Immobilier; Le marché du logement en question

Une vaste étude menée par l’Insee et divers partenaires pointe du doigt les carences en termes d’offre et de qualité du logement dans le pôle urbain de Toulouse pour les nouveaux arrivants. Les politiques ont encore des projets à bâtir.
«Entre 2002 et 2006, 100 000 ménages se sont installés en Midi-Pyrénées dont la moitié dans le pôle urbain de Toulouse (la Ville rose plus les 1ère et 2ème couronnes, ndlr). Ce qui entraîne une pression sur le logement car ce pôle urbain englobe à lui seul un tiers de la population de la région.» Ce constat exposé par Renan Duthion, directeur régional adjoint de l’Insee, émane directement d’une étude menée sur l’influence de l’attractivité toulousaine sur le marché du logement. Les résultats interviennent dans un climat de crise financière et immobilière grave et contribuent donc à alimenter le débat sur l’habitat. «Si la majorité des nouveaux arrivants est jeune, le plus souvent qualifiée et en emploi, il existe des zones d’ombre et des gens laissés sur le bord de la route», constate Lucile Laurin, membre de l’AUAT (Agence d’urbanisme de l’agglomération toulousaine). «Une personne sur dix déclare avoir recours à l’hébergement et on observe une pression sur les logements HLM. La moitié des nouveaux arrivants souhaite changer de domicile pour plus d’espace et on se rend compte que le pôle urbain de Toulouse est habité par des gens qui le peuvent et non plus qui le veulent.»

 


Construire pour habiter et plus pour investir

L’ensemble de l’étude soulève nombre d’interrogations : comment produire du logement de qualité à une accession abordable ? ou comment adapter l’offre à la demande ? «En termes de choix politiques, ce qui va déterminer notre travail, est la réflexion sur la réponse à la demande dans l’agglomération», explique Stéphane Carassou, président de la Commission Habitat du Grand Toulouse. «Il faut apporter une réponse qui entre dans un développement durable et solidaire. Nous attendons le nouveau Plan Local d’Urbanisme et le Projet d’Aménagement et de Développement Durable en 2009. Nous devons également agir de façon volontariste dans le logement social car le retard est énorme. Il faut rechercher une mixité sociale et fonctionnelle.» Pour Christian Raynal, président de l’AUAT et directeur du SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale), de nouveaux paramètres sont à prendre en compte : «La crise énergétique va modifier la donne avec un retour vers le logement collectif et le centre-ville de Toulouse. D’autre part, il faut prendre conscience que le parc d’investisseurs privés est beaucoup trop important dans l’agglomération. Il faut construire pour habiter avant de construire pour investir. Le parc social doit prendre le relai du parc privé.» Le SCOT détient peut-être certaines clés du problème de l’habitat dans le pôle urbain de Toulouse mais Christian Raynal prévient : «Il faut aller vite et démarrer les projets dès maintenant. Le SCOT Toulouse et 116 autres communes et les collectivités doivent se positionner dès maintenant en intégrant les plans, avant que le SCOT ne soit voté.»

Sophie Orus


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.