Ils s’appelaient Jonathan, Aryeh, Gabriel et Myriam. Ils sont morts parce qu’ils étaient Juifs. L’ambassadeur d’Israël en France, Yossi Gal, témoigne.

C’était le 19 mars 2012. C’était hier. Cette nuit. Jamais je ne pourrai oublier.

Quelques heures après l’annonce de cette terrible tragédie, je me suis rendu à Toulouse auprès des familles, des proches, de la communauté juive, des Français bouleversés, comme moi, par l’horreur de la mort d’innocents, d’enfants massacrés à bout portant.

La France s’est tenue aussitôt aux côtés des familles, par la voix forte, la présence immédiate du président Sarkozy et du candidat-président Hollande. La France s’est tenue aussitôt aux côtés d’Israël. J’ai accompagné en Israël le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé lorsqu’il m’a fait part de son souhait d’assister aux funérailles des jeunes victimes à Jérusalem. J’ai vu sa peine et à travers lui, j’ai ressenti comme tous les Israéliens, l’hommage et le soutien de toute la France.

Le 19 mars 2012, j’ai vu aussi le désarroi de la France face à cette haine prête à tous les déchainements. Des enfants, un homme de bien, un professeur étaient massacrés pour le seul fait d’être Juif. En France. En tant que représentant de l’Etat d’Israël, du peuple juif, le 19 mars 2013 fut bien plus qu’un jour de deuil.

Quelques jours auparavant, d’autres symboles de la France, des soldats, mourraient de la même main, de la même haine. En Israël, nous savons tout ce que nous devons à nos soldats, qui comme les soldats français, protègent nos vies au péril de la leur.

Ces morts, cette tragédie que nous commémorons aujourd’hui, nous montrent avec force le visage du véritable ennemi de notre mode de vie, de nos libertés, de notre démocratie. C’est une idéologie violente, radicale, extrémiste, animée d’une volonté de détruire, de tuer, de terroriser notre vie quotidienne.

Mohamed Merah n’est pas différent d’un membre d’Al Qaida, du Hamas ou du Djihad islamique. Ce sont tous des terroristes animés des mêmes sentiments hostiles. Des terroristes qui attaquent aussi leurs coreligionnaires qui tentent d’avoir un dialogue ouvert avec les fidèles des autres religions.  C’est pourquoi en Irak, en Afghanistan mais aussi au Mali, cet ennemi frappe nos valeurs, en prenant ce que nous avons de plus cher, nous, sociétés modernes, qui plaçons la défense de la vie et des libertés au-dessus de tout.

Face à cette menace commune, nous devons, ensemble, faire un front commun. Unis contre le terrorisme. Unis contre l’extrémisme.  Unis contre les prêches de haine. Mais aussi unis contre le racisme et l’antisémitisme qui sont les tentacules de cette idéologie qui mènent au sang.
La visite du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, le 1er novembre à Toulouse,  main dans la main avec le président français François Hollande, pour honorer les victimes juives de l’Ecole Ozar Hatorah et celles des soldats français, fut, je peux en témoigner, un moment d’intense émotion. Ce fut le symbole déterminé d’un combat commun, d’un engagement commun de la France et d’Israël, de tout faire pour protéger nos citoyens, notre mode de vie et l’avenir de nos enfants.

 

Propos recueillis par André Gallego



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