Hôpitaux/cliniques, le podium de l’agglo

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 Chaque année, les grands magazines nationaux fleurissent de classements des hôpitaux et cliniques les plus sûrs. Le CHU toulousain figure toujours en tête, doublant la majorité des cliniques de la ville rose. Mais que valent vraiment ces palmarès ? Le Journal Toulousain présente son propre hit-parade à travers différents podiums selon les spécialités des établissements de soins toulousains, leurs atouts et leurs faiblesses. Dossier par Marie-Agnès Espa et Aurélie Renne.

  Ils font la course en tête depuis des années, les CHU de Lille, Bordeaux et Toulouse caracolent en tête des classements nationaux. Pourtant si les méthodologies utilisées se ressemblent pour la plupart et se basent sur des critères identiques, quelques dysfonctionnements apparaissent dans le classement final. Le Journal Toulousain a rencontré un statisticien médical, créateur de Sevlos, premier système d’analyse des données médicales françaises. Il participe notamment aux classements de plusieurs périodiques nationaux, mais souhaite garder l’anonymat.

Les lecteurs connaissent certainement vos travaux au travers de nombreux magazines. Qui êtes-vous ?

Ancien responsable des systèmes d’information à l’ARS (Agence Régionale de Santé) Nord Pas-de-Calais depuis sa création jusqu’en 1999, j’ai alors quitté la fonction publique hospitalière pour créer ma propre entreprise en m’attelant à un chantier de romain : créer le premier système d’analyse de toutes les données médicales françaises. Sevlos a vu le jour en 2003 et je l’actualise chaque année depuis. A ma connaissance, il n’a toujours pas d’égal en France. En sus, j’ai un partenariat avec quelques magazines : je leur fournis une étude qui est la base de leur classement annuel.

Le CHU de Toulouse est généralement sur le podium des meilleurs établissements français. Que faut-il en penser ?

Attention aux CHU qui caracolent toujours en tête… Bordeaux, Toulouse et Montpellier sont en général bien placés mais ils truandent un peu car ce sont des établissements multi-centres : c’est-à-dire que les établissements sont disséminés dans la ville et on n’a pas la possibilité d’accéder aux données par établissement. On ne sait pas qui fait quoi, contrairement aux autres villes. Or « l’effet taille » les avantage indéniablement dans les classements. Récemment une modification dans le format de recueil des données médicales impose de préciser les transferts de patients entre unités médicales ou entre établissements. Figurez-vous qu’à quelques exceptions près -comme le CHU de Nice- tous les plus gros, le CHU de Toulouse en tête, n’ont pas respecté cette circulaire. Ils jouent à fond l’opacité pour paraître toujours gros. Ce qui les avantage forcément car cela leur donne un poids important : on considère que plus un établissement traite de malades dans une spécialité donnée, plus son équipe est rodée, elle devient experte. L’effet volume influe donc sur le critère de qualité et la note finale. C’est comme si on publiait des données relatives à l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris -qui inclut près de 40 établissements-. D’ailleurs comme Bordeaux et Toulouse glanaient toujours les premières places, ces derniers ont décidé de censurer l’information par établissement…

Comment établir un classement optimal ?

Cette information ne ressort jamais dans les classements, pourtant il est complètement biaisé d’opposer le CHU de Toulouse aux cliniques. Pour analyser son activité et sa performance, il faudrait comparer chaque établissement appartenant au CHU individuellement (et non pas l’ensemble du CHU) face aux cliniques. A conditions d’obtenir les chiffres établissement par établissement, bien sûr. J’ai d’ailleurs fait l’étude du prochain classement des hôpitaux que s’apprête à sortir un grand magazine national et je peux dire que Toulouse décroche la troisième place des établissements français de soin. J’aurais été partisan de lui donner un malus,  mais tout le monde doit s’entendre à apposer ce «malus pour non transparence » sinon cela n’a pas de sens.

 « Les CHU jouent à fond l’opacité pour paraître toujours gros »

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Le Centre Hospitalier Universitaire de Toulouse, caracole depuis quelques années sur les podiums des classements des hôpitaux et cliniques de France. Il apparaît en seconde place du tableau d’honneur du magazine Le Point, se classant parmi les meilleurs sur 58 pathologies sur les 63 spécialités retenues par le magazine. Cinq hôpitaux composent cet établissement (qui dispose également de plusieurs autres lieux dans la ville de Toulouse), l’hôpital Larrey, l’hôpital Purpan, l’hôpital Rangueil, l’hôpital des enfants et l’hôpital Paule de viguier. Dans ce classement, le CHU de Toulouse se classe premier en cardiologie sur l’infarctus du myocarde, en neurologie/neurochirurgie sur l’épilepsie, et en urgences traumatiques. Il se positionne également sur les trois premières places dans les domaines suivants : diabète, endocrinologie, cancer de la prostate, chirurgie des tumeurs osseuses, simulateurs cardiaques, chirurgie de l’estomac et de l’œsophage, AVC, glandes salivaires, thyroïde et chirurgie des testicules. Fin 2013, le CHU poursuit son expansion avec l’ouverture de l’hôpital Pierre-Paul Riquet, 600 lits. En 2014, deux ouvertures sont au programme : le bâtiment urgences et réanimation (entre 104 et 136 lits) et l’Oncopole (312 lits et places).

Le CHU en chiffres

2860 lits et places (956 à Purpan, 916 à Rangueil, 299 à l’hôpital des enfants, 224 à Larrey, 180 à l’hôpital Garonne et 157 à Paule de Viguier, 50 à la Grave et 76 à Salies-du-Salat)

215 000 hospitalisations/an

640 000 patients en consultations

5.55 jours en moyenne séjour

Score agrégé (représente l’engagement des établissements dans la lutte contre les infections nosocomiales) : 88/100 (donnée 2011).

 

 

 



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