Immobilier ; Les difficultés des jeunes ménages

L’ObserveR de l’immobilier toulousain a livré les grandes tendances du marché dans l’aire urbaine de Toulouse. Si celui-ci tend à s’assagir, les jeunes actifs ont du mal à devenir propriétaires, même si les aides à la primo-accession se multiplient.
Devenir propriétaire, investir dans un bien à long terme et en finir avec les contraintes de la location ? C’est le rêve de tout jeune ménage aujourd’hui. Mais avec un marché immobilier en constante progression et des taux d’emprunts toujours à la hausse, l’achat d’une maison ou d’un appartement est devenu un véritable challenge. Selon l’ObserveR, institut fondé en 2002 par les acteurs du marché immobilier, «les ventes se stabiliseraient» dans l’aire et le pôle urbains de Toulouse, soit 414 communes, avec «une croissance des prix ralentis». Or, on constate tout de même que le prix moyen d’un terrain sur un secteur couvrant de la Ville rose à la 4ème couronne est passé de 65 200 € en 2002 à 118 800 € en 2007. Parallèlement, l’offre de logements à moins de 180 000 € tend à disparaître à Toulouse (seulement 12 % des propositions contre 55 % dans le pôle urbain).
Les logements abordables sont désormais en périphérie mais encore faut-il pouvoir s’éloigner de son lieu de travail. L’ObserveR note cependant que «la production du lot aménagé» se fait aujourd’hui «en cohérence avec les axes de transport». Si les 1ère et 2ème couronnes, de 10 à 15 kilomètres de Toulouse, retrouvent leur attrait, on observe un bond des prix de 9,2 % contre 4,3 dans les zones plus éloignées.

Un manque de logements sociaux

Pour palier à cette hausse des prestations, 2007 marque l’émergence des habitations neuves disposant d’une aide à l’accession et la contribution croissante des opérateurs privés dans la production de logements sociaux. D’autre part, les jeunes ménages ont de plus en plus recours au Pass Foncier ; système d’emprunt qui donne la possibilité aux familles ayant des revenus modestes de devenir propriétaires grâce à un achat en deux temps, sur le foncier puis sur le bâti. Par exemple, un ménage avec deux enfants, dont les revenus mensuels sont de 2 600 €, pourraient acquérir un terrain et une maison pour un coût total de 225 000 €. En effet, sans le Pass Foncier, il devrait verser 1 200 € par mois pour rembourser les divers prêts, portant leur taux d’endettement à 45 % ; chiffre rédhibitoire pour les banques. Avec ce nouveau système d’aide à un taux préférentiel, les mensualités ne s’élèvent plus qu’à 810 € (taux d’endettement à 31 %), voire 700 € en cas d’APL.
Dans le même temps, les logements sociaux se développent dans l’aire urbaine de Toulouse. Les objectifs de construction 2006/2009 sont de 3 580 auxquels il faut ajouter 2 700 HLM pour le département de la Haute-Garonne. Cette production se développe progressivement en périphérie mais l’ObserveR note qu’elle est «encore loin de répondre à toutes les demandes». En effet, les logements sociaux livrés en 2007 ne répondent pas tous aux attentes des communes : c’est notamment le cas pour Blagnac, Colomiers, Tournefeuille, Grenade ou Muret. Pour les villes des 3ème et 4ème couronnes, le bilan est encore plus alarmant : aucun logement social construit en un an sur des secteurs qui en demandent entre 100 et 1 000 ! Alors que l’Etat tente d’inciter les ménages à devenir propriétaires avec notamment des aides comme le prêt à taux zéro ou le PLSA, l’ObserveR note qu’un recentrage du marché et un effort des professionnels est nécessaire pour donner un coup de pouce aux jeunes actifs. A quand les Assises du Logement à Toulouse ?

Sophie Orus


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.