hopital de toulouse; Montée de fièvre aux vœux du CHU

Pierre Cohen, maire de Toulouse, et Jean-Jacques Romatet, directeur général du CHU, ont été contraints d’annuler la traditionnelle cérémonie des vœux de début d’année. En cause : l’intrusion d’une délégation du personnel, inquiets de la fermeture des soins externes de kinésithérapie à Purpan.

 
Ils étaient une vingtaine, professionnels et patients à s’être invités à la cérémonie des vœux du CHU mercredi dernier. Affublé de blouses blanches, les kinésithérapeutes du plateau technique de rééducation de Purpan ont tenté en vain de prendre la parole afin d’émettre leurs revendications concernant la fermeture de leur service. «Nous disposons d’une offre de soins unique et d’une qualité reconnue par les patients», explique Alain Motes, secrétaire syndical SUD Santé. La suppression de ce plateau technique intervient dans un large projet de réorganisation et les patients concernés seront pris en charge dans d’autres structures jusqu’en septembre et l’ouverture d’un hôpital de jour. Pour les kinésithérapeutes, cette décision de transfert s’apparente à la création d’un «centre de rééducation à but lucratif qui n’ouvrira pas ses portes avant deux ans.»
De leur côté, Pierre Cohen et Jean-Jacques Romatet ont fait savoir que ce projet de transformation en hôpital de jour est «le résultat d’une réflexion et d’un constat partagés avec les professionnels de ce service depuis plusieurs années.» D’autre part, il «s’inscrit dans un projet plus vaste de regroupement de l’activité de rhumatologie sur le site de Purpan.» Les deux représentants du Conseil d’Administration ont tenu à préciser que «le CHU s’engage à régler la situation de tout patient en difficulté» durant la période de transition et que cette évolution est «synonyme d’amélioration de la qualité des soins et ne se traduit par aucune perte de poste du côté des soignants.» Après un échange agité entre les kinés et le maire de Toulouse, ce dernier a déploré la méthode choisie : «On n’interrompt pas une cérémonie de cette façon car c’est un manque de respect. Nous avons déjà discuté avec le personnel et le projet d’hôpital de jour n’a même pas encore été validé en conseil d’administration. Je suis tout à fait ouvert au dialogue et s’ils m’avaient sollicité en amont, je n’aurais pas hésité à glisser un mot sur leurs inquiétudes lors de mon discours.» C’est désormais trop tard car de discours il n’y eut pas, au grand dam de Jean-Jacques Romatet qui aurait voulu évoquer «les difficultés que rencontre l’hôpital aujourd’hui et les enjeux à venir.»

Sophie Orus


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