il s’agit des frais engendrés par les déplacements liés à l’activité (un barème kilométrique est noté sur votre pré-imprimé). Il faudra remplir la case “œuvre ou organisme d’intérêt général” mais les frais devront être dûment justifiés (billets de train, factures, détail du nombre de kilomètres parcourus…). Pour bénéficier de la réduction d’impôt, le bénévole doit joindre à la déclaration des revenus un justificatif établi par l’association (Cerfa 11580*02) qui stipule que le déclarant renonce à toute rémunération ou dédommagement.
Ce genre de déduction est également valable pour les dons au profit des organismes d’utilité publique ou des organismes d’intérêt général ouvrant droit à une réduction d’impôt égale à 60 % des versements pris en compte dans la limite de 20 % du revenu imposable. Lorsque les dons dépassent cette limite, l’excédent est reporté successivement sur les cinq années suivantes.

Personnes à charge, moins de charges

La législation fiscale permet de déduire une somme maximale de 3 106 euros si vous accueillez une ou plusieurs personnes chez vous. Cette aide vise les personnes envers lesquelles aucune obligation alimentaire ne vous contraint, âgées de plus de 75 ans ou handicapées à 80 %. Pour cela, il faut que ces personnes soient sans ressources, ou ayant des revenus inférieurs à 7 367,91 euros par an. Si vous accueillez deux personnes, le plafond est de 12 905,40 euros. Les pensions alimentaires versées aux enfants majeurs sont déductibles dans la limite de 4 489 euros par an. Vous pouvez aussi faire jouer l’hébergement à domicile, et ainsi déduire sans justificatif, les 3 106 euros du forfait logement et nourriture, en plus des frais réels supplémentaires de scolarité, de santé… dans la limite du plafond de 4 489 euros.
Concernant la scolarité des enfants, qu’ils soient inscrits dans le public ou le privé, la réduction d’impôt est fixé à 61 euros pour un collégien, 153 euros pour un lycéen en enseignement général ou technique, et 183 euros pour un jeune en formation d’enseignement supérieur. La garde des enfants à l’extérieur, l’emploi d’une nounou ou d’une aide à domicile donnent également droit à un crédit d’impôt.

 

Des déficits qui rapportent

Les déficits générés par votre activité professionnelle sont totalement déductibles du revenu global pour l’année de leur réalisation. Pour ce qui est du déficit foncier, vous pouvez déduire la quote-part de vos déficits relatifs aux dépenses autres que les intérêts d’emprunts et charges liés à l’emprunt. Mais dans ce cas, la déduction maximale est de 10 700 euros. L’excédent de déduction peut néanmoins s’imputer sur les revenus fonciers des années suivantes. Il faut vous rapporter aux lignes FA et FL.

Economies d’énergie, économies d’impôt

Le code général des impôts dispose de crédits liés aux investissements en économie d’énergie ou en énergie renouvelable. Ils portent sur le prix des matériaux et non de la main d’œuvre. Sont pris en compte : les chaudières, matériaux d’isolation thermique et appareils de régulation de chauffage destinés aux logements achevés depuis plus de deux ans. Sont éligibles aux crédits d’impôt les équipements de production utilisant une énergie renouvelable ou une pompe à chaleur, payés entre le 1er janvier 2005 et le 31 décembre 2009 pour les travaux achevés, ou intégrés à un logement neuf ou un logement en l’état futur d’achèvement acquis dans ce même délai. Ligne WF : indiquez les dépenses d’équipements de la résidence principale utilisant une source d’énergie renouvelable. Ligne WG : notez les dépenses liées aux chaudières à condensation, les matériaux d’isolation thermique. Et ligne WJ : marquez les dépenses liées à une chaudière à basse température. Il faudra là encore fournir des justificatifs.

Sophie Orus


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