Immobilier ancien; La pierre s’effondre

Le marché de l’ancien est en nette évolution à Toulouse et dans son agglomération. Les notaires du département font le point…

 
«L’immobilier se nourrit de crédits et de confiance», constate Maître Fargues. Or, en ces temps de crise, les banques ne prêtent plus et les ménages subissent de plein fouet la récession. Un contexte qui ne favorise pas les échanges, en baisse de 25 % sur Toulouse. Les notaires de Haute-Garonne ont fait le bilan du dernier semestre 2008 et des premiers mois de l’année en cours, et le constat n’est pas très rose pour Toulouse : au palmarès des villes les plus chères, elle rétrograde de la 4ème à la 10ème place. Côté appartements, les prix ont baissé de 2 % en un an et la chute est beaucoup plus significative dans les quartiers les moins chers comme le Mirail (-8 %). Cependant, l’hyper-centre continue à grimper, et le quartier Salade-Ponsans fait son entrée dans le classement des zones inabordables pour les ménages moyens.
Concernant les maisons, Maître Vienne explique que «les prix sont disparates et concentriques», de même pour les terrains. En clair, plus on se rapproche de Toulouse ou des axes stratégiques comme Airbus, plus les biens sont chers, atteignant en moyenne les 370 000 euros dans le quartier Côte Pavée.

 

Dynamisme des jeunes et retour du viager
 
Une constante positive satisfait cependant les notaires : le dynamisme des jeunes. «Les 15/29 ans représentent 27 % des acquéreurs et les 30/44 ans, 40 %. Les jeunes se sont organisés autour de la co-acquisition, sans être mariés ou pacsés. Ils sont aussi plus aidés par les parents qui bénéficient de mesures fiscales, et par le prêt à taux zéro», explique Maître Pailhès. Conséquence de cette présence des jeunes ménages sur le marché : des difficultés à écouler les villas et une ruée sur les petits appartements qui ne restent pas plus de 15 jours à la vente à Toulouse. Autre évolution dans l’immobilier, le retour du viager : «C’est un moyen d’augmenter ses ressources pour une fin de vie plus décente. Les évolutions bancaires permettent également aux gens d’acquérir plus facilement un viager. Avant, celui-ci était mal vu, aujourd’hui il revient en force», selon les notaires.
Alors que nous réserve 2009 ? «Nous avons des raisons d’espérer», soutiennent les professionnels. «On constate déjà une reprise des échanges, sans une reprise des prix, et la baisse des taux d’intérêts associées aux mesures gouvernementales créent des opportunités.» Lors de la crise de 1929, les ménages avaient opté pour la pierre comme valeur refuge. 80 ans plus tard, il en sera sûrement de même selon les notaires toulousains.

Sophie Orus


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