Hollande, Cohen et 1500 Toulousains rendent hommage

Dimanche dernier, une marche blanche était organisée pour commémorer la mémoire des sept victimes froidement assassinées par le tueur au scooter. Un an après le drame, les élus de la région, les Toulousains, les représentants des communautés religieuses et le Président de la République se sont rassemblés, pour un hommage émouvant.

 

Imad Ibn Ziaten, Abel Chennouf, Mohamed Legouad, Myriam Monsonego, Jonathan, Gabriel et Aryeh Sandler. C’est pour eux, que près de 1500 personnes se sont réunis dimanche matin. De la place Saint-Etienne au Capitole, le cortège a avancé lentement, presque solennellement. En tête, Latifa Ibn Ziaten, mère du militaire toulousain, première victime de Mohamed Merah. A ses côtés, marchaient le maire de Toulouse, Pierre Cohen, le président de région, Martin Malvy et le président du Conseil général, Pierre Izard. A noter également la présence de l’ancien maire de la ville, aujourd’hui défenseur des droits, Dominique Baudis. Silencieux, visages graves, ils se sont acheminés vers le square Charles de Gaulle, où les discours du maire et de François Hollande étaient attendus.

 

 « La France est debout »

« Les victimes des 11, 15 et 19 mars n’étaient pas seulement des enfants ou des adultes juifs, catholiques ou musulmans. Ils étaient nos enfants. Ils étaient tous les enfants de la République » a déclaré le maire. La République, voilà le thème rassembleur incontournable en ces circonstances. Malgré les tueries de Toulouse et Montauban, « elle a tenu bon. Car la démocratie est toujours plus forte que le fanatisme. Nos valeurs ne plient pas devant le malheur. La France est toujours debout et a surmonté l’épreuve » a affirmé le président. La phrase fait écho avec les mots prononcés un an plus tôt par le tueur qui disait vouloir « mettre la France à genoux ».

Les trois soldats, assassinés pour avoir représenté la République, ont été décorés à titre posthume de la Légion d’honneur et seront prochainement reconnus comme « Mort au service de la Nation », grâce à une loi votée en décembre dernier.

 

 

L’antisémitisme, un combat de tous les instants

 

« Oui, les enfants de Toulouse sont morts pour la même raison que ceux du Vel d’Hiv » a clamé le chef de l’Etat. « Parce qu’ils étaient juifs. » Ce « fléau », qu’est l’antisémitisme, doit être combattu jusque sur les réseaux sociaux. Le hashtag « Unbonjuif » avait suscité une vive polémique il y a quelques mois, et Twitter a d’ailleurs été condamné à transmettre les données permettant l’identification des auteurs. « L’entreprise ne l’a pas toujours fait. Nous devons pouvoir l’y contraindre » a assuré François Hollande. Il a également rappelé que le comité interministériel chargé de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme s’est réuni le mois dernier, et que des propositions concrètes seraient faites « rapidement ».

 

 

Hollande promet des réponses et des solutions

« Cette tragédie aurait-elle pu être évitée ? Merah a-t-il agi seul ? Ces questions continuent d’être posées. La réponse est due aux familles et à la France toute entière. Elle leur sera donnée. Je m’en porte garant. » Une promesse prononcée, non loin des oreilles attentives de Manuel Valls, qui se tenait en bas de l’estrade… Le ministre de l’Intérieur a, depuis son entrée en fonction, lancé une enquête chargée d’éclaircir les zones d’ombres de l’affaire, notamment sur les éventuelles complicités du tueur et sur les failles du système de renseignement. Ces dernières ont déjà été reconnues par le ministre et à ce propos une « réorganisation interne » des services a été annoncée par le président. La recherche de complices s’avère plus compliquée. En un an, cinq personnes ont été interpellées pour complicité, mais ont toutes été relâchées. Le frère du tueur, Abdelkader Merah est le seul mis en examen, pour l’instant, dans cette affaire. Mais la Vérité sur le parcours du terroriste (« Comment a-t-il financé ses voyages au Moyen-Orient ? (…) Comment un Français, né ici, qui a grandi ici peut-il devenir un terroriste ? » se demande le président) sur sa radicalisation ne sera peut-être jamais mise à jour. En tous les cas, lutter contre cela passera par « l’éducation des jeunes, la transmission de l’histoire des civilisations et des religions, dès l’école »  a préconisé François Hollande.

Coralie Bombail

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