Hollande confirme l’arrivée de la LGV

Le 10 janvier dernier, alors qu’il était en déplacement en Gironde dans le cadre des investissements d’avenir, François Hollande a confirmé la réalisation de la LGV entre Bordeaux et Toulouse. Dans la région, la grande majorité des élus se réjouit de cette déclaration à l’exception des Verts qui campent sur leur position.

 

« Je sais qu’il y a quelques endroits où c’est toujours difficile mais ça passera parce que ça doit passer, parce que c’est l’avenir » a affirmé le chef de l’Etat. Pour le président de la région, Martin Malvy, l’itinéraire Paris-Bordeaux-Toulouse permettra « le désenclavement du grand Sud-Ouest que nous défendons depuis maintenant dix ans. C’est aussi la raison pour laquelle nous cofinançons les travaux entre Tours et Bordeaux ». La ligne relierait Paris à Toulouse en 3h, contre 5h20 aujourd’hui, et devrait voir le jour d’ici 2020.

Ceci étant dit, la commission parlementaire chargée de faire le « tri » parmi les grands projets de liaisons ferroviaires routières et fluviales issus du Grenelle de l’environnement sous la présidence Sarkozy, doit rendre ses recommandations au printemps. « J’attends à présent avec confiance et sérénité que la commission (…), confirme la réalisation de la LGV Tours-Bordeaux-Toulouse et son calendrier » a réagi le maire de Toulouse, Pierre Cohen, en précisant que cette ligne à grande vitesse était « l’un des projets ferroviaires les plus rentables au plan économique. »

Réaction plus contrastée de la part du président de l’UMP 31, Jean-Luc Moudenc, qui estime « cette nouvelle rassurante » bien que ce ne soit qu’une « simple déclaration d’intention ». En outre il soulève que « rien n’a été confirmé concernant la suite du trajet vers Narbonne, le Golfe du Lion et l’Espagne. C’est inquiétant et cela laisse présager l’abandon de ce tronçon ».

Les Verts restent à contre-courant

« Quand j’ai entendu la déclaration de François Hollande, j’ai été très dubitatif  » déclare François Simon, vice-président de la région (Europe Ecologie – Les Verts). Sceptiques depuis le début sur le projet, les Verts continuent à défendre leur proposition, à savoir la rénovation du réseau ferroviaire existant. « Cela coûterait deux milliards d’euros au lieu de huit milliards pour le tronçon Bordeaux Toulouse et les travaux seraient terminés d’ici 2016 ou 2017, donc plus rapidement que le projet LGV dont on n’arrête pas de reculer la date » précise François Simon. En adoptant cette solution, la distance Toulouse/Paris serait effectuée en 4h15, contre les 3h annoncée pour la LGV. « Mais c’est 3h si le train ne s’arrête pas, je ne vois pas comment on peut rentabiliser la ligne s’il n’y a pas d’arrêts » remarque l’écologiste. Au final, il n’y aurait que « quelques minutes de différence » entre les deux projets, pour « six milliards d’économie qui pourraient être employés aux tronçons vers Narbonne et vers l’Espagne » poursuit-il. Sur la forme, le vice-président ne cache pas non plus ses réticences : « La déclaration du Président est pour le moins floue, et surtout opportune à Bordeaux. Et puis pourquoi annoncer ça, alors que la commission n’a pas rendu ses conclusions ? En démocratie, quand on met en place une commission, on attend ses recommandations ». Voilà qui et dit. Il est vrai qu’il est difficile de savoir quelle valeur accorder à la déclaration présidentielle. « Ca doit passer parce que c’est l’avenir »… Un avenir encore incertain pour la LGV.

 

Coralie Bombail

 



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